Samedi 1er mars 2025, Alain Hélix, 62 ans est décédé à Courgeoût (Orne), sur l’aire de la Grivotière de la N12, dans le sens Paris-Alençon. Cet homme, habitant Mortagne-au-Perche, était connu dans le monde associatif local. Connu, surtout, pour son dévouement et son sens de la solidarité.
L’histoire est si triste que c’est justement en portant assistance à un van d’un Haras de Sémallé, crevé sur l’aire de repos, qu’il a trouvé la mort. Lorsqu’il était sous le van pour tenter de réparer la roue, le cric a cédé pour des raisons inexpliquées. L’employé du haras a réussi à s’extraire. Mais pas Alain Helix, qui serait mort sur le coup.
Arrivé dans le Perche il y a environ 8 ans, il s’était notamment engagé auprès de SOS Détresse. Son président, Jean-Marie Waroquet, se souvient de son passage. « Il cherchait du bénévolat, pour rendre service. Il était très sérieux. Il donnait beaucoup de temps pour les autres. Il s’occupait de la vaisselle et de l’électroménager, même après notre déménagement à la ressourcerie des Ravenelles », témoigne le président historique de l’association.
« Fauché, mais le coeur sur la main »
Il était prêt à aider tout le monde. Aller sous un van avec un cheval dedans, c’est tout Alain. Il était tout feu tout flamme.
À Mortagne-au-Perche, un homme connaissait Alain Hélix par cœur. C’est Fathy Bouchaïb, un ami depuis 1981. « On s’est connu dans un foyer catholique à Paris. Il était à l’étage au-dessus, et nous avons sympathisé. » Professeur de danse bénévole au Petit Conservatoire de Mortagne-au-Perche, Fathy Bouchaïb a ensuite perdu de vue son ami pendant plusieurs années, avant de le retrouver par hasard dans le métro.
« Il voulait absolument m’inviter chez lui, me présenter Hervé, l’homme de sa vie. » Malheureusement, à une époque où le sida fait des ravages, Alain va perdre son Hervé. « Pour Alain, c’était la descente aux enfers. Il a enchaîné plusieurs boulots. Il avait aussi quelques problèmes d’argent. En fait, quand il avait un peu de sous, il invitait tout le monde. C’était ça Alain : fauché mais le cœur sur la main. » C’est Fathy et sa femme qui incitent Alain à venir vivre dans le Perche, pour se ressourcer.
Avant le covid, on l’a aidé à trouver un logement, et il s’est rapidement fait des amis. Ce n’était pas compliqué. Quand il passe Alain, c’était un arc-en-ciel. Il a aidé plein de monde ici, même en dehors de SOS Détresse. Des divorcés, des orphelins, des personnes dans le besoin…
Bouleversé au cinéma
Vers les années 2020, juste après son arrivée dans l’Orne, c’était au Cinéma Étoile de Mortagne-au-Perche qu’il avait trouvé un poste. Il gérait les entrées, et donc la caisse.
Il était comptable de formation. Il était particulièrement rigoureux dans la gestion de la caisse. Il avait à cœur de décortiquer les chiffres pour la compta soit très claire et propre.
Mais au-delà des chiffres, le directeur se souvient d’un homme remplit d’émotions qui le traversaient quand il venait en tant que spectateur dans la salle noire. Il venait d’ailleurs chaque semaine.
« Il avait cette particularité de rester de longues minutes après les séances. Car il était tellement bouleversé, soit ému, en colère… Il avait toujours besoin de prendre un moment avant de ressortir. On s’amusait gentiment de ça avec lui. Il était à la fois drôle et agréable. »
PratiqueSes obsèques auront lieu le jeudi 13 mars au Memoria Mousset, à Saint-Hilaire-le-Châtel, à 9 h 25. Une cérémonie civile aura lieu à 10 h. À 13 h 30, la cérémonie et la crémation auront lieu au crématorium de Vernouillet (Eure-et-Loir).
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