« Tenez-vous bien, monsieur, on n’est pas dans un bar », reprend la présidente du tribunal. À La Roche-sur-Yon, jeudi 20 février, cet homme de 53 ans, avachi sur la barre comme sur un comptoir, a été jugé pour conduite sous l’emprise d’alcool en récidive. Les faits remontent au 29 août 2023 à Aubigny-les-Clouzeaux.
« Vous buvez avant de conduire »
Déjà cinq mentions à son casier judiciaire pour des infractions similaires, le multirécidiviste tente de se justifier une énième fois. « J’ai bu avec un collègue à la fin du travail et je devais le ramener, mais on est tombé en panne. »
Et la présidente de reprendre : « Le problème n’est pas tant le véhicule, mais le fait que vous buvez avant de prendre le volant. »
« Une petite bière »
« Avez-vous un problème avec l’alcool monsieur ? » « Non », répond le prévenu avant de détailler sa consommation hebdomadaire à la demande de la magistrate. « Je bois une petite bière tous les jours après le travail. Et une petite bière le week-end. Puis, il y a la petite bière qui vient derrière. »
« Faut-il vous envoyer en prison pour que vous compreniez ? » interroge la présidente.
À la suite de sa panne, le conducteur a été contrôlé positif à l’alcool : 0,5 mg/l d’air expiré. Soit deux fois plus que la limite légale autorisée. « C’est un peu plus que trois ou quatre bières, et il en sait quelque chose », rétorque la procureure avant de s’indigner face à de tels comportements. « Les routes de Vendée le savent mieux que quiconque. » La magistrate requiert quatre mois d’emprisonnement.
« On arrête l’alcool avant de conduire ! »
« Si monsieur était ivre très régulièrement, il aurait perdu son travail », argumente l’avocate du prévenu en notifiant que sa dernière infraction en date remonte à 2019. En CDI (Contrat à durée indéterminée) depuis 2022 en tant que cariste (conducteur de chariot élévateur), la défense plaide un aménagement de peine de sorte que son client puisse conserver son travail.
Finalement, le quinquagénaire est condamné à six mois de bracelet électronique, à l’annulation de son permis de conduire ainsi qu’à l’interdiction de le repasser dans un délai de six mois. Sur le point de quitter la salle, la juge l’a interpellé : « Et monsieur, on arrête l’alcool avant de conduire ! »
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