Début juin 2021, à la suite d’une enquête diligentée pour des cambriolages par les gendarmes de la brigade de recherches de Morlaix, trois hommes issus de la communauté des gens du voyage sont interpellés à Plounévez-Moëdec (Côtes-d’Armor). Ces enquêteurs ont reçu le renfort pour les interpellations de leurs collègues costarmoricains, notamment de Lannion et Guingamp.
De nouvelles saisies
Une fois que les gendarmes finistériens ont « fait leur marché , en retrouvant des objets provenant des cambriolages dont ils sont saisis, leurs collègues costarmoricains trouvent également leur bonheur.
En effet, un certain nombre d’objets de provenances frauduleuses sont découverts dans les caravanes, véhicules et fourgons des intéressés.
L’omerta des prévenus
Seuls deux prévenus sur trois sont présents devant le tribunal correctionnel de Saint-Brieuc ce mardi 25 février 2025. Personne ne sait où se trouve actuellement leur comparse. Devant le tribunal, tout comme au cours de leurs auditions devant les gendarmes, c’est l’omerta qui prévaut.
Les casiers judiciaires des deux personnes présentes sont quasiment vides, au contraire de leur complice qui a déjà 14 mentions sur son casier. Une condamnation est commune aux trois individus, il s’agit d’une peine prononcée en juin 2021 par le tribunal de Brest, elle correspond à l’enquête d’origine diligentée par les gendarmes de Morlaix.
18 nouvelles victimes
La seconde enquête menée par les gendarmes lannionnais a donc permis l’identification de 18 nouvelles victimes, mais les prévenus n’ont jamais reconnu leurs participations à ces vols. Pourtant, plusieurs vidéoprotections avaient mis en évidence trois individus portant des vestes caractéristiques, vestes retrouvées dans les caravanes des intéressés lors des perquisitions.
Ces victimes sont implantées sur les communes de Belle-Isle en Terre, Plounévez-Moëdec, Grâces, Plounérin, Uzel, Hénon, Scrignac, Pont-Melvez, etc.
Des achats d’objets « en toute innocence »
A la barre, le discours reste le même :
« C’est un gars qui est venu nous vendre des choses sur le terrain, on n’a jamais imaginé que cela pouvait être des objets volés. »
Leurs trois avocates abondent en ce sens, les vestes identifiées par les enquêteurs ne sont pas des pièces uniques, de plus aucun élément matériel pouvant incriminer leurs clients n’a été mis en évidence.
L’ancienneté des faits pèse dans la balance
Le ministère public, en raison de l’ancienneté des faits, requiert une peine identique pour les trois comparses, à savoir un an d’emprisonnement aménageable.
Après délibérations, la présidente (non sans avoir rappelé aux prévenus que si les peines pouvaient paraître clémentes, cela n’était dû qu’à l’ancienneté des faits), les a mis en garde quant à une éventuelle récidive.
Les deux prévenus présents écopent de neuf mois d’emprisonnement dont six avec sursis et le prévenu absent est lui condamné à un an d’emprisonnement ferme. Les confusions de peines sont prononcées pour les trois prévenus en lien avec celles prononcées par le tribunal de Brest en juin 2021.
Ils n’iront pas derrière les barreaux
Les trois comparses n’iront donc pas derrière les barreaux à la suite de ce jugement. D’autre part, ils sont également condamnés solidairement à dédommager Lannion Trégor Communauté à hauteur de 2 000 euros.
Une autre victime, commerçante à Grâces, devra attendre le 3 juin prochain afin de savoir si le tribunal lui accorde les 11 000 euros réclamés en réparation de son préjudice.
S.K.
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