En 2025, les braconniers font toujours des dégâts en France. Quatre d’entre eux qui procédaient de nuit à leurs chasses illégales ont été arrêtés en Essonne, a annoncé ce lundi 17 mars l’Office français de la biodiversité (OFB), la police de l’environnement. Les personnes interpellées auraient abondamment sévi depuis 2023.
Au départ, une découverte de cadavres blessés par balle
Ce qui a lancé l’enquête, c’est la découverte début 2024 de cadavres d’animaux présentant des blessures par balles. L’OFB a alors commencé à mener l’enquête et a réussi à identifier plusieurs individus impliqués. En collaboration avec le parquet d’Évry qui s’est cosaisi « au vu de la gravité des faits », et aux côtés des gendarmes de la Brigade de recherche d’Étampes, les enquêteurs de l’OFB ont commencé à pister les suspects : géolocalisation en temps réel de véhicules, de lignes téléphoniques…
Il est bientôt mis au jour un système bien rodé et de « très grande ampleur » selon l’OFB : lors de leurs sorties régulières, parfois plusieurs par semaine, ils partaient en chasse en Essonne, en Seine-et-Marne et dans le Loiret au volant d’un 4×4 avec leurs armes, dont certaines étaient « équipées de matériels de tir thermiques et d’amplificateur de lumière ». Ils disposaient également de matériels informatiques.
Une fois sur place, ils s’en prenaient à de nombreux types animaux, « notamment » des cerfs, des biches, des faons, des sangliers, des daims, des chevreuils, des renards, des blaireaux… Des animaux étaient abattus « sans tenir compte des environnements (routes, habitations) ».
Un nombre impressionnant d’animaux abattus
Venait ensuite le temps de la vente du gibier : la clientèle était composée de particuliers vivant en Île-de-France. 22 acheteurs ont pu être identifiés et auditionnés. « L’un des acheteurs vendait le gibier à raison de 200 euros pour le cerf, 100 euros pour une biche ou un faon et 1 euro le kilo de sanglier ou de chevreuil », écrit l’OFB dans un communiqué.
« La viande était vendue alors que la découpe des cadavres était réalisée dans des conditions d’hygiène déplorables, sans respecter le contrôle sanitaire obligatoire ni disposer d’une autorisation de vente. »
Au total, les braconniers auraient prélevé illégalement une centaine de bêtes par an depuis 2023. Des perquisitions ont été menées simultanément à leur domicile et ont permis de découvrir 31 armes de chasse dont certaines détenues illégalement, ainsi que 34 trophées de chasse.
À l’issue de leur garde à vue, les braconniers ont comparu devant la justice en reconnaissant leur culpabilité. Ils ont été condamnés à des peines de prison avec sursis de 4 à 18 mois ainsi qu’à des amendes allant de 1000 à 1500€. Une grande partie de leur matériel a été confisquée et leurs permis de chasse leur ont été retirés. Ils sont tous interdits d’obtenir à nouveau ce permis pendant 5 ans. La fédération interdépartementale des chasseurs d’Île-de-France s’est constituée partie civile.
Source link