Ce sont des paroles qui font peur, des paroles qui marquent. Et des scènes qui ont traumatisé tous ceux qui y ont assisté le lundi 24 février 2025, dans les Yvelines, d’abord dans un centre commercial de Montigny-le-Bretonneux, puis à l’hôpital André-Mignot du Chesnay-Rocquencourt.
Ce spectacle, ce sont des déclarations très inquiétantes d’un homme de 31 ans faisant l’apologie du terrorisme. Pas une fois, ni deux ni trois, mais quasiment en boucle durant plusieurs heures. « Je vais commettre un attentat, je m’en fous de prendre vingt ans, ça ne me fait pas peur », lance-t-il en préambule à des passants médusés, à deux pas de la salle de sport Fitness Park de Montigny-le-Bretonneux.
À celui qui essaye d’intervenir pour le raisonner, il rétorque de plus belle : « Je vais te mettre deux balles dans la tête, te couper la tête […] Je vais revenir avec une kalash », promet-il.
Il évoque les « grandes figures » du terrorisme
Interpellé par les policiers, le trentenaire, en pleine crise d’hypoglycémie, est transporté à l’hôpital André-Mignot. Menotté à son lit, il est interrogé à plusieurs reprises par les forces de l’ordre et tient à chaque fois des propos menaçants. « Je vais faire payer la France pour nous avoir colonisés », insiste celui qui est né en Algérie.
Successivement, il va faire l’éloge d’Adolf Hitler, d’Oussama ben Laden, des frères Kouachi, de Mohammed Merah et, dans un autre registre, … du compositeur Richard Wagner.
À la cadre de santé qui vient s’occuper de lui vers 18 h 30, il adresse également des menaces. « Ça va finir en bain de sang avec des balles. »
Sous emprise de cocaïne
Au tribunal judiciaire de Versailles, le jeudi 27 février 2025, le prévenu au casier vierge, qui comparaissait libre sous contrôle judiciaire, a justifié son comportement par la mauvaise passe qu’il traversait actuellement : la perte de son emploi en juin 2024, qui a engendré une période de dépression, sa crise d’hypoglycémie, sa consommation de 4 à 5 grammes de cocaïne entre la veille et le matin même du jour de son interpellation.
« J’étais inconscient à 80 ou 90 %. J’ai autant d’amour pour l’Algérie que la France. En ce qui concerne l’Islam, je suis non-pratiquant. Je sais bien que même pour rigoler, il ne faut pas dire tout ça. »
Aucun signe de radicalisation
Des excuses qui n’ont pas forcément convaincu le président du tribunal. « Tous les gens en hypoglycémie et sous cocaïne n’ont pas un tel débit », a-t-il fait remarquer.
Si l’analyse du téléphone du mis en cause et la perquisition menée à son domicile n’ont, semble-t-il, rien révélé d’inquiétant, l’affaire a quand même été prise très au sérieux par le tribunal de Versailles.
« Est-ce que vous voyez l’impact de vos propos ? Le département des Yvelines a été durement touché par le terrorisme, des fonctionnaires sont morts. Oui, vous êtes inquiétant ! »
Le procureur de la République évoque de son côté « des faits assez effroyables pour les personnes qui ont dû les subir ». « Peut-être que la cocaïne a aidé au passage à l’acte, mais pour les victimes, il faut arriver à s’en persuader. Si demain elles le croisent à l’hôpital ou au supermarché, elles vont se demander s’il y a un risque qu’il passe à l’acte. Les propos étaient décousus, mais plutôt cohérents. »
Une peine de prison ferme
Le ministère public a requis une peine d’emprisonnement de 18 mois, dont 9 mois de sursis probatoire durant deux ans. Il a également demandé une obligation de soins, l’indemnisation des victimes et une interdiction de se rendre à l’hôpital Mignot durant trois ans.
Le verdict rendu par le tribunal est encore plus sévère puisque c’est une peine de 12 mois de prison ferme qui a été prononcée, avec mandat de dépôt, à laquelle il faut ajouter six mois de sursis probatoire durant deux ans à l’issue de son incarcération.
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