Avec cette coalition transpartisane, ils ambitionnent d’apporter « une réponse globale, ambitieuse et coordonnée » à un fléau qui touche chaque année plus de 250 000 femmes en France. « Eux », ce sont des parlementaires réunis à l’initiative de la députée de la 9e circonscription de Seine-et-Marne, Céline Thiébault-Martinez (PS). Interrogée par La République de Seine-et-Marne, cette dernière revient sur l’origine de cette création. « En novembre dernier, nous avons été sollicités par une soixantaine d’associations féministes. Elles avaient formulé une proposition de loi-cadre comprenant 140 mesures pour renforcer la prévention, la protection et la répression des violences faites aux femmes », retrace la députée, par ailleurs présidente d’une association qui milite pour les droits des femmes.
Afin d’évoquer le sujet avec ses collègues parlementaires, la Seine-et-Marnaise a ainsi créé cette coalition transpartisane. Elle réunit des élus de tous les horizons politiques. A une exception près : l’extrême droite n’a pas été approchée.
Une trentaine de parlementaires
Une première réunion s’est tenue en cette fin janvier. L’enjeu était de se saisir des mesures prioritaires susceptibles d’être inscrites dans la loi. « Les échanges ont mis en lumière plusieurs failles persistantes des politiques publiques actuelles, dont l’empilement de dispositifs sans vision cohérente, le manque de moyens financiers et humains à tous les niveaux, ou l’application insuffisante des lois existantes, conduisant à la minoration, voire à la négation des violences sexistes et sexuelles », détaille Céline Thiébault-Martinez, qui précise qu’une trentaine de parlementaires ont participé aux débats.
Les premiers retours sont jugés « très encourageants » par la députée. « L’idée de ce premier rendez-vous était de se positionner pour savoir si nous nous lancions dans la rédaction d’une loi-cadre ou par thématiques. C’est visiblement le premier choix qui l’emporte », se réjouit-elle.
93 victimes de féminicides
Une prochaine réunion sera organisée au Sénat. Elle devra permettre aux parlementaires d’entrer un peu plus dans le vif du sujet. Les débats autour de cette potentielle loi-cadre s’appuieront sur « trois piliers fondamentaux, comme elle le rappelle. Une réponse globale couvrant tous les aspects de la société concernés par les violences (santé, travail, enfance, justice, etc.), des moyens suffisants, à la hauteur des enjeux, et enfin des objectifs clairs et évaluables pour assurer une application effective de la loi ».
Pour rappel, en 2023, les forces de sécurité intérieure ont enregistré 93 victimes de féminicides, 319 victimes de tentatives de féminicides et 773 femmes victimes de (tentatives de) suicides suite au harcèlement par (ex-) conjoint.
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