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une autre « économie du crime »

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Les saisies de drogue, de cigarettes de contrebande et de produits contrefaits ont encore augmenté dans la région de Marseille. Mais un autre trafic, dans des « volumes moins importants mais tout aussi réguliers », a aussi bien occupé les douanes en 2024.

« Il n’y a pas un mois où on n’intercepte pas de tortues, des oiseaux, des reptiles, ou encore des papillons », lâche Michaël Lachaux, le directeur régional.

Des espèces évidemment protégées et malheureusement recherchées.

Caméléon, dents de morse et écailles

Les douanes de Marseille, qui présentaient leur bilan 2024 ce vendredi 4 avril, n’ont pas chômé l’an dernier : les saisies de drogue (+39% pour la cocaïne), de cigarettes (+58%) et de produits contrefaits (+25%, soit 248740 articles) ont toutes pris un coup d’accélérateur.

@actu.frmarseille

Les #douanes de #Marseille ont saisi des stups, des cigarettes et des contrefaçons en 2024… mais aussi des #animaux d’espèces protégées @Douane française #pourtoi #foryou #fy

♬ Suspense, horror, piano and music box – takaya

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Des trafics que cette autorité de l’État tente de juguler au même temps titre que ceux qui se concentrent sur des espèces animales et végétales protégées.

On est sur des volumes moins importants mais tout aussi réguliers et qui génèrent également énormément d’argent. C’est aussi une économie du crime.

Michaël Lachaux
Directeur régional des douanes à Marseille

Caméléon, dents de morse et écailles

La cité phocéenne serait particulièrement exposée : parce qu’il existe « des vols à l’international et des liaisons maritimes » en connexion avec « des pays qui sont riches en écosystèmes environnementaux », explique encore Michaël Lachaux.

En 2024, 26 constatations ont été réalisées avec des dizaines de saisies, dans des conditions de transport parfois déplorables : « dans des bouteilles vidées et à moitié compactées ou encore dans les poches d’un vêtement dans une valise de soute », détaille un agent.

Les saisies de l’an dernier :

  • 17 chardonnerets élégants,
  • 2 youyous du Sénégal,
  • 5 gris du Gabon,
  • 2 perroquets,
  • 9 tortues
  • 1 caméléon,
  • 30 papillons (morts)

Mais aussi plusieurs dizaines de coraux, 3 dents de morse, des objets en poils de porc-épic, en écaille de tortue, des coquillages et une statuette en ébène. Autant d’espèces inscrites sur la Convention de Washington, qui régule drastiquement le commerce international des espèces de faune et de flore sauvages menacées d’extinction.

« Jusqu’à 50 % de mortalité » pendant le voyage

Les animaux saisis ne survivent souvent pas au voyage, les douanes évoquant « des syndromes de choc post-traumatique » dont ils ne se relèvent pas. « Il y a jusqu’à 50 % de mortalité », explique-t-on encore du côté des douanes.

Et « c’est sans compter tous les spécimens qui sont aussi tués pendant la capture », relève ce vendredi Joseph Jacquin-Porretaz, le conservateur du Musée d’Histoire Naturelle d’Avignon, à qui les douanes ont confié un ensemble de papillons de taxidermie. Dont un immense « Ornithoptera Goliath Supremus Titan » noir et doré de Nouvelle-Guinée.

Ces espèces protégées le sont parce qu’elles sont en déclin. En plus de la destruction de leurs territoires d’habitat, ces trafics accélèrent leur disparition. Et ceux qui cherchent à obtenir ces animaux y participent. En faisant ça, on prive les générations futures de cette nature.

Joseph Jacquin-Porretaz
Conservateur du Musée d’histoire naturelle d’Avignon

Une espèce menacée, qui a valu une amende à un collectionneur privé. Il « s’est fait avoir par méconnaissance de la réglementation », préviennent les douanes.



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