Après son dépôt de plainte pour menaces sur sa personne et dégradations sur les terrains de sport de sa commune, le 11 juillet 2024, le maire de Saint-André-des-Eaux, Mathieu Coënt, s’est retrouvé face à un membre de la communauté des gens du voyage, le 30 janvier dernier, au tribunal correctionnel de Saint-Nazaire. Celui-ci a rendu son jugement jeudi 27 février 2025.
« J’ai vite ressenti une grande nervosité »
Le 11 juillet 2024, le prévenu, âgé de 41 ans et sédentarisé à Vertou, avait repris sa caravane avec femme et enfants pour passer quelques jours avec ses proches près de la côte. Mais, ne trouvant pas de point de chute, refoulées par la police des terrains de foot d’Escoublac, les familles avaient fini par s’installer sur ceux de Saint-André-des-Eaux.
« Sortant d’un bureau municipal, je leur ai décliné ma fonction dès que je me suis présenté et j’ai vite ressenti une grande nervosité. »
« C’est le prévenu, qui, entouré d’une quinzaine de personnes, m’a dit : »Si tu restes là, tu vas prendre un coup de poing ». Il était à 50 cm de moi ».
Ce qu’avait nié l’intéressé : « En aucun cas, il m’a dit qu’il était maire, on croyait que c’était le gardien du stade ou un riverain ».
Deux portails et deux terrains détériorés
Si Mathieu Coënt a bien compris qu’en cette fin de journée, alors qu’il pleuvait, les familles avaient envie de se poser, il ne fallait pas le faire « dans l’illégalité ».
Illégalité, mais aussi dégradations : « Un portail a été dégradé, les caravanes sont entrées par un terrain en herbe. Après avoir déplacé un véhicule, ils ont fractionné un second portail pour se loger sur un autre terrain en herbe. »
« Monsieur le Maire est arrivé seul et a agi avec dignité dans le cadre de sa fonction d’officier de police judiciaire qu’il a tout de suite déclinée. Il a senti un climat d’énervement, il ne pouvait pas sortir son téléphone », avait poursuivi Me Audrey Babin, l’avocate du maire et de la commune.
« Même si le prévenu n’était pas seul, il n’en est pas moins responsable des dégradations. »
La procureure, n’ayant eu aucun doute sur la culpabilité du prévenu, avait requis trois mois de prison avec sursis, une amende de 200 € et une interdiction de paraître à Saint-André-des-Eaux pendant trois ans.
3 635 € de préjudice matériel
« Les peines excessives demandées n’ont pas lieu d’être. Vous devez vous tenir à ce qu’il y a dans le dossier, et n’étant pas seul, il ne peut embrasser la totalité de la poursuite, avait plaidé Me Franck-Olivier Ardouin. Monsieur s’est peut-être présenté comme maire, mais pas à mon client qui affirme n’avoir jamais haussé le ton ».
Jeudi 27 février, le tribunal a rendu son jugement. Il a relaxé le prévenu au bénéfice du doute pour les menaces. Il l’a condamné en revanche à payer à la mairie 3 635 € de préjudice matériel, 500 € de préjudice de jouissance et 800 € de frais d’avocat.
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