Home Faits Divers sa famille cambriolée pendant son sommeil, « l’envie de crier ma colère »

sa famille cambriolée pendant son sommeil, « l’envie de crier ma colère »

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Il est 4 h 04, dans la banalité d’une nuit de novembre, au beau milieu d’un lotissement tranquille à Retiers (Ille-et-Vilaine). Soudain, trois hommes, cagoulés, gantés et vêtus de noir de haut en bas, viennent briser l’obscurité pour se présenter devant la porte du domicile des Dogan.

Ils ont visiblement déjà repéré les lieux, rasent les murs et évitent surtout de jeter un œil au-dessus de l’entrée. Ils se savent filmés. Les enregistrements laissent poindre quelques murmures à peine perceptibles.

« Ne regarde pas cette caméra », croit-on entendre de la bouche de l’un des cambrioleurs. L’un d’eux parvient à entrer, les deux autres patientent.

Un cambriolage en six minutes

« Dans la maison, on ne sait pas ce qu’il a fait puisque la seule caméra de la maison est à l’extérieur, rembobine Ramazan Dogan, plus de trois mois plus tard. J’imagine qu’il a fait le tour du salon. Est-il monté à l’étage ? Je préfère ne pas y penser. Heureusement que l’on dormait. Que se serait-il passé si ma femme, moi ou l’une de mes deux filles était descendu voir ce qui se passait en bas ? »

Le malfrat a réussi à se défaire du barillet en bien moins de temps qu’il a fallu au serrurier pour réparer les dégâts ensuite.

À 4 h 10, six minutes après leur arrivée devant le domicile des Dogan, les trois cambrioleurs ont mis les voiles.

Le butin ? Simplement un sac à main, chipé à Neslihan, la femme de Ramazan Dogan, avec ses papiers d’identité, le badge d’ouverture du garage, 30 euros en liquide, et une carte bancaire qui n’a plus jamais servi après cette nuit du 12 novembre.

30 euros en liquide

La belle voiture garée à l’entrée de la maison n’a pas bougé. C’est simplement un courant d’air inhabituel au niveau de la porte, au petit matin, alors que les deux filles de 13 et 10 ans se préparent pour partir à l’école qui a révélé l’évidence : la famille Dogan a été cambriolée alors qu’elle dormait paisiblement.

Ramazan Dogan. ©Mathéo Girard

« On se sentait en sécurité ici et on n’a pas forcément pensé à activer l’alarme. On a reçu des notifications sur le téléphone mais on était en silencieux », reconnaît Ramazan Dogan (41 ans) chef d’une entreprise spécialisée dans le gros œuvre sur des logements collectifs à Janzé.

Dans les heures qui suivent, le sentiment est terrible. J’ai eu la sensation d’avoir échoué à ma mission qui est de protéger ma famille.

Ramazan Dogan

Au petit matin, il contacte la gendarmerie, qui était visiblement déjà appelée sur un autre cambriolage dans les environs.

Serait-ce les mêmes malfaiteurs ? Il se rappelle aussi qu’un individu avait voulu ouvrir les portes de son véhicule alors que sa famille était sur la route des vacances, en janvier 2023.

Préjudice moral

« Trois mois après, beaucoup de questions restent sans réponse. Peut-être qu’on avait été observés pendant des jours auparavant ? Peut-être qu’ils sont montés à l’étage ? On ne sait pas ce qu’ils cherchaient. Le préjudice n’est pas matériel, mais il est moral. »

Lors des jours qui ont suivi, ses deux filles ont posé beaucoup de questions sur ce cambriolage, et se sont aussi imaginé de telles choses que les parents se sont résolus à leur montrer les images de vidéosurveillance.

C’est dur, quand on me demande, « papa, est-ce qu’ils vont revenir les cambrioleurs ? » Il faut les rassurer, mais c’est difficile de se rendre compte que même dans une petite ville comme Retiers, on n’est pas en sécurité.

Ramazan Dogan

Quant à Neslihan, elle reste traumatisée par le home-jacking et n’a pas souhaité témoigner en compagnie de son mari.

« Après ça, ma femme m’a dit « on part, on s’en va ». Mais cette maison, on l’a faite construire et c’est notre rêve, l’aboutissement d’un projet de vie. J’ai eu envie de crier ma colère à tout le monde. Aujourd’hui, on remonte doucement la pente. Avec le temps, c’est de mieux en mieux. »

En attendant les suites de l’enquête de la gendarmerie de Janzé – sans se faire trop d’illusion au regard du préjudice matériel – les Dogan ont pris leur décision : ils vont rester.

« Parce que s’en aller, ce serait leur donner raison. »



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