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son ex refuse qu’il voie son fils, il la harcèle et la menace

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Au tribunal de Lille, le 21 janvier, un homme de 56 ans a été jugé en comparution immédiate pour harcèlement. Les faits remontent à l’été 2024, après que son ex-conjointe a refusé qu’il voie son fils. Depuis, l’homme, un restaurateur du centre-ville lillois, a “pété un plomb” et la harcèle : menaces de mort, insultes, “appels incessants”. La femme a porté plainte à plusieurs reprises. L’affaire ajoute une quarantième mention au casier judiciaire du prévenu. Récit.

“Je vais la tuer je crois, je te jure je vais la tuer”

Le 24 août 2024, la police municipale intervient en début d’après-midi dans un restaurant du centre-ville de Lille. Des employés ont donné l’alerte après avoir entendu des injures de la part du gérant à l’encontre son associée, aussi son ex-conjointe. Celle-ci confirme avoir été menacée de recevoir “une balle dans la tête”. Son ex-compagnon lui reproche d’avoir ouvert le restaurant sans sa permission. La veille, il avait en effet ordonné la fermeture de l’établissement, sans raison apparente. Deux jours plus tard, l’homme de 56 ans paraît au domicile de son ex-femme, prétextant un motif professionnel.

Pour elle, c’est la fois de trop. Elle appelle la police et porte plainte pour harcèlement. Les faits durent depuis plusieurs mois : insultes, menaces de mort, “appels jour et nuit”. Patrons d’un restaurant lillois, les deux sont contraints de garder contact pour assurer l’activité de commerce. Une situation que la femme “regrette”, après avoir déjà déposé plainte en juillet 2022 pour violences conjugales. Aux policiers, elle décrit un homme qui a “l’habitude de l’insulter quand il est alcoolisé”.

Un “comportement réitéré” confirmé par des employés, qui eux aussi se disent menacés par le prévenu. “L’ambiance s’est dégradée, il cherche toujours la petite bête. Il nous menace de nous virer, nous rabaisse et nous insulte. Son ex aussi, devant les clients parfois”, atteste un serveur. Plusieurs fois, certains ont entendu l’homme de 56 ans menacer de mort son ex-compagne : “Salope, je vais t’arracher la tête !” ou encore “Je vais la tuer je crois, je te jure je vais la tuer.”

Au tribunal, le président évoque également des “appels incessants”. Entre juin et octobre 2024, 2 795 appels ont été relevés entre eux dont uniquement 259 provenant de la victime. “On doit communiquer, on travaille ensemble ! Je suis obligé de faire certaines choses”, justifie le prévenu à la barre. Le président n’est pas convaincu, rappelant des appels au milieu de la nuit.

“Je me suis senti agressé, j’ai pété les plombs”

Après une relation 7 ans et demi et la naissance de leur fils, le couple se sépare en 2021. La question de la garde de l’enfant a alors “mis le feu aux poudres”. À la barre, le prévenu explique un “accord de principe”, que son ex-compagne n’aurait pas respecté en refusant qu’il voie son fils. “Je me suis senti agressé, je voulais voir mon petit garçon.” Placé sous contrôle judiciaire le 23 octobre 2024, le prévenu ne respecte pas l’interdiction d’entrer en contact avec la victime. Dès le lendemain matin, il réitère les appels et SMS. La femme porte à nouveau plainte cinq jours plus tard.

S’il reconnaît à demi-mot les faits, il accable tout de même son ex-conjointe : “Elle est gentille mais elle a son caractère. Elle est un peu violente.” Selon lui, c’est à cause d’elle que son contrôle judiciaire a été prolongé. “J’avais de la rancœur, j’étais en colère.” Détenu provisoirement, il explique que la prison “n’est pas son domaine”. “Je suis mélangé à des fous, des psychopathes. Ça me fait peur, je veux une vie normale. » Il concède tout de même que ça l’“a fait réfléchir” : “J’ai dû la traumatiser, je m’en rends compte.”

“Elle a été harcelée nuit et jour de toutes les manières possibles”

“Il sait très bien parler de lui et minimiser les faits”, déclare l’avocate de la victime, reprochant au prévenu de ne pas avoir présenté d’excuses. Elle rappelle les “agressions multiples” que sa cliente a subies pendant des mois. “Elle a été harcelée nuit et jour de toutes

les manières possibles. Il n’y avait aucun répit pour Madame !” Elle dépeint une femme “épuisée”, souffrant de “syndromes post-traumatiques” et de “troubles du sommeil”. Elle demande alors 1 200 € de dédommagement.

L’avocat du prévenu, quant à lui, rappelle la personnalité “atypique” de son client et défend un “père privé de tout droit, tout contact”. Selon lui, la garde de l’enfant est le principal problème à résoudre.

L’avocat demande au tribunal une “peine modérée” afin d’“apaiser les choses”. Au regard des 39 mentions déjà présentes sur le casier judiciaire du prévenu, la procureure décrit un homme qui ne “prend pas en compte l’interdit, ni les conséquences de ses actes”. Selon elle, il est pourvu d’une “ambivalence” et d’un “aspect menaçant” qu’il faut “sanctionner”.

Elle requiert donc une peine de 24 mois d’emprisonnement sous bracelet électronique, dont 18 mois de sursis probatoire. Le parquet demande également pour le prévenu une obligation de soins psychologiques et l’interdiction de reprendre contact avec la victime.

Par Zoé Hondt



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