L’Assemblée nationale a voté, mercredi 2 avril 2025, en faveur de la régulation de l’installation des médecins, mesure phare de la proposition de loi visant à lutter contre les déserts médicaux que les députés ornais ont élaborés avec des députés de tous bords autour de Guillaume Garot, député de la Mayenne, auteur de cette proposition.
« Une première victoire »
« Après trois années de travail trans-partisan, ce vote est une première victoire et marque une avancée significative pour nos territoires », déclarent Chantal Jourdan et Jérôme Nury, dans un communiqué de presse rédigé au lendemain du vote.
La régulation de l’installation ne sera pas « une mesure miraculeuse immédiate », mais « elle permettra de mieux répartir les médecins sur les territoires, favorisant l’égalité de l’accès aux soins pour nos concitoyens ».
« En termes d’incitations, on a tout essayé ! »
Jérôme Nury, député de la 3e circonscription de l’Orne, est monté au créneau au cours des débats pour défendre ce texte : « Je suis élu d’un territoire l’Orne, qui est en urgence absolue sur les problèmes d’accès à la santé. Et depuis 15 ans, tout a été essayé pour faire venir des médecins : des incitations financières, des exonérations d’impôts, des locaux flambant neufs portés par les collectivités locales, des bourses aux étudiants… Bref en termes d’incitation, on a tout essayé, mais ça ne fonctionne pas. Il ne nous reste que 150 médecins généralistes pour 280 000 habitants, dont la moitié a plus de 60 ans. Face à cette urgence et au désarroi des habitants qui est en train de se transformer en colère, face aussi à nos professionnels de santé encore présents mais qui sont en mis en grande tension par les patients, il faut sortir des sentiers battus et des solutions qui ne marchent pas. »
Les débats ont montré que la volonté trans-partisane est d’apporter des solutions concrètes pour les Françaises et Français qui ne parviennent plus à trouver de médecin près de chez eux.
« La régulation, ce n’est pas de la coercition »
Chantal Jourdan, députée de la 1re circonscription de l’Orne a, elle aussi, fait entendre la voix des territoires ruraux. « La régulation n’est pas de la coercition : les médecins peuvent s’installer où ils veulent sur 87 % du territoire […] Dans les années 70, il y avait pléthore de médecins, mais déjà, ils étaient mal répartis. Cette problématique s’est accentuée depuis les années 2000 et aujourd’hui, la situation est catastrophique. Cette mesure de régulation va permettre de freiner la fuite vers les territoires sur-dotés en plus d’assurer la santé des Français. »
L’examen de la proposition de loi se poursuivra en séance publique les 6 et 7 mai et « aboutira », espèrent les députés ornais à l’adoption du texte. « Les 255 signataires du texte seront mobilisés à cette occasion, avant que la proposition de la loi continue son chemin au Sénat. »
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