Un instituteur accusé de deux agressions sexuelles dans une école de Plaisir (Yvelines) a bénéficié de la clémence de la Cour d’appel de Versailles. Lundi 27 janvier 2025, l’homme de 37 ans a obtenu gain de cause dans sa demande de remise en liberté. Demande qui fait suite à l’appel qu’il a formulé après sa condamnation le 5 décembre 2024 à 36 mois de prison, dont la moitié avec incarcération immédiate. À l’époque, il comparaissait libre. Il avait donc été menotté à la barre.
Cette affaire avait fait grand bruit au sein de l’école Jules-Vallès entre septembre 2023 et mars 2024, période de prévention retenue par la justice. Deux élèves de 7 et 8 ans auraient été victimes de caresses sur la poitrine ou d’attouchements sur la partie basse du ventre. Plusieurs comportements inadaptés de l’enseignant avaient été portés dans le dossier.
Face à ses juges, l’homme avait clamé son innocence, tout en admettant avoir « été trop proche » des enfants au regard de sa fonction. Un comportement pour lequel il avait reçu un rappel à l’ordre dans un autre établissement, un an avant.
« Les autres détenus ne vous reçoivent pas avec des fleurs »
En faisant appel, l’instituteur renoue pleinement avec la présomption d’innocence, comme la loi le prévoit. Un point sur lequel son avocat, Ian Knafou, insiste en développant ses arguments. « Cette demande a été formulée car mon client conteste farouchement les faits. Avant le procès en première instance, il avait scrupuleusement respecté son contrôle judiciaire. Il s’était présenté au tribunal. Alors, si la justice lui a déjà fait confiance, elle peut lui refaire confiance une seconde fois. »
Et de poursuivre.
« Il a vécu une détention très difficile. D’abord car c’était son premier séjour en prison. Et ensuite parce que dans ce type d’affaire, les autres détenus ne vous reçoivent pas avec des fleurs. »
À peine libéré, le trentenaire a pris la direction de la Charente-Maritime, où il va vivre chez son père. En attendant son procès, dont la date doit être fixée dans les prochains mois, il a l’obligation de trouver un travail ou de suivre une formation, sans aucun lien avec des mineurs. Il lui est formellement interdit d’entrer en contact avec les plaignants.
Cette remise en liberté, si elle respecte strictement les termes de la loi, n’est pas sans faire grincer des dents dans certains couloirs judiciaires. Avec cette interrogation qu’une source nous a confiée : « On peut s’interroger sur cette décision. Et d’un éventuel risque de réitération auprès d’autres enfants. Si la justice avait décidé d’une incarcération, ce n’était certainement pas pour rien. »
Source link