La cour d’assises de la Loire-Atlantique a infligé ce jeudi 27 septembre 2025 vingt-cinq ans de réclusion criminelle à l’encontre du jeune Brésilien accusé d’avoir tué un sexagénaire qui l’avait surpris en train de cambrioler la maison de son voisin à Pornic (Loire-Atlantique), le 11 septembre 2022, relate Presspepper.
Les jurés ont assorti leur décision d’une peine de sûreté de la moitié, soit douze ans et demi ; Pedro aura aussi interdiction de détenir une arme pendant quinze ans et sera inéligible pendant dix ans.
Il a été reconnu coupable du meurtre de Christian Guittonneau mais aussi des « menaces » proférées à son épouse Ghislaine et du vol du Dacia Sandero qui l’avait conduit de Nantes à Pornic avec son complice.
Pour rappel, Christian Guittonneau et son épouse rentraient ce jour-là d’une « promenade » en voiture quand ils avaient trouvé « étrange » de voir un Dacia Sandero garé « dans l’allée centrale » de la résidence secondaire de leurs voisins, au lieu-dit « Le Tabier » : ces derniers venaient en effet tout juste de repartir en région parisienne.
Ils s’étaient donc garés derrière la voiture des visiteurs et l’homme de 66 ans avait commencé à prendre des photos « du véhicule et de ses occupants » cagoulés et portant des « vêtements sombres ». C’est alors que Pedro, 20 ans, lui avait porté plusieurs coups de couteau, dont le dernier fatal à la tête…
Trente ans de prison requis
Lui et son passager avaient même « tenté sans succès » de s’emparer du Volkswagen Tiguan de leurs victimes, poussant à l’occasion l’épouse de Christian Guittonneau « dans le fossé adjacent ». Mais ils n’étaient pas parvenus à le démarrer et étaient repartis avec leur Dacia Sandero volé, qu’ils avaient ensuite brûlé à Nantes (Loire-Atlantique).
La victime était finalement décédée des suites de ses blessures le 22 septembre 2022 après « onze jours d’agonie » à l’hôpital, selon le parquet.
Ce jeudi 27 mars 2025, plus tôt dans la journée, l’avocate générale avait requis trente ans de réclusion criminelle à l’égard de Pedro, un accusé « indifférent à tout sauf à lui-même » et qui est resté dans une posture de « victimisation » par rapport à son absence de papiers.
« Il est incapable de conceptualiser qu’il est le seul à l’origine de sa situation, avait martelé la représentante du ministère public. Ses papiers n’auraient pas été jetés en Loire par des comparses vindicatifs s’il n’avait pas été mêlé au trafic de stupéfiants. »
Il avait tenté de s’évader durant sa garde à vue
Le jeune homme est aussi « indifférent à la Justice et à la Loi » puisqu’il avait tenté de s’évader de garde-à-vue avant d’être rattrapé au bout de 300 mètres et que son incarcération a été émaillée de « manquements aux règles de la vie en détention ».
« Il avait aussi racheté un couteau quelques jours après qu’on lui ait confisqué le sien », avait-elle souligné.
L’avocate générale a enfin rappelé que son complice – qui a été condamné de son côté par le tribunal pour enfants et qui est actuellement incarcéré – avait démenti sa version des faits : le jeune Brésilien, qui a avoué à l’audience être « fasciné » par les couteaux et en avoir fait « la collection », a bien « sorti son couteau » de sa poche le jour du crime et a « déplié la lame » à la vue du sexagénaire pour lui voler son Tiguan. Il n’a pas été « agrippé » au préalable par sa victime ni « frappé à de multiples reprises », comme il l’avait pourtant dit lors de l’enquête.
Un « crime abominable » d’une « cruauté sans nom »
Ce « crime abominable » d’une « cruauté sans nom » et « totalement gratuit » devait donc être sanctionné de trente ans de réclusion criminelle assortis d’une peine de sûreté des deux tiers, soit vingt ans de prison incompressibles, selon l’avocate générale : le jeune Brésilien venait de commettre « dix-neuf infractions en neuf mois », son positionnement était « détestable » et ses « perspectives d’évolution très limitées ».
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