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« tout explose » pour les syndicats de police

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En un mot : attendu. Les chiffres de l’insécurité et de la délinquance pour l’année 2024 à Grenoble, publiés jeudi 27 mars par les services statistiques du ministère de l’Intérieur, n’étonnent pas les syndicats de police isérois, contactés par la rédaction d’actu Grenoble.

« Tout explose, il y a très peu de choses en baisse. Je ne peux que vous confirmer ces statistiques, lance Stéphane Gianesello, secrétaire départemental adjoint Alliance Police nationale Isère. Je crois bien que, sur le département, on est dans le top 3 à la vue du nombre de fusillades et de blessés par balles… »

« Il y a une recrudescence des actes criminels »

Même constat à UN1TÉ 38, autre syndicat de police. « Le sentiment de fond du policier de terrain, c’est qu’il y a une recrudescence des actes criminels », assure Brice Gajean, secrétaire départemental du syndicat.

Une hausse qui va de pair avec « une banalisation de l’acte violent » avec des armes à feu, et plus uniquement des armes blanches, beaucoup plus faciles à trouver aujourd’hui. « Ça s’est démocratisé. Quand les individus ont plus de facilité à en trouver, forcément, les faits violents sont de plus en plus nombreux. »

Entre des fusillades récurrentes ou des actes plus violents comme la récente attaque à la grenade ou l’exécution sur l’A41 d’un ex-membre de la pègre locale en plein jour, les limites semblent inexistantes pour les délinquants grenoblois.

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Il ne faut pas se leurrer : aujourd’hui, dans certaines villes, comme Grenoble, on fait face à une délinquance désinhibée et débridée. C’est n’importe où et n’importe comment.

Stéphane Gianesello, secrétaire départemental adjoint Alliance Police nationale Isère

« On est fatigués »

Des actes qui ajoutent à la charge de travail des policiers grenoblois.

« On a toujours répondu présents, mais on est fatigués mentalement et physiquement, insiste Stéphane Gianesello. Une fusillade, c’est un gros travail d’enquête. Alors quand vous en avez une par semaine, ce n’est pas tenable…« 

Il y a aussi la question de la sécurité sur le terrain des agents, confrontés à des individus de mieux en mieux préparés et armés. « On a un armement qui peut être obsolète, même si des efforts ont été faits. On est soumis au code pénal pour utiliser nos armes, on ne peut pas les utiliser n’importe comment comme eux », rappelle Brice Gajean.

Des effectifs supplémentaires demandés

Depuis un certain temps, l’ensemble des syndicats réclament des moyens supplémentaires, matériels et effectifs, qui tardent à venir.

« Pour mettre un réel frein à cette délinquance qui augmente, il faut aussi une réponse pénale ferme » avec des peines justes et effectuées, notamment contre le narcotrafic, souligne Stéphane Gianesello. « On dit qu’on va lutter contre, mais il va y avoir des individus laissés libres pendant un an en attendant de passer devant la justice, qui vont continuer leur trafic. »

Les deux policiers ne se font pas trop d’illusions quant aux prochaines études sur la délinquance à Grenoble, si « rien ne change ». « Ou il faut une intervention du Saint-Esprit ou il faut des effectifs supplémentaires avec de nouvelles politiques » gouvernementales en matière de sécurité, résume ironiquement Brice Gajean.



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