L’ancien chirurgien Joël Le Scouarnec est inculpé pour viols et agressions sexuelles aggravés sur 299 personnes, commis dans l’exercice de ses fonctions entre 1986 et 2014. Le Syndicat de la médecine générale (SMG) et d’autres organisations comptent organiser une mobilisation à Vannes et à Paris le lundi 24 février 2025.
Pourquoi vont-ils manifester ?
Le procès débute partir du 24 février 2025 à la cour criminelle départementale du Morbihan à Vannes.
« Le Conseil national de l’Ordre des médecins (CNOM) s’est porté partie civile dans cette accusation, ce qui nous apparaît illégitime et irresponsable, voire insultant au vu de son inaction » depuis 2006, rappellent les membres du collectif « Outils du soin« .
Le collectif s’interroge :
En 2006, suite à la condamnation pénale de Joël Le Scouarnec pour détention d’images pédopornographiques, le Conseil Départemental de l’Ordre des Médecins (CDOM) du Finistère s’était dit incompétent pour le poursuivre devant sa juridiction disciplinaire. Le prétexte était qu’il ne pouvait poursuivre un médecin hospitalier que pour des « actes détachables de sa fonction publique hospitalière ». Or comment penser que la possession d’images pédopornographiques était liée à sa fonction de chirurgien ?!
Le collectif ajoute :
Par la suite, en 2008, le CDOM de Charente-Maritime, mis au courant de la condamnation pour pédopornographie de ce chirurgien amené à s’occuper d’enfants, n’aurait pas dû lui donner l’autorisation d’exercer sans enquête préalable. Nombre d’agressions et de viols auraient pu être empêchés… Alors que l’Ordre des médecins est censé veiller au maintien des principes de moralité et de probité de la profession , on voit bien une fois encore qu’il ne remplit pas ce rôle de défense des usager·es de soins face à des actes délictueux et criminels de médecins.
« Nous jugeons qu’il est inadmissible que l’Ordre des médecins n’exprime ni regrets ni excuses publiques par rapport à cette passivité irresponsable, à ces années de silence, lourdes de conséquences pour les victimes. Ainsi, nous ne tolérons pas qu’il ose se porter partie civile dans cette affaire, alors que sa responsabilité est engagée », indique le collectif.
Au-delà de ce procès, nous dénonçons l’inaction de l’Ordre des médecins dans de nombreuses situations de violences perpétrées par des médecins. L’Ordre des médecins n’est visiblement pas compétent pour juger de telles situations et il est même nuisible. En cas de violences de la part de médecins, le premier recours doit rester le tribunal de droit commun.
Pour manifester sa colère, le collectif appelle à un rassemblement le 24 février 2025 à partir de 12 h, devant le Tribunal Judiciaire de Vannes et devant le Conseil National de l’Ordre des Médecins à Paris.
Liste des signataires : Mouvement d’Insoumission aux Ordres Professionnels (MIOP), Pour une Médecine Engagée Unie et Féministe (PUM), Syndicat de la Médecine Générale (SMG), Syndicat National des Jeunes Médecins Généralistes (SNJMG), Stop aux violences obstétricales et gynécologiques France (STOP VOG France), Hero•ïnes95, Observatoire féministe des, violences médicales, Pour une santé engagée et solidaire et Nous toutes Vannes
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