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pourquoi les adolescentes font beaucoup moins de sport que les garçons

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C’est un sujet qui touche beaucoup d’adultes, mais aussi un grand nombre d’adolescents : le manque d’activité physique. Selon plusieurs études, les filles seraient même bien moins actives que leurs camarades masculins au même âge.

Une activité insuffisante chez les adolescentes

Déjà, le terme « activité physique » ne recouvre pas que la pratique de sports collectifs ou de course à pied. Selon une récente note de l’OMS, cela inclut « tout mouvement corporel produit par les muscles squelettiques qui requiert une dépense d’énergie ». Bonne nouvelle, aller à l’école à pied ou à vélo compte comme une activité physique.

Pour les adolescents, l’organe onusien recommande 60 minutes d’activité physique modérée à intensive par jour. Mais 85 % des filles de 10 à 19 ans n’appliquent pas les recommandations de l’organisation. Chez les garçons, c’est 78 %.

« Les adolescentes ont une activité physique insuffisante », alertait déjà l’OMS en 2022. « Et les filles font de moins en moins d’exercice et de sport au fur et à mesure qu’elles avancent dans l’adolescence », comme le montre ce graphique. 

Un graphique sur l’écart d’activité physique entre filles (orange) et garçons (bleu). (© Graphique OMS/ ehesp)

En France, le niveau d’activité physique des adolescentes est même moindre par rapport à la moyenne des autres pays de l’étude (qui se trouvent en Amérique du Nord, Europe et Asie centrale), avec seulement 8 % des filles qui atteignent les recommandations.

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Et selon l’OMS, ce problème « ne cesse d’empirer dans le monde entier ». Un constat partagé par Audrey Bergouignan, directrice de recherche au CNRS, spécialisée dans l’activité physique et la sédentarité, contactée par actu.fr.

« En 30 ans, les jeunes ont perdu près de 10 % de leur condition aérobique maximale », indicateur de leur performance maximum, constate plus largement la chercheuse.

Les écrans, « dramatique chez les jeunes »

Tout d’abord, les jeunes filles, et aussi les jeunes garçons, sont touchés par « des facteurs environnementaux comme l’omniprésence des écrans, qui a un effet dramatique chez les jeunes », avance Audrey Bergouignan.

Or, le contexte actuel est particulièrement propice à l’augmentation des temps de sédentarité et tout particulièrement du « temps écran », avec le développement d’une offre numérique abondante et de nouvelles technologies incitant encore davantage à la sédentarité

Anses
Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail

Selon l’Anses, 66 % des jeunes de 11 à 17 ans présentent un risque sanitaire préoccupant, caractérisé par plus de deux heures de temps d’écran et moins de 60 minutes d’activité physique par jour.

Une cause biologique pour les filles ?

L’évolution du corps humain à cette période charnière pourrait également être en cause.

Cette différence dans l’activité physique entre les filles et les garçons est observée aussi bien dans des sociétés industrielles comme les nôtres que dans des sociétés préindustrielles. Cela suggèrent l’existence d’une cause biologique, en plus des facteurs sociaux et environnementaux, qui reste à être élucidée. 

Audrey Bergouignan
Directrice de recherche au CNRS, spécialisée dans l’activité physique et la sédentarité

Et quid de la puberté qui demande beaucoup d’énergie ? « Le développement de la capacité reproductive arrive justement au moment de l’adolescence. Et même plus tôt chez les jeunes filles. »

La puberté marque aussi l’arrivée des règles, et les douleurs qui les accompagnent chez certaines, ce qui peut décourager les adolescentes de faire du sport. Dans un manuel à destination des femmes athlètes, l’Institut national du sport, de l’expertise et de la performance (INSEP) souligne que les règles peuvent avoir un effet négatif sur la performance. Face à des résultats en dents de scie, les jeunes filles peuvent se détourner de l’activité physique.

Et chez les filles, « l’activité physique est souvent moins valorisée, ce qui peut expliquer en partie ce décrochage », poursuit Audrey Bergouignan. Car le sport est davantage perçu comme masculin dans la société, ce qui ne pousse pas les adolescentes à s’engager dans une discipline.

Un manque d’activité physique responsable de nombreuses maladies

Pourtant, ce décrochage de l’activité physique, pour les filles comme les garçons, n’est pas sans risques. « L’inactivité physique est en lien avec 32 pathologies, comme le cancer du sein, l’ostéoporose, des troubles cardio-respiratoires… », alerte la directrice de recherche. « D’autant plus qu’un adolescent peu actif est souvent par la suite un adulte peu actif. »

Pour y remédier, Audrey Bergouignan recommande de mettre plus de sport à l’école, au mieux une heure par jour.

Selon elle, les médecins devraient également être mieux formés aux bienfaits du sport et de la nutrition pour donner les conseils adaptés aux familles.

Familles qui ont un rôle clé dans l’activité physique de leurs enfants. « Les adolescents qui ont une famille qui fait du sport vont généralement en faire eux-mêmes », souligne la chercheuse, selon laquelle il faut davantage valoriser la pratique sportive des adolescentes pour qu’elles aient envie de faire du sport. 



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