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Procès imminent pour les six hommes accusés d’avoir fomenté des projets conspirationnistes à Brest

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Les six Finistériens accusés d’avoir fomenté des projets conspirationnistes dans la boucherie halal Chez Wahid, rue Jean-Jaurès à Brest (Finistère), comparaîtront à compter de lundi 24 mars 2025 devant la cour d’assises des mineurs spécialement composée de Paris.

« Adhésion aux thèses djihadistes »,

Ces six hommes âgés de 21 à 39 ans – pratiquement tous détenus – seront jugés pour avoir « participé à un groupement formé […] en vue de la préparation d’un ou plusieurs crimes d’atteintes aux personnes » dans le cadre de leur « adhésion aux thèses djihadistes », à Brest, Guissény, Landerneau et plus généralement en France et à l’étranger.

Pour rappel, en janvier 2020, le commerçant – défendu par Me David Rajjou – avait été interpellé aux côtés de plusieurs de ses proches, dont un jeune âgé à l’époque de 16 ans qui envisageait de rejoindre l’État Islamique (EI) en Syrie ou Al-Qaïda au Mali. Un « ancien combattant » de l’EI d’origine syrienne figurait aussi parmi les personnes interpellées.

Cette opération visant ce commerçant fiché S et déjà condamné pour apologie du terrorisme avait en fait été déclenchée alors qu’une enquête préliminaire était conduite par le Parquet national antiterroriste (PNAT) depuis septembre 2019 pour « association de malfaiteurs terroristes en vue de la préparation d’un ou plusieurs crimes ».

Micros et caméra dans la boucherie

Le domicile d’un Palestinien de 39 ans, à Brest, avait ainsi dans un premier temps été sonorisé à partir du 15 octobre 2019 : il était arrivé en France en 2015, après avoir fui le camp d’Aydin, à Homs (Syrie), suite à la reprise du lieu par le régime de Bachar Al-Assad, et avoir été un temps incarcéré en Egypte.

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Les enquêteurs de la DGSI soupçonnaient ce réfugié politique « d’appeler au combat ». Une « très volumineuse documentation de propagande de l’EI » et « de nombreux fichiers en lien […] avec la fabrication de bombes artisanales et de poison, l’utilisation d’explosifs » seront d’ailleurs découverts dans les supports informatiques saisis à son domicile de la rue Guichen.

À partir de novembre et pendant deux mois, cette année-là, des micros et une caméra de vidéosurveillance avaient donc été mis en place au sein du commerce de viande halal Chez Wahid, où le groupe avait pour habitude de se réunir en dehors des heures d’ouverture après avoir « tiré le rideau ».

Selon les enquêteurs de la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI), le groupe élaborait des « projets conspirationnistes » : il était notamment question d’actions violentes à l’occasion du Nouvel an chinois, lors d’un match de foot à Brest, dans un tramway ou encore à la base navale de Brest. La nécessité d’un « entraînement physique et militaire » était également évoquée et une tentative d’achat d’armes avait même échoué dans le quartier Kerourien.

Une période d’essai non prolongée en Syrie

Dans une autre sonorisation, un homme de 36 ans né à Landerneau et converti à l’islam en 2016, expliquait à son interlocuteur qu’il avait imaginé tirer sur l’ancien imam de Brest cible de plusieurs coups de feu en 2019 à proximité de la mosquée de Pontanezen.

Au cours de ses interrogatoires, le Palestinien avait lui expliqué que les propos échangés avec ses co-accusés dans la boucherie étaient en réalité juste « des paroles en l’air » sorties de leur contexte. Pendant l’enquête, le trentenaire – défendu par Mes Claire Abello et Sami Khankan – avait aussi contesté le choix des passages retranscrits, expliquant que seule l’écoute de l’intégralité aurait permis d’interpréter correctement ses propos.

Cet opposant au régime de Bachar El-Assad avait par ailleurs expliqué que « la fiche d’enrôlement au sein de l’EI » – une « preuve de guerre » découverte à son nom – pouvait s’expliquer par « un homonyme » ou par le fait qu’il avait pu remplir un tel document dans le seul but de passer la frontière. Il avait seulement fait « une période d’essai » de deux-trois mois au sein de l’EI avant de quitter l’organisation, à laquelle il n’était « pas politiquement aligné », de ses propres explications.

Pendant l’enquête, l’adolescent de 16 ans – décrit par un psychiatre comme ayant « une vive intelligence » – n’a pour sa part pas contesté « le principe » de sa participation aux faits reprochés. Les projets de départ de plusieurs protagonistes de ce dossier n’avaient toutefois jamais été suivis de réelles démarches, ont relevé leurs avocats de la défense.

Si certains accusés sont parfois décrits comme s’étant à présent « éloignés » de l’idéologie islamiste, d’autres ont démontré en prison « une forte radicalisation » ou un « positionnement […] préoccupant ». Leur procès doit durer trois semaines et le verdict est attendu pour le 11 avril 2025.

CB (PressPepper)



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