Après avoir violé plusieurs obligations ou interdictions prononcées par le juge aux affaires familiales, relatives au droit de visite du jeune enfant de ce couple en cours de séparation, ce Ruglois de 32 ans a téléphoné à son ex-compagne et l’a abreuvée d’insultes et de menaces pendant onze longues minutes.
« Je vais te casser la bouche. Tu fais la p…, j’espère que cela te rapporte. Je vais foutre tes parents dehors. Tu peux appeler les flics, je m’en bats les c…, etc.» Pour ces faits, il est également poursuivi pour violence morale sur ex-conjoint. L’homme compte déjà sept mentions au casier dont trois pour violences conjugales.
A lire aussi
Un habitant de l’Orne se venge de son épouse en diffusant des photos d’elle à caractère sexuel
La victime, une habitante de L’Aigle (Orne) exprime sa peur et son avocat indique « qu’elle veut simplement être tranquille ».
Pour le Parquet, les violences intra familiales sont bien constituées et ce, en état de récidive légale. Huit mois de détention aménagés sont requis, assortis d’une interdiction de contacts et d’une obligation de soin et de travail.
« Une mauvaise gestion des émotions »
Après avoir rappelé que « le client est parfois le pire ennemi de l’avocat » et fustigé l’attitude particulièrement désinvolte du prévenu au cours de l’audience, Maître Aline Bougeard indique que celui-ci souffre d’une « mauvaise gestion de ses émotions et de sa colère ».
Puis elle se lance dans une vigoureuse démonstration juridique pour convaincre le tribunal que les propos de son client ne constituent pas des violences morales comme l’affirme la prévention mais de simples menaces. Elle précise que le vocabulaire employé n’était pas de nature à traumatiser la victime dans la mesure où ce mode de communication était habituel au sein du couple.
Des réquisitions suivies par le Tribunal
Après avoir fait droit à la demande de la défense et requalifié les violences en menaces, le tribunal condamne le prévenu à huit mois de prison dont quatre mois assortis d’un sursis probatoire, la partie ferme étant aménageable.
Suivant le Parquet, il prononce également une obligation de travail et de soins ainsi que l’interdiction de tout contact.
Source link