Les remboursements s’enchaînaient sans l’ombre d’un doute. Pour les grandes enseignes, ces commandes ne recelaient rien d’anormal. Et pourtant, il s’agissait d’une vaste arnaque au faux colis leur ayant coûté plusieurs millions d’euros. Mercredi 5 mars 2025, six personnes ont été mises en examen pour avoir participé à ce réseau d’escroquerie, comme l’a indiqué le parquet de Paris à l’Agence France-Presse (AFP).
Une plainte décisive en 2024
Révélée par Le Parisien, cette gigantesque arnaque, baptisée « Zulon« , se matérialisait par des faux retours de colis ou des faux colis que facturaient les accusés aux entreprises. Au total, le préjudice serait « de plus de 15 millions d’euros », précise le ministère public. Mais ce montant pourrait grimper « à 30 millions d’euros entre 2021 et 2015″, selon une source proche du dossier à l’AFP.
Il a fallu une plainte de La Poste, le 19 mars 2024, « pour des faux retours de colis déclarés par un facteur au profit de plusieurs clients », et lancer des investigations et trouver trace de ce réseau. Rapidement, les services de cybersécurité ont mis le grappin sur une boucle Telegram, par laquelle les escrocs échangeaient. « (Les grandes enseignes) n’ont pas mis en place assez de vérifications et de contrôles », déplore une autre source proche.
En février 2025, un homme est arrêté. Il est soupçonné d’être « un gérant de la boucle Telegram », selon le parquet. Selon deux sources proches du dossier, ce Français d’une vingtaine d’années résidait à Dubaï, et a été interpellé en France à l’occasion d’une visite à sa famille en France. Il a été hospitalisé d’office en psychiatrie, a précisé le ministère public.
Un « geek anticapitaliste » ou un « crack solitaire » ?
L’une des sources proches le décrit comme un « geek anticapitaliste« , ce qui l’aurait conduit à s’en prendre à des grandes enseignes. Une autre nuance : « c’est un crack en informatique, solitaire, un entrepreneur avec plusieurs sources de revenus installé à Dubaï, mais pas un militant ». Contacté par l’AFP, son avocat, Florian Godest Le Gall, n’a pas souhaité s’exprimer à ce stade.
Mercredi, le facteur et des administrateurs ont été mis en examen « pour escroquerie en bande organisée, blanchiment en bande organisée, et administration de plateforme permettant des transaction illicites en bande organisée », a détaillé le parquet. Trois ont été placés en détention provisoire, trois sous contrôle judiciaire. Parmi eux figure un avocat parisien, dont le conseil n’était pas joignable dans l’immédiat. L’avocat du facteur non plus.
La section de lutte contre la cybercriminalité du parquet a ouvert une enquête, confiée à la police judiciaire de Versailles (Yvelines).
Avec AFP
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