Home Faits Divers Un homme poignardé par ses voisins à Dieppe sur fond de rumeurs...

Un homme poignardé par ses voisins à Dieppe sur fond de rumeurs et de querelles anciennes

18
0



Un homme et sa mère ont comparu, mardi 18 mars 2025, devant le tribunal de Dieppe (Seine-Maritime) pour avoir violemment agressé un voisin le 29 août 2021, à Neuvile-lès-Dieppe. La victime, frappée à coups de poing et de claques, a également reçu plusieurs coups de couteau à l’abdomen, au bras et à la main. Ses blessures lui ont valu une incapacité totale de travail de dix jours. Lorsque la police arrive sur les lieux ce soir-là, elle trouve la victime à son domicile, torse nu, avec des traces de sang sur le bras, l’abdomen et le flanc. Son corps porte six plaies, dont certaines profondes. L’homme désigne alors deux de ses voisins comme ses agresseurs. Transporté à l’hôpital, il affiche un taux d’alcoolémie de 3,4 g par litre de sang. Dans cette affaire, tous les protagonistes sont alcoolisés.

D’anciennes querelles

Ce soir-là, de retour d’une soirée en centre-ville de Dieppe, la victime s’arrête chez une voisine pour demander une cigarette. Ce n’est pas elle qui ouvre la porte, mais la prévenue, en plein apéritif chez cette dernière. Le ton monte : elle l’accuse d’avoir insulté son fils le matin même sous ses fenêtres, ravivant au passage d’anciennes querelles. La quadragénaire lui assène plusieurs coups, le pousse et le serre à la gorge.

Son fils, à l’époque âgé de 21 ans, accourt et s’empare d’un couteau. La victime reçoit ses assauts et échappe de justesse à une lame dirigée vers son cou. L’homme parvient à fuir. À l’origine de cette violente altercation : des différends persistants, alimentés notamment par des rumeurs d’aventure entre la victime et la mère.

L’enquête s’oriente d’abord vers une tentative de meurtre avant d’être requalifiée. La mère est placée sous contrôle judiciaire. Son fils effectue, dans un premier temps, huit mois de détention provisoire, avant de recevoir le même placement.

À la barre, la mère de famille trépigne, hoche la tête, marque son désaccord à l’écoute des faits. Le président du tribunal la rappelle à l’ordre. « C’est une personne qui cherchait toujours les problèmes », se défend-elle.

La prévenue campe sur sa position

Selon sa version, elle n’aurait pas remarqué que son fils était armé et lui aurait simplement demandé d’arrêter. La victime, elle, affirme au contraire qu’elle l’a encouragé. « Est-ce que c’est une manière de régler les litiges ? » interroge le président, rappelant les coups qu’elle a portés en premier.

Mais la prévenue campe sur sa position. « Aujourd’hui, ce n’est pas vous la victime. Quatre ans après, j’ai l’impression que rien n’a changé de votre côté. Je ne perçois aucune prise de conscience. La victime aurait pu mourir ce soir-là », lâche le président du tribunal.

Le fils se montre plus enclin à reconnaître ses torts. Il affirme être sorti initialement « pour les séparer » avant que la situation ne dégénère. Depuis son passage en prison, il dit avoir pris du recul et ne boit plus : « J’ai compris que c’était une erreur. Et là-bas, l’alcool ne m’a pas manqué. »

À l’époque, mère et fils avaient l’habitude de s’alcooliser. « Je me méfiais plus de sa mère, elle était hystérique quand elle buvait trop, c’est elle qui entraînait son fils », affirme la victime. Un « contexte d’alcoolisation à outrance », également mis en avant par l’avocat du fils, dont l’expertise psychologique souligne « un lien d’attachement particulier avec sa mère ». Il aurait ainsi cherché à la défendre.

Elle craque et fond en larmes

Pour lui, l’éloignement s’impose comme une nécessité, offrant des garanties en vue de l’aménagement de sa peine. Pour le substitut du procureur de la République, l’inquiétude demeure : « Ce qui m’inquiète, c’est que les éléments réunis pour ce passage à l’acte peuvent l’être à nouveau. »

La mère de famille n’a aucun casier judiciaire, tandis que son fils a une mention pour des faits de vol… à l’encontre de la victime, mais postérieurs aux violences. Aucun des deux n’a pleinement respecté les obligations de leur contrôle judiciaire, notamment en ce qui concerne les soins.

Le parquet requiert 24 mois de prison pour le fils, dont 12 mois assortis d’un sursis probatoire de deux ans, avec plusieurs obligations : formation ou travail, indemnisation de la victime, suivi de soins, inéligibilité pendant deux ans, interdiction de détenir une arme et interdiction de contact durant trois ans.

Pour la mère, neuf mois de prison intégralement assortis d’un sursis probatoire de deux ans, avec les mêmes obligations. « Elle est coupable, mais elle ne s’en fiche pas. Si c’était le cas, elle ne serait pas venue », plaide l’avocate de la prévenue. À ces mots, sa cliente craque et fond en larmes. Son avocate insiste : le juge des enfants a été saisi dans cette affaire et la mère a risqué le placement de ses deux plus jeunes enfants, qu’elle a cherché à protéger.

Tous deux ont été reconnus coupables. La mère écope de 16 mois de prison, dont six ferme, aménagés sous bracelet électronique et dix mois avec sursis probatoire de deux ans. Elle devra respecter les obligations requises, dont l’interdiction de détenir une arme pendant cinq ans.

Le fils est condamné à deux ans de prison, dont un an ferme, également sous bracelet électronique, et un an avec sursis probatoire de deux ans. Il devra se soumettre aux mêmes obligations que sa mère, avec en plus un bilan addictologique.



Source link

LEAVE A REPLY

Please enter your comment!
Please enter your name here