Les quarante-quatre véhicules municipaux n’ont pas redémarré depuis ce mercredi 12 mars 2025. Dans l’après-midi, la municipalité d’Arès a appris qu’elle était victime d’une arnaque à l’assurance. « J’ai des véhicules garés un peu partout dans la ville, là où ils se trouvaient quand on a su qu’ils n’étaient pas assurés », lance le maire Xavier Daney. « Pas question de mettre en danger nos employés. »
« On a juste sécurisé ceux se trouvaient au milieu d’un carrefour », continue le premier édile qui tente de trouver une pointe d’humour à la situation. « Ça nous fait des économies de carburant ».
Des services paralysés
Là où la ville est bien plus embêtée, c’est que « la continuité du service public et de la sécurité n’est pas assurée ». Les véhicules de voiries, des espaces verts, de ramassage des seniors, les deux voitures de la police municipale… Tous sont immobilisés.
Alors la commune doit se débrouiller. Mercredi soir, le maire est allé chercher des seniors de la commune avec un élu. « Le bus qui les avait amenés à la salle était bloqué. On a pris nos voitures personnelles ».
La nuit, Xavier Daney était sur le qui-vive pour véhiculer les agents de la police municipale si besoin était. Depuis, il peut compter sur la solidarité de la commune voisine. « Je remercie le maire de Lège-Cap-Ferret qui a mis un véhicule à disposition de notre police municipale », souligne le maire d’Arès.
Ce jeudi, la commune loue dorénavant trois véhicules. « On assure le minimum vital, c’est-à-dire les services d’urgence. Si une voie est bouchée à cause d’une branche tombée, on pourra répondre », donne à titre d’exemple le maire. « Mais on ne peut pas se permettre d’en louer plus. C’est la tuile financière. »
Que s’est-il passé ?
« Bien que la commune ait toujours été à jour de ses cotisations, elle se retrouve victime d’une fraude », écrit la Ville dans la publication sur Facebook qui alerte ses citoyens. Et elle n’est pas la seule : plus de 75 000 véhicules sont concernés à travers la France, dans de nombreuses collectivités.
« On avait mandaté un courtier pour qu’il nous trouve un nouvel assureur », explique Xavier Daney, car le contrat précédent s’arrêtait au premier janvier 2025.
La ville a fait appel à une société de contrôle qui l’a alertée de la supercherie ce mercredi : le nouvel organisme s’avère ne pas être homologué en France et les véhicules non assurés. La ville d’Arès a décidé de porter plainte contre le courtier.
« Plus personne ne veut assurer les collectivités »
« On a mis plus de 23 000 euros sur la table », souligne Xavier Daney qui déplore un « système d’assurance problématique ».
« C’est dangereux. Plus personne ne veut assurer les collectivités et il y a une surenchère. On a dû multiplier par deux notre budget d’assurance en un an », explique le maire d’Arès. « Notre collectivité a une sinistralité inférieure à la moyenne, c’est une chance. On est assuré quasiment pour tout, mais on a dû choisir de ne plus assurer certains cas de figure. »
S’il reste prudent tant que le nouveau contrat n’est pas signé, Xavier Daney espère que la situation sera revenue dans l’ordre en « début de semaine prochaine ».
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