C’est une histoire d’éducation parentale qui a été évoquée devant le tribunal correctionnel de Saint-Brieuc (Côtes-d’Armor), mardi 25 mars 2025. Un couple d’origine camerounaise était présent à la barre du tribunal.
Elle a 32 ans, lui 27. Elle a déjà un enfant de 15 ans qui est resté dans son pays natal dans la famille de son père.
Avec son nouveau conjoint, elle a quitté le Cameroun pour venir en France, via la Lybie.
Dans ce dernier pays, ils ont connu l’emprisonnement et les violences pour enfin arriver en Bretagne en 2022, à Plaintel. Ils ont quatre enfants en commun dont le dernier né est venu au monde en décembre 2024.
Des récits choquants
Des coups de pied, des coups de ceinture, des coups de babouche et une trace de brûlure faite à l’aide d’un fer à repasser. Telles sont les différentes violences rapportées par les trois enfants, deux garçons de 10 et 3 ans et une fillette de 5 ans.
Le médecin qui a examiné les trois enfants est précis dans la description des lésions constatées. Si ce praticien affirme que certaines traces résultent probablement de blessures que des enfants peuvent se faire accidentellement, il ne peut écarter l’intervention d’un tiers pour d’autres hématomes, sans pouvoir néanmoins l’affirmer de façon certaine.
Sentiment d’insécurité
Les constatations médicales sur la fillette paraissent plus inquiétantes. Si, physiquement, les traces de lésions cicatricielles sont nombreuses, les retombées psychologiques sont importantes.
Un sentiment d’insécurité, une carence affective, une peur du noir et de la mort, sont, entre autres, les symptômes relevés lors de cet examen médical.
Son aîné n’est pas en reste. Il a déjà songé à se jeter par la fenêtre « pour ne plus recevoir de coups ».
Une double alerte de la justice
C’est en juillet 2024 qu’une voisine fait appel aux gendarmes. Elle entend des coups ainsi que les cris d’un enfant provenant d’un appartement voisin.
Deux mois plus tôt, l’école et le club de football local avaient également saisi la justice après avoir constaté des traces de coups sur l’aîné des enfants. Celui-ci leur a affirmé que sa mère le battait régulièrement.
Les enfants se trouvent dans des familles d’accueils différentes. Toutefois, ils décrivent les mêmes scènes. Un jour, le plus grand a reçu des coups jusqu’à se retrouver au sol. Puis, sa mère a posé son pied sur sa gorge.
« Ses yeux étaient rouges, j’ai cru qu’il allait mourir », a déclaré sa petite sœur.
« Tout le monde ment »
La prévenue tenait peu en place à la barre du tribunal, passant d’une jambe sur l’autre. « Tout le monde ment, y compris mon fils. » Elle ne reconnait qu’une seule gifle donnée au plus grand.
Elle a pris la parole en dernier pour dire : « Je ne recommencerai plus. »
Après délibérations, le tribunal a relaxé le père de famille, peu incriminé par les enfants, et condamné son épouse à six mois d’emprisonnement avec sursis.
Elle devra également s’acquitter de 3 500 euros de dommages et intérêts pour ses trois enfants.
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