Né à Gaza et menant une vie d’errance, un homme a été reconnu coupable d’une série de cambriolages avec effraction, commis à Cahors entre 2019 et 2023. Arrêté après des années d’enquête, il est désormais sous le coup d’un jugement d’expulsion du territoire national après une incarcération de 7 mois.
Des traces relevées, mais une enquête complexe
Un homme âgé de 51 ans (A.), né à Gaza et s’exprimant dans un français approximatif, a comparu devant le tribunal correctionnel de Cahors, ce jeudi 27 mars 2025, suite à une série de vols par effraction, commis dans des habitations de Cahors.
Interrogé par la présidente Anne-Charlotte Briat, le prévenu indique qu’il dépend du Centre communal d’action sociale de la Ville. Il lui est reproché d’avoir commis un kyrielle de vols et de tentatives de vols… entre le 21 décembre 2019 et le 28 octobre 2023. Au nombre des objets manquants dans les habitations visitées figurent des bijoux, de l’outillage, un vase, du vin et des alcools forts, des appareils multimédias, de l’argent liquide…
Même mode opératoire à chaque fois ! (A.) repérait une maison sur le territoire de la commune de Cahors, sans occupant. Il dégradait la porte d’entrée, brisait la vitre, le tout à mains nues, quitte à laisser des traces, parfois des gouttes de sang. La plupart du temps, ce sont les voisins qui ont alerté les propriétaires de ces visites indélicates, avant que la police nationale soit contactée. Mme Briat, passe en revue les faits reprochés à (A.) :
– le 28 février 2019 : alors que les propriétaires se trouvaient à Paris, la porte d’entrée de l’habitation est cassée, une vitre brisée et l’ensemble des pièces visitées. Couteau et tournevis sont retrouvés sur place… Des empruntes sont relevées, mais le profil génétique n’est pas déterminé…
– le 23 décembre 2019 : un vol est signalé dans la maison d’une dame, qui vient d’être placée en Ehpad ; vitres brisées et gouttes de sang relevées. Les lieux avaient été vidés, donc pas de vol. Le profil génétique n’aboutit pas, lui non plus, à une identification,
– avenue Henri Martin, une nouvelle habitation est visitée en l’absence des propriétaires, sans que soit recensé de vol. Les enquêteurs relèvent des traces, mais ne parviennent pas non plus à dresser de profil génétique,
– le 14 février 2022, chez une personne âgée qui venait d’être transportée à l’hôpital, est survenu un vol avec effraction de la porte d’entrée, bris de verre… Sont relevés une série de vols : divers bijoux dont bracelets, gourmettes et 600 € d’argent liquide. Là encore, des traces sont prises en compte, mais les enquêteurs ne parviennent toujours pas à établir de profil génétique,
– le 17 février 2022, encore un vol avec effraction dénoncé dans une maison de Cahors, avec vol d’une ménagère en argent, des alcools… Les traces relevées ne permettent toujours pas d’identifier l’individu contrevenant,
– le 6 juin 2022, une dame est alertée par des voisins, comme quoi sa résidence vient d’être visitée… mais les empreintes relevées n’aboutissent pas à une identification.
– le 9 juillet 2023, encore une maison cambriolée avec vol de bijoux, parfums, une tronçonneuse… mais toujours pas suffisamment d’éléments pour mettre la main sur le malfaiteur.
Le dénouement de cette série noire de cambriolages sur Cahors trouve son dénouement le 28 octobre 2023, à l’occasion du vol par effraction de la porte d’entrée d’une maison secondaire, au sein de laquelle sont dérobés de l’outillage, un téléphone portable, des cartes d’identité et passeports, appareils photos… Cette fois-ci, les éléments recueillis par les enquêteurs permettent de remonter à (A.). Et il apparaît « hautement probable » que l’auteur de ces derniers faits, soit la même personne que celle qui a commis les 6 cambriolages précédents.
Placé en garde à vue le 4 octobre 2024, (A.) reconnaît être entré dans les différentes habitations évoquées précédemment, mais « sans avoir volé » soutient le mis en cause devant les enquêteurs.
Le prévenu se défend d’avoir volé
Même ligne de défense à la barre pour (A.), qui déclare avec ses mots : « Moi entrer, moi dormir, moi pas voler ! » Sous le feu des questions de la présidente, (A.) finit par admettre qu’il a pu forcer la porte une fois ou l’autre… Mordicus, il répète n’avoir rien volé. Il explique qu’il fallait bien qu’il dorme en quelque part, vu que dans les locaux d’accueil d’urgence, il n’y avait plus de place. Il se fait comprendre pour réfuter tous les vols reprochés. Il indique qu’il n’aurait rien pu faire avec les objets volés, vu qu’il vit en France en situation irrégulière. Il précise qu’il est en France depuis 10 ans et sur Cahors depuis 7 ans. Il affirme se plaire à Cahors : « Moi plais bien à Cahors ! » Il dit aller de gauche à droite sans avoir d’autres possibilités de vivre autrement. Avant d’atteindre l’hexagone, il aurait erré d’un pays à l’autre à travers l’Europe. Il serait sans famille. Et il termine : « Je cherche quelqu’un qui pourrait m’aider ! »
L’une des victimes de ces infractions vient témoigner à la barre pour dire que son habitation avait été mise sens dessus dessous : « ce n’est pas le comportement de quelqu’un qui chercherait à dormir » lâche-t-il. Au demeurant cette victime ne demande pas de dommages et intérêts, sa compagnie d’assurances ayant pris en charge les dégâts occasionnés. En revanche une autre de ces sept victimes relève que le montant des dégâts et pertes occasionnés par le vol avec effraction serait estimé à plus de 11 700 €, dont seulement 3 000 € pris en charge par les assurances. Elle demande 15 000 € au titre du préjudice matériel et 500 € au titre du préjudice moral.
Une condamnation ferme et une expulsion du territoire
Mme Vallat, au nom de la Procureure de la République du Lot, s’élève contre le mode de vie du prévenu « qui ne vit que de larcins » sur le territoire de la commune de Cahors, alors qu’il existe des organismes d’accueil et de soutien pour les personnes en situation de précarité, pour trouver un logement, un travail… Elle requiert 7 mois de prison, avec interdiction du territoire national pour une durée de 5 ans.
Pour sa défense, (A.), qui n’avait pas sollicité d’avocat, revient à la barre pour déclarer qu’il attend une carte de séjour et du travail, répétant : « moi jamais volé » !
Après en avoir délibéré, le tribunal a reconnu (A.) coupable des faits reprochés et en répression l’a condamné à une peine de 7 mois de prison ferme, assortie d’une interdiction définitive du territoire national. Les parties civiles qui avaient déposé une demande d’indemnisation se voient attribuer l’une 2 260 €, l’autre 1 500 € au titre du préjudice matériel et 500 € au titre du préjudice moral. (A.) dispose d’un délai de 10 jours pour interjeter appel.
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