Home Politique Un conseil municipal sous tension à Gisors dans l’Eure

Un conseil municipal sous tension à Gisors dans l’Eure

17
0


De mémoire de journaliste, jamais un conseil municipal n’avait attiré un public si nombreux à Gisors (Eure).

Mardi 4 février 2025 dans la soirée, les portes de la salle des mariages où se tenait la séance sont restées grandes ouvertes.

Elles donnaient sur le vaste hall de la mairie, qui très rapidement, s’est avéré presque trop étroit pour contenir la foule venue suivre les débats.

Et surtout manifester son mécontentement après la fermeture du camping de la Ferme de Vaux par la municipalité, après plusieurs avis défavorables de la commission de sécurité.

Pancartes à la main, les manifestants sont restés calmes tout au long de la séance du conseil municipal. Leur présence massive a toutefois créé une ambiance électrique dans les rangs des élus.

Le hall de la mairie de Gisors a été rapidement envahi par les anciens résidents du camping de la Ferme de Vaux qui se sont mêlés aux autres membres du public, venus assister au conseil municipal. ©L’Impartial
Vidéos :

Pas un mot de la majorité

Si le groupe d’opposition a relayé le mécontentement des résidents dans l’une de ses prises de paroles, ni le maire José Cerqueira, ni les élus de la majorité n’ont évoqué lors du conseil le dossier de la Ferme de Vaux malgré la présence des manifestants dans le public.

De quoi agacer les résidents venus nombreux.

À l’issue de la séance, beaucoup d’entre eux réclamaient le droit de pouvoir de nouveau accéder à leur parcelle, et exigeaient le maintien d’un service de gardiennage sur le site.

Rappelons que plusieurs ex-résidents du camping ont déjà manifesté leur volonté de constituer une liste aux prochaines élections municipales.

D’ici là, ils ne s’interdisent pas «  de maintenir la pression à chaque nouvelle séance  » d’après l’un des résidents qui figuraient parmi les organisateurs de cette action en mairie de Gisors.

La présence massive anciens des « anciens » du camping de la Ferme de Vaux, n’a pas empêché la poursuite de l’agenda de la majorité municipale qui entame sa dernière année de mandat avant les élections municipales. Eugène Gimenez, adjoint aux finances, a présenté un rapport d’orientations budgétaires qui a vivement fait réagir le groupe d’opposition Gisors en commun (divers gauche).

Derniers projets du mandat

La majorité emmenée par le maire José Cerqueira (Horizons) affichait fièrement « un ratio de désendettement de 5,75 ans à la fin 2024, et un résultat positif de deux millions d’euros », se félicitant que « la municipalité dispose des marges nécessaires pour poursuivre ses investissements en 2025 ».

Concrètement, cette marge d’investissement se traduira par plusieurs projets de fin de mandat exposés lors du conseil municipal.

On retiendra en particulier l’aménagement de la place des Libertés, l’agrandissement de la Maison Mireille Pierson, la poursuite du plan trottoirs ainsi que le lancement de la consultation pour la concession d’aménagement du quartier de la gare.

« Ce projet d’aménagement concerté permettra la création de logements et d’activités économiques »

Eugène Gimenez, adjoint aux fiances
Privés de leur chef de file Anthony Auger, les élus du groupe d'opposition Gisors en commun ne se sont pas pour autant privés de vertement critiquer les orietations budgétaires de la majorité.
Privés de leur chef de file Anthony Auger, les élus du groupe d’opposition Gisors en commun ne se sont pas pour autant privés de vertement critiquer les orientations budgétaires de la majorité. ©L’Impartial

En l’absence d’Anthony Auger

Sans attendre, l’opposition bondit.

Dans les rangs du groupe Gisors en commun, une absence se fait pourtant remarquer.

Anthony Auger ne participe pas à la séance.

Le chef de file du groupe d’opposition s’est fait surprendre par le report de dernière minute du conseil municipal.

Initialement programmé le mardi 25 février, il avait été annulé et déplacé la semaine suivante.

« Ce n’est pas la première fois que cela se produit. Pouvons-nous avoir une explication, et est-ce possible de mieux s’organiser à l’avenir ? »

Pascal Rihet, conseiller municipal d’opposition

Le maire José Cerqueira avançait « un problème informatique pour l’envoi des convocations » sans plus de précisions.

Premier acte d’une passe d’armes dont l’intensité n’allait cesser de monter tout au long de la soirée.

« Une gestion inquiétante des finances »

Pascal Rihet poursuivait les hostilités avec une vive critique du budget.

« Vous affichez une gestion inquiétante des finances de notre ville avec des décisions prises seules, sans aucune concertation. La Ville va devoir se priver de 150 000 euros par an pour financer le pôle culturel. On subit dans le même temps une perte de recettes liée à l’arrêt du versement des loyers du camping de la Ferme de Vaux, avec un coût inconnu pour la remise en état du site. »

Et d’ajouter :

« J’en profite pour dire ici que les résidents ont été assez malmenés ! Arrêtez les verbalisations des résidents qui viennent récupérer des affaires sur place et remettez en place le gardiennage. Enfin, beaucoup de Gisorsiens se sentent oubliés. Les efforts sont uniquement concentrés sur le centre-ville. Face à l’incertitude de votre budget, et comme l’on se demande où vous irez chercher les financements, ce sont les Gisorsiens qui finiront par en subir les conséquences avec une baisse des services ».

José Cerqueira (à droite) et Alexandre Rassaërt (à gauche) échangent avec face à eux plsuieurs dizaines de résidents de la Ferme de Vaux venus exprimer leur colère.
José Cerqueira (à droite) et Alexandre Rassaërt (à gauche) échangent avec face à eux plusieurs dizaines de résidents de la Ferme de Vaux venus exprimer leur colère. ©L’Impartial

Le maire défend son budget

Une longue diatribe qui pousse le maire José Cerqueira à défendre en retour la politique portée par sa majorité.

« D’abord, je ne comprends pas où vous voyez un budget dégradé. Avec 2 millions d’euros d’excédent, et une réduction à 5,75 années d’endettement, les finances se sont au contraire considérablement améliorées depuis 2014. Du temps de vos anciens amis, avant 2014, on était sur plus de 40 années d’endettement ! Nous avons pu faire beaucoup de choses alors que nous avions récupéré une ville dans un triste état. Enfin, c’est vous qui divisez les Gisorsiens. Le centre-ville appartient à tous les habitants, il est normal d’y réaliser des aménagements. Quant aux services, le financement du CCAS (Centre communal d’actions sociales) est maintenu. Là non plus, je ne vois pas où vous pouvez détecter une dégradation des services… ».

« Vous vous opposez sur tout ! »

Promettant « de rester calme et factuel », l’ancien maire (ex-LR) de Gisors, Alexandre Rassaërt, devenu premier adjoint pointe du doigt pour sa part l’opposition systématique du groupe Gisors en commun.

« La crédibilité d’une opposition réside dans le fait de pouvoir admettre et soutenir les actions jugées positives, même si elles viennent de la majorité. Vous ne le faites jamais. Vous vous opposez sur tout sans jamais proposer de contre-budget. Allez-y, dites-nous, de manière précise et chiffrée quel autre budget vous auriez proposé. Une opposition qui passe tout le mandat à systématiquement contester la politique de la majorité n’est pas crédible. On ne peut pas avoir tort sur tout. Ce n’est juste pas possible ! »

Sans surprise, les élus de l’opposition n’apportent pas leur vote aux grandes orientations du rapport budgétaire. Avec déjà dans toutes les têtes l’échéance des élections municipales de 2026 qui s’invite dès à présent dans les débats du conseil municipal de Gisors.



Source link

LEAVE A REPLY

Please enter your comment!
Please enter your name here