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un surveillant condamné après avoir été amadoué par « le bras droit » d’un dealer

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Un surveillant de la maison d’arrêt de Carquefou (Loire-Atlantique) a été condamné mercredi 19 mars 2025 par le tribunal correctionnel de Nantes pour « corruption passive » pour avoir fait rentrer au moins « 2 kg de cannabis » et « quinze à vingt téléphones » en détention.

Une enquête avait été ouverte fin décembre 2023 pour un trafic de stupéfiants « structuré » et « hiérarchisé » s’étendant en Loire-Atlantique, Charente-Maritime, Vendée et Morbihan. Un détenu de la maison d’arrêt de Carquefou, où le surveillant travaillait depuis 2019, était soupçonné d’en être à la tête.

Des rendez-vous avec un trafiquant

Au cours de l’enquête, « un certain nombre d’actes techniques » avaient ainsi nourri des « soupçons » sur la participation dans ce trafic du surveillant comme « intermédiaire ».

Par le biais de sonorisations placées dans le véhicule d’un homme travaillant pour le dealer à la tête du trafic présumé, il avait ainsi été constaté qu’entre décembre 2023 et juin 2024, une « dizaine de rendez-vous » avait eu lieu entre lui et le surveillant, devant le domicile de ce dernier à Saint-Herblain.

Interpellé le 13 novembre 2024, l’homme de 41 ans avait nié son implication et avait certifié échanger avec « le bras droit » du dealer seulement pour les besoins de sa « consommation personnelle ». De la « résine de cannabis » avait notamment été retrouvée au cours de la perquisition de son logement.

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Poursuivre un trafic en prison

Lors de sa garde à vue le 11 novembre 2024, le « bras droit » avait admis avoir été chargé de contacter un « gardien de prison réunionnais d’environ 40 ans » pour lui remettre plusieurs objets afin qu’il les transmette à son patron.

Il aurait ainsi remis « des téléphones iPhone 8, des iPhone SE, de la résine de cannabis, des feuilles à rouler, du parfum, des plaquettes »… Au total, au moins « 2 kg de cannabis » et « au minimum 15 à 20 téléphones » auraient été introduits, permettant de « continuer un trafic au sein de la prison ».

Le surveillant a quant à lui expliqué avoir obtenu le numéro du dealer « dans un café » et que le bras droit lui livrait à domicile « quelques grammes de cannabis ».

Le suspect en arrêt maladie durant cette période

Cette explication a toutefois étonné les enquêteurs : son interlocuteur « ne fait habituellement ni dans le détail, ni des livraisons pour des faibles consommations », selon eux. Le gardien de prison réunionnais a ajouté avoir été sollicité « à plusieurs reprises » pour faire passer des objets mais avoir « toujours refusé » car « c’est impossible avec les portiques ».

Son avocate a ainsi mis en doute la « qualité procédurale » de ce dossier « saucissonné », mais présenté malgré tout par le parquet comme une « évidence absolue » : elle a fait remarquer que son client était en arrêt maladie entre décembre 2023 et juin 2024 et qu’il n’avait donc pu, par conséquent, se rendre au centre pénitentiaire à cette période-là.

Des « retranscriptions » de certaines « sonorisations » sont également sujettes à caution puisqu’elles pouvaient avoir été influencées « par le prisme policier ».

Une peine « non pas exemplaire », mais « proportionnée »

Le procureur de la République avait malgré tout appelé les juges à faire de ce dossier « un exemple » pour qu’il soit « mis fin au fléau du trafic de stupéfiants en prison » : le surveillant de prison se devait d’adopter « un comportement parfaitement irréprochable et exemplaire ».

Le gardien de prison s’est finalement vu infliger une peine « non pas exemplaire » mais simplement « proportionnée » aux faits qui lui étaient reprochés, a commenté la présidente : il a écopé de dix mois de prison ferme et sera désormais interdit d’exercer ce métier.

Sa peine d’emprisonnement pourra être purgée à l’aide d’un bracelet électronique une fois que son domicile sera « stabilisé », a fait savoir le tribunal.

NT/PressPepper



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