Vendredi 4 avril 2025, Alexandre Rossi, ex-Procureur de la République de Cahors, dans le Lot, aujourd’hui substitut du Procureur général à la cour d’appel d’Aix-en-Provence, était appelé à comparaître devant le tribunal correctionnel de Montauban. Accusé de violences conjugales dans un premier temps et intrafamiliales dans un second temps, par sa compagne Caroline Legrand, début avril 2024, au moment de leur séparation, Alexandre Rossi, se retrouve poursuivi devant le tribunal correctionnel de Montauban.
Un procès sous tension, entre reports et controverses
La première audience le 18 juin 2024, n’a pu se tenir, Alexandre Rossi ayant fait valoir un empêchement pour raison de santé et son avocat Me Marc Geiger étant retenu devant une autre juridiction. Reportée au 22 novembre 2024, l’audience cette fois-ci s’est déroulée en présence de M. Rossi et de sa compagne elle-même accusée de violences par M. Rossi, n’a pu être menée à son terme, suite aux causes de nullité dans les actes de procédure, soulevées par Me Geiger, notamment à ses yeux, une certaine mise en cause de l’impartialité des enquêteurs, voire peut-être même d’un magistrat… Appelée à trancher, la Cour d’appel de Toulouse n’ayant pas été saisie dans les délais, la poursuite des débats devait reprendre devant le tribunal correctionnel de Montauban. D’où cette nouvelle audience ce 4 avril 2025.
Rappel : Le 1er novembre 2024, Alexandre Rossi, présumé innocent, a été nommé substitut du Procureur général de la cour d’appel d’Aix-en-Provence.
C’est dans ce contexte que survient l’audience de ce 4 avril 2025.
14h 05, en la salle d’audience Olympe de Gouges du palais judiciaire de Montauban, le président Alain Fouquet, président du tribunal, appelle M. Rossi, lui demandant de faire valoir sa demande de report d’audience. M. Rossi explique que son conseil Me Marc Geiger, n’a pu se rendre disponible. Le président fait état pour sa part de plusieurs dates auxquelles il ne pouvait répondre, pris pour d’autres affaires. M. Fouquet suggère la date du vendredi 13 juin « espérant pour sa part, ne pas être contraint par d’autres affaires d’ici là »…
M. Rossi ajoutait une demande de nomination d’un administrateur ad hoc, qui le temps de la procédure veillerait à protéger les intérêts des enfants, au regard du conflit d’intérêt entre les époux en instance de divorce.
Me Julie-Emilia Rodriguez, avocate de Caroline Legrand s’oppose fermement à cette demande, arguant du fait que cela retarderait encore un peu plus l’audience correctionnelle. Elle fait valoir que les enfants sont « impactés par cette affaire » entre leurs parents et qu’il n’y a pas lieu d’en rajouter en passant par un tiers, jouant les intermédiaires. M. Rossi, rétorque qu’il s’agit « justement comme le prévoit la loi, de recourir à un administrateur ad hoc, pour protéger les enfants. »
Me Rodriguez renchérit en évoquant le fait que M. Rossi aurait décliné d’exercer son droit de visite une fois tous les 15 jours le week-end. M. Rossi, reprend alors l’avocate de Mme Legrand pour lui rappeler le sens de cette demande. « Simplement, affirme-t-il, j’ai demandé qu’en raison de mon éloignement à plus de 500 km de Cahors, il serait préférable que je puisse retrouver les trois enfants un week-end tous les mois et durant toute la durée des vacances scolaires ». Ce qui a d’ailleurs été accepté par les deux parties.
Le Parquet faisait savoir de son côté qu’il n’était pas favorable à la nomination d’un administrateur ad hoc.
Après en avoir délibéré, le tribunal n’a pas estimé, lui non plus qu’il y avait lieu de procéder à la désignation d’un administrateur ad hoc, considérant que les deux parents exercent pleinement leurs responsabilités parentales. La prochaine audience est fixée au 13 juin 2025 ; un vendredi ! ?
Un magistrat « engagé » dans ses fonctions à Cahors
Alexandre Rossi a été installé Procureur de la République du Lot, en janvier 2022. 27 mois plus tard, à la mi-avril 2024, il se retrouvait sous le coup d’une garde à vue suite à la plainte de sa compagne dénonçant dans un premier temps des » violences conjugales « , puis dans un second temps ajoutant des « violences intrafamiliales », en l’occurrence, exercées sur l’un de leurs trois fils. Cette communication dans les médias faisait l’effet d’une bombe, bien au-delà du milieu judiciaire Lotois, tant dans le cadre de ses fonctions, le magistrat faisait montre d’exemplarité lors de l’exercice de ses fonctions dans le Lot. Alexandre Rossi était monté au créneau à plusieurs reprises, notamment en matière de violences faites aux élus, de violences conjugales, dans le domaine de la lutte contre le harcèlement en milieu scolaire. Il était intervenu également dans cadre des séances de la » Nuit du droit » organisées concomitamment avec la présidente du tribunal, dans un souci de rapprochement de la justice auprès des citoyens. Enfin, Alexandre Rossi s’est illustré avec la publication de son livre : » 50 idées reçues sur la justice « , lui ouvrant les portes de la Foire du livre de Brive.
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