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« Un coup de communication qui ne coûte pas une thune », dénoncent ces féministes

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Lundi 24 février 2025, lors du lancement de la distribution des 6 100 porte-clefs d’alerte par la Ville de Metz (Moselle), les Messines sont venues en nombre pour en récupérer, témoignant d’un puissant sentiment d’insécurité dans l’espace public.

Mais ces alarmes de poche sont-elles la solution à ce fléau ? D’après La Grenade, collectif féministe messin que nous avons interrogé, il ne s’agit rien de plus qu’ « un coup de communication qui ne coûte pas une thune ».

Porte-clefs d’alerte à Metz, une réelle utilité ?

Julie*, porte-parole du collectif, déplore l’inefficacité du dispositif : « J’en avais déjà un. En termes d’efficacité pure, vous pouvez l’activer dans la rue : les passants vont être surpris, ils vont se retourner, mais ils ne feront rien. »

L’objectif est de « contrer l’effet de sidération qui empêche de crier et de prévenir », argumente François Grodidier, maire de Metz, sollicité par Lorraine Actu.

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Et les minorités de genre ?

Pour le collectif féministe, ces « gadgets » doivent être pris comme « des petits plus, qui peuvent parfois rassurer », mais « qui ne résolvent en rien nos problèmes. »

Et puis, « ce n’est pas du tout inclusif », s’agace-t-elle, « le harcèlement de rue est aussi vécu par les minorités de genre ».

« Sur-responsabiliser » les potentielles victimes

Plus que l’inutilité présumée de ce dispositif, c’est le fond de la mesure qui « choque » La Grenade. « On sur-responsabilise encore une fois les potentielles victimes », analyse Julie.

Elle craint que lors de la prochaine agression, l’on entende des arguments culpabilisants : « Ah, mais elle n’était pas allée chercher son porte-clef » ou « Oui, mais elle n’avait plus de pile ». Des « critiques par l’absurde », répond l’édile.

« Capitaliser » sur l’insécurité des femmes

Le collectif féministe critique vertement ce marché des « gadgets » : « C’est un business sur la peur et sur les violences que nous vivons. »

Julie précise sa vision : « On utilise la peur des femmes, nos craintes, et on capitalise là-dessus. C’est juste dégueulasse. »

Quid des autres dispositifs présentés ?

Suite au viol d’août 2024 au parking Saint-Jacques, François Grosdidier avait annoncé de nouveaux dispositifs pour sécuriser les femmes dans l’espace public. Le collectif dénonce un simple « effet d’annonce ».

Les places de parking réservées aux femmes ? Encore de la « sur-responsabilisation ». Le réseau Angela ? « C’est la loi, ça s’appelle l’assistance aux personnes en danger. » La convention avec l’application The Sorority ? « On fait ce que devrait faire l’État. Et encore une fois, François Grosdidier ose se l’approprier. »

Le maire de Metz met en avant son arsenal principal contre l’insécurité : la vidéosurveillance et la police municipale 24h/24, « auxquels s’oppose systématiquement le collectif » qui fait preuve, selon lui, d’une « critique systématique ».

* Le prénom a été modifié



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