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prison ferme pour trois hommes en Seine-Maritime

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La violence, apanage des grandes villes ou de leur banlieue, est-elle en train de gagner nos campagnes ? C’est en tout cas ce que l’on serait tenté de croire à l’issue de l’audience de comparution immédiate qui s’est déroulée le vendredi 31 janvier 2025 devant le tribunal judiciaire de Dieppe.

À la barre, trois jeunes garçons qui font partie d’un groupe de quatre ou cinq personnes qui ont agressé à Fry, près de La Feuillie (Seine-Maritime), un village d’à peine 150 âmes, un autre jeune garçon. Trois autres protagonistes mineurs devraient comparaître ultérieurement devant le tribunal pour enfants.

Une violence extrême avec arme à feu

Les faits débutent le 26 octobre 2024. Cette nuit-là, vers 2 h du matin, une jeune fille entre en contact avec le jeune garçon avec lequel elle dialogue sur les réseaux sociaux depuis une quinzaine de jours.

Le jeune homme ne se fait pas prier et rejoint la jeune fille à proximité de l’église. Et à peine est-il descendu de son engin qu’il est agressé par plusieurs personnes, en majorité cagoulées, qui le frappent et le menace avec un fusil.

On apprendra que ce jeune homme aurait participé à un cambriolage chez le père d’une de ses agresseurs, l’un des mineurs.

Vidéos :

Finalement la moto est dérobée. La victime, présente à l’audience, explique qu’elle a voulu d’abord régler ce litige par ses propres moyens avant de décider de déposer plainte.

La scène filmée pour les réseaux sociaux

La brigade de gendarmerie de Buchy est chargée de l’enquête, relayée par celle de Forges-les-Eaux. Et le 28 janvier dernier au petit matin, un vaste coup de filet est lancé et six personnes sont interpellées : trois mineurs dont la jeune fille et trois jeunes majeurs dont le petit ami de la demoiselle.

Chez l’un des protagonistes qui demeure à Auvilliers, chez ses grands-parents, l’interpellation va être compliquée puisque, le jeune homme, alerté par les cris de ceux-ci, se présentera en haut d’un escalier muni d’un pistolet dont il menacera les gendarmes.

À l’ère du numérique et des réseaux sociaux, les traces vidéos de ces évènements existent. La jeune fille, un autre des protagonistes, a filmé tout ou partie de l’agression tandis que les gendarmes ont filmé leur intervention. Et tout cela a été diffusé lors de l’audience qui s’est tenue devant une salle comble. Les proches de prévenus ont pu mesurer la violence des faits.

Les gendarmes menacés par un pistolet

Malgré leur jeune âge (entre 19 et 21 ans) les trois prévenus affichent une maturité qui interroge. Le principal prévenu, celui qui a menacé la victime avec un fusil et qui quelques semaines plus tard a menacé les gendarmes reconnaît les faits mais les minimise. Pour lui il n’est pas question de guet-apens mais de hasard. « Je ne savais pas que le gars avait rendez-vous avec notre amie. Il était bourré et ça a commencé à dégénérer alors on y est allé avec les copains et ça a dérapé ».

La présidente du tribunal demande pourquoi, si rien n’était préparé, ils se sont présentés avec des cagoules :

C’était pour faire des snaps.

Concernant l’accueil des gendarmes avec une arme, le prévenu explique qu’ayant déjà eu maille à partir avec des jeunes et ayant eu peur pour son grand-père, il a voulu le défendre :

Quand j’ai vu que c’étaient les gendarmes, je suis remonté poser le pistolet et je suis revenu sans arme.

Le petit ami de la jeune fille certifie qu’au moment des faits, il était couché : « C’est sûr, elle a dû le faire venir pour me tromper » confie-t-il avant d’affirmer que c’est elle qui l’a mis au courant de l’agression et qu’il n’a pu y participer.

Le troisième larron conteste avoir été présent. Pourtant, certains protagonistes l’ont dénoncé et son téléphone a borné à proximité des lieux de l’agression au moment où elle se passait.

Prison ferme pour les trois majeurs

Pour la substitut du Procureur de la République, ces explications et dénégations ne tiennent pas. Elle requiert des peines sévères de 5 ans de prison ferme dont un an avec sursis probatoire pour celui qui portait les armes, 4 ans dont un an avec sursis probatoire pour le petit ami de la jeune fille et 2 ans dont 6 mois avec sursis probatoire pour celui qui jure qu’il n’y était pas.

Les avocats des prévenus vont essayer de démonter point par point l’argumentation du Parquet et de mettre en avant la jeunesse des prévenus. Deux d’entre eux demanderont même la relaxe de leurs clients. Mais le tribunal va suivre les réquisitions du Parquet pour les deux premiers prévenus et aller au-delà pour le troisième, prononçant une peine de trois ans de prison dont un an assorti d’un sursis probatoire.

Les trois hommes ont interdiction de détenir une arme pendant 5 ans et interdiction de contact entre eux et avec leur victime pendant trois ans.



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