Il est de ceux qui laissent une trace indélébile dans un club de rugby. Alan Brazo, 32 ans, est en passe de raccrocher les crampons de sa longue carrière, 10 ans tout pile après l’avoir débutée. Pendant toute celle-ci, il n’aura porté qu’un seul maillot, celui de l’USAP, un gage de fidélité certain. Joueur à la tête bien pleine, Alan Brazo a pris cette décision, forte, lui qui est actuellement sur le flanc en raison d’une grave blessure : il s’est expliqué auprès d’Actu Rugby, et notamment sur cet ultime défi qu’il se lance.
Alan Brazo a déboulé à Perpignan pour les études…
Arrivé en Crabos au club, celui qui n’avait alors jamais pris de licence dans une équipe de rugby s’affirmera d’année en année pour devenir l’un des éléments clefs des Sang et Or sur ces dernières saisons.
« À aucun moment, je n’aurais pu penser en arriver là. J’étais curieux de connaitre ce sport, quand je suis arrivé à Perpignan c’était pour les études, mais c’est là-bas que j’ai décidé de passer le pas ».
Guidé par les valeurs du rugby
Loin de sa famille, restée à Castres, là où il grandit, Alan va alors entamer l’un des plus beaux chapitre de sa vie, sans trop le savoir.
« Je suis arrivé à 18 ans avec les Crabos de l’USAP. Avec un peu de recul ça été une bonne décision que d’essayer l’expérience ! J’ai été tellement bien accueilli par l’équipe, c’est ce qui m’a poussé à donner le maximum pour me mettre au niveau. J’ai découvert les valeurs prônées par le rugby : l’entraide, la camaraderie, cela m’a donné envie de poursuivre ».
Les années passent et Alan Brazo franchit toutes les étapes avant de rejoindre l’équipe première de l’USAP en 2014. La suite, deux titres de champion de France de Pro D2 avec le club catalan et plus de 180 matchs.
« Avant la blessure j’avais déjà l’idée de prendre ma retraite »
En fin de contrat à l’issue de l’exercice 2024-2025 et blessé lourdement depuis la mi-saison (rupture des ligaments croisés d’un genou, NDLR), Alan n’a plus qu’un souhait, rendre à l’USAP tout ce qu’il lui a donné.
« Avant la blessure, j’avais déjà l’idée de prendre ma retraite à la fin de l’année. Dès qu’on m’a opéré, j’avais besoin de me donner un objectif pour ne pas avoir de regrets. Je sais ce que ça coûte physiquement d’être prêt pour le haut niveau, après tout ce que m’a donné le club, je ne me vois pas faire les choses à moitié. Il faut savoir être lucide dans ce genre de situation et savoir s’écarter au bon moment ».
Actuellement 13e de Top 14, Perpignan n’est qu’à deux points de la dernière place et se retrouve en position délicate pour le maintien. D’autant que Perpignan doit faire face à un calendrier délicat, symbolisé par un déplacement explosif à Vannes, la lanterne rouge. Un parcours qui va demander au staff de Franck Azéma (qui a récemment prolongé jusqu’en 2028, NDLR), de faire des choix forts.
« Tous les matchs vont compter, surtout le dernier (réception de Toulouse). Je suis très lucide sur la situation et je comprends tout à fait que même si je parvenais à revenir, le staff ne fasse pas appel à moi. Le fait de jouer dépendra de pas mal de facteurs, je serais prêt si l’occasion se présente ».

En avance sur le protocole de rééducation
Il va rester moins de quatre mois à « l’as de l’essuie-glace » pour un hypothétique dernier tour de piste. Mais les dernières nouvelles sont plutôt encourageantes. Il a récemment pu reprendre la course à pied, une étape décisive dans son protocole.
« Depuis le début, ça évolue très bien, je n’ai pas eu de complications. Cela m’a permis de gratter un peu de temps et de rendre cette reprise possible avant la fin de la saison. Pour le moment tous les voyants sont bons, même si le chemin est encore long. Il faut rester constamment vigilant avec ce genre de blessure », souffle-t-il.
Si un protocole lambda chez un sportif de haut niveau correspond à un arrêt de la pratique pendant près de six mois, il n’est pas rare de revoir certains joueurs reprendre plus rapidement que d’autres. Un retour express avant de laisser son club de cœur dans l’élite du rugby français, c’est tout ce qu’on peut souhaiter à Alan Brazo.
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