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Villeneuve-d’Ascq. Six fauves découverts sur le parking d’un supermarché : le propriétaire s’explique

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Au tribunal de Lille, un homme de 56 ans a été jugé ce jeudi 13 mars 2025 pour trois infractions : exploitation irrégulière d’un établissement détenant des animaux non domestiques, mauvais traitement envers un animal placé sous sa garde par l’exploitant et installation en réunion sur le terrain d’autrui sans autorisation en vue d’y habiter. Propriétaire d’un cirque, il a laissé vivre, du 19 au 30 août 2024, trois lions et trois tigres dans un camion-remorque stationné sur le parking du supermarché Cora Flers (devenu désormais Carrefour) à Villeneuve-d’Ascq (Nord). Trois associations de protection animale se sont constituées parties civiles.

Six félins sur le parking d’un supermarché de Villeneuve-d’Ascq

En plein mois d’août, six félins ont ainsi vécu dans un camion-remorque pendant onze jours. Le 30 août 2024, aux alentours de 12h30, la police de Lille est sollicitée sur le parking du supermarché. Plusieurs passants se plaignent d’un spectacle de « Monster truck » : l’installation empiète sur la plupart des places de parking et empêche l’accès au magasin.

Les policiers interpellent alors le propriétaire du cirque, qui sera placé en garde à vue. En effet, sans aucune autorisation de s’installer sur le parking, l’homme et sa troupe y séjournaient déjà depuis onze jours.

Sur place, les forces de l’ordre font une découverte surprenante : six fauves, trois lions et trois tigres, détenus en cage dans un camion-remorque. Bien que le cirque détienne légalement les animaux, les policiers constatent de nombreuses infractions concernant leurs conditions de détention.

Au tribunal, le prévenu tente de se justifier. Bien que la remorque soit en plein soleil, il affirme : « Les félins sont habitués aux fortes températures car ils viennent d’Afrique à la base. » S’il n’y a pas d’abreuvoir permanent, ce serait parce que les félins font leurs besoins dedans, rendant l’eau impropre. Quant à l’absence d’espace de détente, il explique que le parking est trop petit. Selon lui, le problème vient de la loi : « Ceux qui ont écrit la législation n’ont pas vécu avec les animaux. Nous nous sommes adaptés en tant que professionnels ».

Mais la présidente du tribunal s’impatiente : « Vous avez toujours raison monsieur ? Ce n’est pas une tribune à vos difficultés que vous rencontrez dans votre métier ». Elle rappelle aussi que de précédents contrôles avaient déjà dénoncé des conditions similaires.

Depuis, les félins sont « en lieu sûr » au zoo-refuge La Tanière à Nogent-le-Phaye (Eure-et-Loir). Un expert des animaux sauvages, mandaté par le tribunal, a confirmé que les six félins présentent tous un « bon état physique et psychologique ». Selon lui, aucun signe de maltraitance n’est visible. Il se montre même favorable à leur restitution à la troupe itinérante : « Parfois, les animaux sont mieux traités dans les cirques que dans certains parcs zoologiques ». 

« Ne soyons pas dupes, il nous ment »

Cependant, au tribunal de Lille, les associations Stéphane Lamart, Brigitte Bardot et Code animal se sont constituées parties civiles. Toutes dénoncent les conditions « de mal-être et de souffrance » dans lesquelles se trouvaient les fauves.

« Dès le départ il savait que ce n’était pas adapté. Ne soyons pas dupes, il nous ment« , s’indigne un des avocats. Un autre s’alarme : « Que viennent faire des félins sur un parking de supermarché ?! Je nourris la plus grande inquiétude concernant la réitération des faits ».

Chacune des associations demande 3 000 euros de dommages et intérêts pour le préjudice moral causé.

Quant à l’avocat de la défense, il plaide les difficultés liées au métier de circassien : « refus systématiques » de s’installer aux emplacements prévus, « harcèlement par des militants de la cause animale » ou encore « discriminations envers les itinérants ». Selon lui, son client s’est adapté à une législation complexe, et il demande la relaxe pour chaque infraction.

Le procureur de la République dit « comprendre le prévenu qui veut juste faire son travail », mais il affirme que « cette activité ne peut pas continuer en violant la loi de manière habituelle ». L’homme a en effet déjà été condamné plusieurs fois pour installation sans autorisation sur le terrain d’autrui. Pour le procureur, le prévenu « a l’habitude de ne pas respecter les règles » et doit « adapter ses pratiques même si c’est contraignant ».

Le procureur requiert la confiscation des animaux et du véhicule leur servant d’enclos, mais demande la relaxe pour les faits de mauvais traitements car « rien n’a pu démontrer des actes de maltraitance » envers les félins.

Par Zoé Hondt



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