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Un passeur de cocaïne arrêté dans un hôtel d’Évreux et condamné

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Il y a quelques mois, deux hommes suspectés de trafic de stupéfiants avaient été arrêtés dans un hôtel d’Évreux en possession de 17 000 € en liquide. L’analyse des téléphones des suspects avait révélé plusieurs appels vers le numéro d’un Ébroïcien alors en vacances en Guyane ainsi qu’un transfert d’argent. Il ne suffisait plus qu’à surveiller l’homme et d’attendre son retour. Confondu par la police mercredi 26 février, le bouletteux, comme on appelle les passeurs dans le jargon des stupéfiants, transportait 88 ovules dans son abdomen, soit 967 grammes de cocaïne, pour une valeur d’au moins 60 000 € à la revente.

Dans le box des prévenus, le trentenaire semble terrifié. À peine peut-il dire son nom. De longs silences entrecoupés de syllabes fracassées et de sanglots contenus succèdent au chapelet de questions du tribunal. Lorsque le président d’audience, Bertrand Brusset, lui demande si la drogue devait être acheminée vers Le Havre, le prévenu finit par dire : « Je ne peux pas répondre à cette question. »

Guyane / métropole

Quatre faits lui sont reprochés : acquisition, importation, transport et usage de stupéfiants. Selon le parquet, les faits sont largement démontrés puisqu’on retrouve trois billets d’avion sur le téléphone du prévenu. En outre, l’enquête a permis d’établir un contact au Suriname qui, doublé du voyage Guyane / France métropolitaine, démontrerait l’importation. La faiblesse des revenus du prévenu expliquerait l’aspect mercantile de cette activité habituelle. Dernier point, la collaboration inexistante en garde à vue constitue, aux yeux de l’accusation, un facteur aggravant. En conclusion, 30 mois de prison ferme avec mandat de dépôt sont requis.

L’énergique plaidoirie, solide et rigoureuse, de Me Isabelle Felenbok, du parquet de Versailles, réfute point par point ce qui, selon la défense, ne sont que des allégations. « La charge de la preuve revient à l’accusation », commence l’avocate. Rien ne prouve, en effet, que les boulettes aient été ingérées au Suriname. Et la Guyane étant un département français, il n’y a donc pas d’importation. La défense ne reconnaît que la détention lors « d’un acte unique et isolé », motivé par une situation familiale complexe. Les multiples voyages s’expliquent facilement. Joignant le geste à la parole, l’avocate tend un dossier au président Bertrand Brusset : « Voici les preuves. »

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Verdict clément

Au fil de la démonstration, le passeur chevronné apparaît plus comme un chauffeur-livreur bien noté et reconnu dans son entreprise, piégé dans une situation inextricable. Quant au manque de collaboration du prévenu, l’avocate s’insurge : « Mon client est mort de trouille. » Du point de vue de la défense, la « situation très préoccupante » de l’homme dans le box justifie une peine avec sursis probatoire aménagée en surveillance électronique à domicile.

Les juges ont entendu les arguments de la défense et condamnent le prévenu à trois ans de prison accompagnés d’un sursis probatoire de deux ans. Il reste douze mois de prison aménagés en détention à domicile sous surveillance électronique. Une amende de 1 000 € est prononcée ainsi que la confiscation des scellés. Après ce verdict somme toute clément, l’homme ne semble pas pour autant soulagé. Il réprime des sanglots, sachant sans doute qu’une autre réalité, beaucoup moins clémente, s’annonce peut-être.



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