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une femme agressée en pleine nuit à Caen

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Mis en cause pour « tentative » d’agression sexuelle en juillet 2023 ainsi que pour « acquisition et détention d’images à caractère pédopornographique », Tristan* (32 ans) a été extrait de la maison d’arrêt où il est en détention provisoire, mardi 28 janvier 2025, afin de comparaître devant le tribunal correctionnel. Les faits reprochés se sont produits à Caen (Calvados), entre 2020 et 2023.

Agressée en rentrant chez elle à 3 h du matin

Sortant d’un bar de nuit vers 3h du matin, samedi 1ᵉʳ juillet 2023, un groupe de personnes entend des cris provenant d’une cour dans la rue Basse, à Caen. À son approche, un homme s’enfuit en courant.

Une jeune femme est à terre, en larmes, le pantalon baissé. Éloïse* raconte qu’elle sortait d’une soirée chez des amis. N’habitant pas loin, elle regagnait son domicile à pied. « Quelqu’un est arrivé par-derrière, m’a attrapée par les épaules et m’a poussée dans une impasse, raconte-t-elle. J’ai perdu une chaussure. Il m’a tapé la tête contre un mur, puis je suis tombée et il m’a arraché mon soutien-gorge en passant la main sous mon débardeur. Il a baissé mon pantalon et a arraché ma culotte« . Elle ajoute que l’homme parlait avec colère, qu’il lui aurait dit « je veux ta culotte » et qu’à aucun moment, elle n’a vu son visage.

Le groupe témoigne : « On s’est dirigé vers les cris. L’homme tenait la femme par les cheveux. Elle était au sol, le pantalon à moitié baissé. Il la traitait de salope, de connasse. À ce moment, on ne savait pas s’ils se connaissaient ou non ». Éloïse, très choquée, porte des abrasions au visage et aux membres dues à sa chute dans les graviers, des hématomes, un traumatisme cervical… Cela lui vaudra deux mois d’arrêt de travail.

« J’ai cru reconnaître une femme qui me devait de l’argent »

Tristan raconte qu’à la suite d’une soirée alcoolisée en boite de nuit, un ami le ramenait en voiture. « Je lui ai demandé de me déposer quand j’ai cru reconnaître quelqu’un qui marchait sur le trottoir. Une femme qui me devait 400 euros de cigarettes de contrebande. J’étais sûr que c’était elle ». Il affirme qu’il voulait seulement l’humilier.

J’ai la certitude que ce n’était pas sexuel. J’ai pris la fuite car je m’étais trompé de personne.

Tristan, le prévenu, à l’audience

Le lendemain, l’homme, soi-disant pris de remords, se présente à la police. Pour le procureur, ayant perdu son téléphone portable, il savait qu’il serait retrouvé et a préféré prendre les devants.

« C’est un prédateur »

Les sous-vêtements d’Éloïse sont retrouvés chez lui. « Je les ai emmenés sans réfléchir », se défend-il. Des investigations dans son ordinateur mettent à jour des fichiers de culottes et d’autres fichiers pornographiques, beaucoup de photos de femmes en sous-vêtements, des très jeunes, des femmes bâillonnées dans des coffres de voiture.

D’après l’expert psychiatre, Thomas nourrirait de l’agressivité envers les femmes avec le sentiment d’en avoir été victime.

C’est un prédateur qui n’assume pas. Un homme frustré sexuellement et intéressé par la violence. Cette jeune femme était persuadée qu’il allait la violer et même la tuer. Depuis, elle ressent de l’insécurité au quotidien.

L’avocate de la partie civile, à l’audience

Des dommages et intérêts à hauteur de 15 000 euros sont sollicités.

Quatre ans de prison ferme

C’est la hantise de toute femme de se faire agresser, voire violer en rentrant seule chez elle. Et quand ça arrive, cette femme ne sera plus jamais la même. Elle va développer des réflexes de défense, se méfier des autres, perdre confiance en elle.

Le procureur, à l’audience

Le magistrat a l’intime conviction, malgré les dénégations du prévenu, que dans cette agression, il y avait une connotation sexuelle. Il est également sûr que le prévenu recherchait des photos d’adolescentes sur des sites à caractère sexuel. Ce profil l’inquiète.

Le tribunal a entériné ses réquisitions en condamnant Tristan à quatre ans de prison ferme avec maintien en détention, à un suivi socio-judiciaire de cinq ans comprenant des soins, une interdiction de contact avec la victime ainsi que d’exercer toute activité avec des mineurs, une interdiction de détenir ou de porter une arme.

En cas de non-respect de ces injonctions, deux mois de prison supplémentaires sont encourus. L’homme sera désormais inscrit au FIJAIS (fichier des délinquants sexuels). Enfin, le préjudice moral est fixé à 10 000 euros et les frais d’avocate à 1 400 euros.

*Prénoms d’emprunt.



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