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une riche famille du pays de Fougères au cœur d’une vaste arnaque mondiale

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L’affaire prend de l’ampleur et se complexifie. Le 8 février, La Chronique républicaine qu’une famille du pays de Fougères (Ille-et-Vilaine) avait été spoliée de 5,5 millions d’euros. Depuis, les enquêteurs et la Justice ont tiré un peu plus le fil. Une information judiciaire a finalement été ouverte jeudi 27 février pour faire la lumière sur l’escroquerie au bitcoin d’un montant total de « 12 millions d’euros » qui est reprochée à deux franco-israéliens installés entre Bagnolet (Seine-Saint-Denis), Boulogne-Billancourt (Hauts-de-Seine) et Israël.

Une forme de banque en ligne qui convertissait l’argent en bitcoin

Pour rappel, les faits avaient, en fait, été portés à la connaissance des enquêteurs de la Section de recherches (SR) de Rennes en décembre 2023 : un conseiller financier de Saint-Grégoire (Ille-et-Vilaine) avait porté plainte pour « escroquerie » après avoir voulu « diversifier ses placements » quatre mois plus tôt en investissant dans du bitcoin via un site internet.

Il s’était donc « rapproché » d’une « connaissance », un riche entrepreneur du pays de Fougères qui avait décidé d’investir avec lui sur ce même site.

D’autres opérations financières seront par la suite proposées au second et à son propre fils, à l’occasion de « l’introduction en Bourse des sociétés Ferrari et Birkenstock ». Père et fils accusent aujourd’hui un préjudice total de « 5,5 millions d’euros ».

Les enquêteurs rennais étaient donc remontés jusqu’à Julien* : cet homme originaire de Boulogne-Billancourt, installé en Israël avec sa famille « depuis dix ans », avait alors été interpellé à la faveur d’un « séjour au ski » en France, en janvier 2025.

Ce quadragénaire avait en fait créé un site internet – une forme de « banque en ligne » – qui convertissait l’argent en bitcoin, monnaie « la plus traçable au monde », selon son avocate Me Laure Berrebi-Amsellem.

Reste que « dix-huit » clients au moins n’ont jamais revu la couleur de leur argent après avoir investi dans la cryptomonnaie.

Dans cette affaire, des investisseurs de Carnac (Morbihan), Ozeville (Manche), Saint-Pierre-en-Faucigny et Thonon-les-Bains (Haute-Savoie) ou encore Azé (Loir-et-Cher) se sont constitués parties civiles.

Les enquêteurs accusés d’antisémitisme

Les gendarmes rennais pensent en fait que cette société a été « créée dans le but de blanchir de grandes quantités d’argent provenant d’escroquerie aux fonds d’investissement », mais Julien – au casier judiciaire vierge – réfute cette analyse.

Le préjudice est pourtant colossal : il avoisine aujourd’hui les douze millions d’euros, sur les « dix-huit millions crédités » sur le compte de la société provenant de « 235 comptes bancaires différents ».

Le parquet de Rennes avait donc décidé d’une orientation en « comparution à délai différé » pour cet homme soupçonné de « blanchiment » du produit de l’escroquerie.

Michel, comme lui franco-israélien et installé à Bagnolet, avait été renvoyé à ses côtés pour les mêmes motifs, puisqu’il est devenu « l’actionnaire unique » de l’entreprise fin 2023.

Reste que ce jeudi 27 février 2025, la présidente du tribunal correctionnel de Rennes a refusé de juger cette affaire, renvoyant le parquet à « mieux se pourvoir », au regard de la complexité du dossier qui pourrait nécessiter des investigations internationales. Au terme de trois heures de débats procéduraux, une juge d’instruction avait finalement été saisie.

Dans la soirée, Julien – seul présent à l’audience puisque son co-prévenu est « reparti en Israël » pour « prendre soin de sa maman » – a donc été mis en examen et présenté devant une juge des libertés et de la détention (JLD).

Pour cet homme, le dossier est « axé » sur « sa nationalité » : en creux, il accuse les enquêteurs rennais « d’antisémitisme ».

Un plaignant énervé après l’audience

Le créateur de la « banque en ligne » – qui « crie son innocence » – estime aujourd’hui avoir été « sali », alors même qu’il a toujours été « transparent », selon son avocate, donnant « son nom, ses pièces d’identité, son adresse » aux clients.

Aucun lien entre sa société et les escrocs n’a pu être établi et ne pourra l’être.

Me Laure Berrebi-Amsellem, avocate du prévenu

Un client avait d’ailleurs souhaité « déposer un million d’euros » sur un portefeuille géré par son site, mais des « justificatifs » avaient été réclamés et l’argent lui avait été remboursé faute de pouvoir tracer scrupuleusement les fonds, au nom de « la lutte anti-blanchiment ».

Pour son avocate, c’est donc « la preuve tellement évidente » qu’il n’a rien à se reprocher.

Un curieux rebondissement est par ailleurs intervenu pendant sa mise en examen : un entrepreneur du bâtiment d’Ozeville (Manche), partie civile dans le dossier, avait assisté à l’audience du tribunal correctionnel de Rennes plus tôt dans l’après-midi et a décidé d’écrire à la défense pour faire part de son « énervement ». « Je sors de l’audience impliquant votre client, je ne connais pas ce monsieur et je n’ai pas été escroqué, mes fonds n’ont jamais été bloqués et la gérance de ma cryptomonnaie m’était personnelle », a-t-il assuré par mail.

« Je ne cherche pas à fuir […], je veux me présenter en justice et je vous demande de me donner la capacité de le faire dignement », a soufflé Julien devant la juge des libertés et de la détention à qui il réclamait sa remise en liberté, en présence de ses proches.

Vers 1 h du matin, vendredi 28 février, la magistrate a pourtant décidé de le maintenir en détention pour éviter toute « concertation » et au regard du « risque de fuite ».

* Les prénoms ont été modifiés.



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