La décision a eu l’effet d’une bombe. Ce lundi 31 mars 2025, la présidente du groupe Rassemblement national (RN) à l’Assemblée nationale, Marine Le Pen, a été condamnée par le tribunal correctionnel de Paris à quatre ans de prison, dont deux fermes avec bracelet électronique et cinq ans d’inéligibilité avec exécution provisoire, ainsi qu’à une amende de 100 000 euros dans l’affaire des assistants parlementaires européens.
« C’est clairement une atteinte aux libertés de tous »
De fait, cette décision entraîne l’élimination immédiate de Marine Le Pen du premier tour de la présidentielle 2027. À la suite de cette nouvelle, les réactions ont évidemment fusé en nombre du côté du RN aux quatre coins de l’Hexagone. Et c’est le cas notamment dans le département de l’Isère.
Pour cause, au lendemain de la condamnation de Marine Le Pen, Alexis Jolly, député RN de la 6e circonscription de l’Isère, s’est montré consterné. « C’est un choc parce que maintenant les Français vont être privés de la potentielle future présidente. Dans le dernier sondage paru dans les médias, elle figurait loin devant en tête. Ce n’est pas un hasard. C’est clairement une atteinte aux libertés de tous », a-t-il réagi auprès d’actu Grenoble.
Selon le député isérois, la sanction prononcée à l’encontre de Marine Le Pen est « injustifiée », ajoutant qu’il ne s’agit nul autre que « d’une attaque du système qui continue de se défendre comme il le peut », déplore-t-il.
« La motivation des juges est d’empêcher Marine Le Pen d’accéder au pouvoir »
Outre une condamnation jugée « beaucoup trop sévère », Alexis Jolly regrette également un certain manque de neutralité de la part des juges dans cette affaire. « C’est évident qu’il s’agit d’une décision partiale et à caractère politique de la part des juges », martèle le député.
Même son de cloche du côté de Thierry Perez, député de la 10e circonscription de l’Isère. « C’est une décision qui a été motivée parce que Marine Le Pen est aux portes du pouvoir. Mais, malheureusement, la justice, pour une raison uniquement idéologique, en a décidé autrement. La démocratie a été exécutée en privant des millions de Français de faire un choix éclairé en 2027 », se plaint-il auprès d’actu Grenoble.
Dans le détail, la juge a motivé sa décision en invoquant un « trouble à l’ordre public » et un risque de récidive, justifiant selon elle l’éviction de Marine Le Pen dans la course à l’Élysée. Ce qui n’a pas manqué de faire bondir Alexis Jolly.
Il est clair que la juge a pris en compte l’aspect de la campagne présidentielle dans son jugement. Si les élections n’avaient pas été aussi proches, la décision n’aurait pas été telle qu’elle est aujourd’hui.
Et ce dernier de poursuivre : « Vous ne m’enlèverez pas de la tête que nous sommes face à un coup politique et qu’ils feront tout pour nous empêcher de gagner. Même si on gagne en 2027, ils nous empêcheront d’accéder au pouvoir, c’est certain. Rien ne nous sera épargné », se désole-t-il, prenant exemple de la Roumanie, dont la Cour constitutionnelle a rejeté le 11 mars dernier l’appel du candidat d’extrême droite à la présidentielle, Calin Georgescu, l’excluant définitivement de la course.
« Nous sommes prêts à nous battre »
Avec l’éviction de la candidate naturelle à la présidentielle, quel est donc l’avenir du RN ? Malgré le camouflet, Thierry Perez ne se dit pas démoralisé pour autant. « Nous sommes prêts à nous battre par toutes les voies légales que ce soit sur le plan juridique ou législatif. Au final nous vaincrons. »
En tout cas, face à cette désillusion, Alexis Jolly espère que « cette décision judiciaire va réveiller quelque chose de plus profond chez le peuple français », estimant qu’actuellement « ils sont dirigés par des gens qui leur veulent du mal et non du bien ».
Les membres du RN « en payent aujourd’hui le prix »
Et forcément, de l’autre côté de l’échiquier politique, la décision rendue par le tribunal a été bien accueillie. En effet, un bon nombre d’élus se sont réjouis à travers la France, mais peu se sont visiblement manifestés en Isère, à part le maire EELV de Grenoble, Éric Piolle, lequel a seulement relayé une réaction de son parti sur les réseaux sociaux, indiquant que les membres du RN « en payent aujourd’hui le prix ».
À noter que Marine Le Pen a annoncé faire appel de la décision. Seulement, afin qu’elle puisse revenir dans la course à l’Élysée, il faudrait alors que la décision de la cour d’appel soit prononcée en amont des élections, mais surtout qu’elle soit plus indulgente que celle rendue en première instance.
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