Dans le cadre du Plan d’action départementale de restauration de la sécurité du quotidien, qui vient d’être présentée par la préfecture de Seine-et-Marne, la police nationale œuvre tous les jours contre les trafics de stupéfiants, en particulier à Melun. « Chaque jour, des personnes payent le prix de la drogue qui est achetée, les consommateurs doivent savoir ce qu’ils risquent quand ils viennent à l’Almont, souligne le commissaire divisionnaire, Jérôme Georges. Les habitants sont excédés et sont très contents de nous voir tous les jours, ils nous remercient ! »
En effet, le quartier de l’Almont fait l’objet d’une attention particulière des pouvoirs publics. Depuis 2025, la violence est montée d’un cran avec l’utilisation répétée d’armes à feu, dans le but de s’approprier le point de deal. Face à cette situation, différentes mesures ont été prises. Une enquête judiciaire a notamment permis l’interpellation de nombreux individus et à l’incarcération de neuf d’entre eux. « Par ailleurs, nous menons des interpellations quasi quotidiennes des vendeurs du jour, qui sont souvent des mineurs déscolarisés, voire en foyer », précise la police.
La police verbalise systématiquement les usagers du quartier de l’Almont
Les usagers ne sont pas oubliés, avec le quadrillage du quartier tous les jours, suivies d’interpellations et de verbalisations systématiques. En février, 75 personnes ont reçu une amende forfaitaire délictuelle (AFD), 39 en janvier, et 21 depuis le début du mois de mars. « Toutes les catégories socioprofessionnelles sont représentées, du SDF à l’avocat, en passant par l’ouvrier, constate le commissaire divisionnaire. Il n’y a aucune indulgence envers quiconque. » Ainsi, en février, c’est un avocat du barreau des Hauts-de-Seine, père de famille, qui a été appréhendé avec un enfant de 3 ans dans les bras.
Selon les statistiques menées sur un échantillon de 170 AFD, 55 % des acheteurs sont de Melun, dont 8 % du quartier de l’Almont. 31 % viennent du reste de la Seine-et-Marne et le reliquat de 14 % vient d’autres départements d’Île-de-France ou d’ailleurs.
A Melun, les consommateurs de drogues risquent jusqu’à 450 € d’amende
Les consommateurs sont surveillés puis arrêtés à la sortie du quartier de l’Almont. L’amende minorée est de 150 € sous 15 jours, de 200 € dans les 45 jours, et de 450 € si elle est majorée. C’est pratiquement le même tarif pour les clients en attente de produits, verbalisés pour occupation illicite des halls d’immeuble (mais avec une amende majorée de 400 €).
Rien que pour la journée de ce mardi 11 mars, les policiers ont délivré 6 AFD, dont l’une à une jeune femme qui venait d’une ville proche de Melun. « On harcèle les usagers, qui sont présents à toute heure du jour et de la nuit, termine le commissaire Georges. Certains ont conscience de la portée de leur acte mais d’autres s’en moquent complètement. Il faut pourtant savoir que le trafic génère d’importantes nuisances, avec la présence de vendeurs dans les halls et escaliers des immeubles et de guetteurs autour de la dalle Claude-Bernard. Les habitants sont agressés verbalement et intimidés, leur habitat est dégradé par les détritus et le vandalisme, ce qui génère un sentiment d’insécurité. »
Source link