Home Faits Divers « Si je pouvais revenir en arrière… »

« Si je pouvais revenir en arrière… »

29
0



Il est 21 h 30 ce samedi 21 octobre 2023, quand le drame se déroule sur une petite route de la campagne de Loudéac (Côtes-d’Armor).

Il fait nuit, il bruine, la chaussée est humide.

Peugeot 208 contre BMW

Une Peugeot 208 conduite par une jeune fille de 18 ans est soudain percutée de plein fouet par une BMW venant dans l’autre sens, conduite par un jeune homme de 19 ans.

On ne sait toujours pas aujourd’hui pourquoi la berline allemande s’est déportée sur sa gauche.

Mais ce qui est clair, au vu des expertises, c’est que c’est bien elle qui est venue emboutir la 208 au point que les parties avant des deux véhicules sont littéralement broyées.

Vidéos :

Les secours n’ont rien pu faire pour Lorie Le Bouffos.

À ses côtés, son frère, qui n’a que 13 ans, n’est pas loin de la mort. Transporté en urgence absolue au CHU de Pontchaillou à Rennes, non sans séquelles, il a survécu.

Vitesses normales mais choc ultra-violent

Le conducteur de la BMW aussi.

Et il a comparu, mardi 11 mars 2025, devant le tribunal correctionnel de Saint-Brieuc (Côtes-d’Armor), où se trouvait également la famille de la victime.

L’expert a pu estimer les vitesses des deux voitures. Elles sont quasiment similaires et sans excès : 71 km/h pour la BMW du prévenu, 66 km/h pour la Peugeot.

Mais ce n’est pas tout. Au moment du choc, le véhicule de la victime a effectué un recul de 8 mètres alors que celle du prévenu a continué d’avancer sur cette même distance.

Dans un premier temps, celui-ci réitère les propos tenus aux enquêteurs. Pour lui, le véhicule qui arrivait face à lui était en pleins phares et roulait à vive allure.

Au cours de l’audience, ses déclarations évoluent : finalement, c’est plutôt le sentiment qu’il avait eu lors de l’accident. Mais aujourd’hui, il reconnaît être, en grande partie, responsable de l’accident.

Arrivé en France deux mois avant l’accident

Né en Roumanie en 2005, le jeune prévenu est arrivé sur le territoire français en août 2023. Il avait obtenu son permis de conduire deux mois plus tôt dans son pays natal.

À l’audience, c’est avec l’assistance d’une interprète qu’il suit les débats et répond aux questions. Il ne peut expliquer pourquoi il s’est déporté sur la gauche.

Un véhicule non assuré

Le véhicule conduit par le prévenu appartenait à son beau-père, également ressortissant roumain, non titulaire du permis de conduire.

Cette BMW a été achetée au 1er octobre 2023, mais les documents administratifs ne sont pas en règle, aucune assurance n’a été contractée.

La famille de la victime présente

Les parents et les deux frères de la victime sont assis au premier rang de la salle d’audience.

La photographie de la jeune fille décédée est posée devant eux, face au tribunal.

Une émotion palpable qui se communique à toute la salle d’audience.

Le père de famille prend la parole. Il a préparé un écrit mais, figé par l’émotion qui l’envahit, il lui faut quelques instants avant d’être capable d’en faire la lecture.

Il décrit une jeune fille devenue jeune femme, pleine de vie, souriante, sûre d’elle, pour qui la vie commençait…

Pour son frère, les souffrances physiques sont quotidiennes. Les douleurs psychologiques resteront à jamais : « Sa sœur lui manque, comme à nous tous ».

Pour terminer, il évoque des propos qu’il attribue à sa défunte fille : « Soit il prend la parole pour dire la vérité, soit il va se faire foutre ».

Son épouse précise ensuite : « Le temps s’est arrêté pour nous, on passe tous les jours sur cette route ! On veut savoir ce qu’il s’est passé. »

Les regrets du prévenu

La présidente donne la parole au prévenu. « Je m’en veux énormément. Si je pouvais revenir en arrière… » déclare-t-il par la voix de son interprète.

L’avocate de la famille indique que le règlement des dommages et intérêts fait l’objet d’un arrangement à l’amiable entre l’assurance de la famille et le fonds de garantie pour les victimes. Ceux-ci se retourneront ensuite vers le chauffard pour obtenir remboursement.

Après délibérations, le tribunal condamne le prévenu pour homicide et blessures involontaires, à une peine de trois ans d’emprisonnement dont deux assortis du sursis.

Il purgera l’année ferme sous bracelet électronique.

Une amende de 600 € lui est infligée pour le défaut d’assurance.

Il lui est également interdit de conduire tout véhicule pour une durée de deux ans.

À cela s’ajoute une somme de 1 500 € afin de couvrir les frais d’avocat des parties civiles.



Source link

LEAVE A REPLY

Please enter your comment!
Please enter your name here