Le 27 décembre 2024, les sapeurs-pompiers étaient appelés à 21 h 45 avenue Aristide-Briand à Cherbourg (Manche) pour un feu de véhicules, un Trafic Renault dont l’incendie s’était propagé à une Fiat 500 appartenant à une infirmière libérale, voiture stationnée devant chez elle, de façon à pouvoir répondre promptement à un éventuel appel de patient.
Ce soir-là, l’infirmière et son mari étaient en fête de famille dans l’ambiance de Noël, et la lueur qui les avait intrigués à un moment de la soirée venait de la Fiat qui brûlait sous leurs yeux en même temps que le Trafic quand ils ont ouvert leur fenêtre sur la rue. Le feu avait été mis volontairement au Trafic par un voisin qui avait eu une altercation avec les propriétaires du véhicule.
Un homme facilement identifié
En réaction, il avait disposé sous le moteur du Trafic une source enflammée, sans imaginer d’ailleurs que la voiture stationnée à proximité courait le risque d’être également incendiée.
Ainsi, l’auteur de l’incendie volontaire était facilement identifié. Il s’agissait d’un homme de 45 ans, sous curatelle, dont le voisinage était peu apprécié, maniant l’insulte, qui s’alcoolisait régulièrement à la bière et à la vodka, soupçonné de jouer les apprentis sorciers avec le feu notamment contre des véhicules.
Pas seulement soupçonné, mais déjà condamné en 2016, puis en 2022 pour des faits similaires, et appelé à la même audience du mardi 25 mars 2025 à s’expliquer sur un incendie d’une Laguna commis le 22 juin 2024.
Un homme dangereux
Avoir un tel voisin partageait le quotidien de son entourage entre l’angoisse et l’exaspération.
« Être confronté à une personne capable de mettre le feu n’importe quand, n’importe où et sous n’importe quel prétexte, faisait remarquer Me Dollon, l’avocat du couple propriétaire du Trafic incendié, engendre un sentiment de danger permanent ».
Mais, à cette angoisse latente s’ajoutait l’incompréhension : depuis longtemps, les agissements de cet homme étaient connus, et rien n’avait été fait pour l’empêcher de nuire.
Une lourde perte
Pour le couple à qui appartenait le Trafic, le préjudice avait été particulièrement lourd, et très décourageant : l’homme et son épouse avaient aménagé complètement l’intérieur du véhicule pour des vacances avec leurs enfants.
Si l’assurance a indemnisé la perte du véhicule, le coût de son aménagement intérieur a été de pure perte pour le couple, soit un montant de 5 922 € parti en fumée, et la perspective d’un véhicule bonheur pour la famille abolie.
L’espoir pour les victimes, c’était de voir cet homme dangereux être écarté définitivement de leur voisinage, et surtout d’être suivi par les services socio-judiciaires pour qu’il ne continue pas à être un danger ailleurs.
Un aménagement de peine
Reconnu comme n’ayant pas totalement son discernement quand il commet ses méfaits, le prévenu a été condamné à une peine de 16 mois de prison dont 10 mois avec sursis probatoire et suivi nécessaire, le Bon Sauveur étant sollicité pour cet accompagnement.
Il est contraint à déménager. Il devra en réparation à ses victimes au total 4 500 € pour leur préjudice et leurs frais de justice.
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