L’année 2024 n’a pas été de tout repos pour les personnels de la préfecture maritime de la Manche mer du Nord. Le nombre d’opérations de secours est demeuré stable pour les Centres régionaux opérationnels de surveillance et de sauvetage (Cross).
En 2024, pas moins de 2 593 opérations ont été coordonnées en Manche et mer du Nord par les Cross Gris-Nez (1 279) et Jobourg (1 314). 1 560 étaient des opérations de sauvetage aux personnes, la Société nationale de sauvetage en mer ayant assuré 41 % des interventions. Il y a eu 485 opérations d’assistance aux navires et 50 010 personnes ont été directement impliquées dans ces opérations sur l’ensemble de la façade.
7 862 personnes ont été secourues et 91 personnes ont perdu la vie en mer (dont neuf dans le secteur géographique du Cross-Jobourg), alors que neuf sont portées disparues.
Phénomène migratoire
Depuis 2018, un dispositif de sauvegarde de la vie humaine dans le détroit du Pas-de-Calais est déployé en permanence pour faire face au phénomène des tentatives de traversées maritimes dans des embarcations précaires à destination du Royaume-Uni.
6 310 vies ont été sauvées en 2024. Les opérations de secours ont été en légère augmentation pour le Cross Gris-Nez. La préfecture note que ces opérations ont été marquées par une « détermination » à rejoindre le Royaume-Uni qui conduit passeurs et migrants à n’accepter l’assistance proposée par les moyens de secours français « qu’en ultime recours », confrontés à une situation « d’extrême urgence ».
Il a été également relevé une augmentation du nombre moyen de migrants à bord d’embarcations inadaptées à la navigation en mer.
La moyenne est ainsi passée de 45 migrants par embarcation en 2023 à 54 en 2024. Les secours font régulièrement face à des embarcations avec plus de migrants.
La préfecture évoque enfin « la hausse de mortalité à bord de ces embarcations après des asphyxies consécutives d’écrasement, directement liées au surchargement et l’extension des zones de départ vers le sud jusqu’à Dieppe (Seine-Maritime), entraînant mécaniquement un allongement des durées des traversées, exposant plus longtemps les migrants aux éléments extérieurs ainsi qu’aux conséquences liées à la surcharge. »
Des moyens aériens
En 2024, les hélicoptères effectuant des missions de sauvetage et de recherche ont secouru 127 personnes. L’hélicoptère H160 de la Marine nationale basé à Maupertus a mené 110 opérations et secouru trente personnes. Il a également participé à quatre vols réactifs d’assistance à personnes isolées par la marée. L’hélicoptère Dauphin du Touquet (Pas-de-Calais) a quant à lui sauvé 51 personnes et mené 128 opérations.
Le chiffre à retenir
En 2024, 407 personnes piégées par la marée montante ont été secourues sur la façade maritime Manche mer du Nord (contre 344 en 2023).
Concernant l’assistance aux navires, 172 avaries ou incidents ont été rapportés par les Cross. En 2024, le nombre annuel de navires de commerce transitant dans la zone maritime est en légère baisse comparé à 2023, avec un trafic maritime qui se maintient cependant à un niveau élevé. À lui seul, le Cross-Jobourg a enregistré 60 733 reports dans le dispositif de séparation du trafic des Casquets avec une moyenne de 166 navires par jour.
Pollutions en mer
Le nombre de pollutions en mer reste à un niveau assez faible depuis quelques années. En 2024, on dénombre 112 signalements de pollutions maritimes parmi lesquelles 47 ont été confirmées.
Ces pollutions incluent les pollutions accidentelles (après une avarie ou une voie d’eau par exemple) et n’impliquent pas d’hydrocarbures lourds, précise la préfecture maritime. La quasi-totalité des pollutions confirmées se dispersent par brassage naturel.
Un drone de surveillance de l’European Maritime Security Agency a été déployé à partir du Cross Gris-Nez pour un traitement opérationnel au Cross-Jobourg. Ses capteurs lui ont permis de réaliser des mesures de rejet de composés soufrés directement dans les cheminées des navires en transit.
La majorité des navires respectent les engagements de l’annexe VI relative aux rejets atmosphériques de la convention internationale pour la prévention de la pollution pour les navires.
Missions de déminage
La Marine agit au quotidien pour sécuriser le littoral et les fonds marins. En 2024, deux cents engins historiques ont été détruits par le groupement de plongeurs démineurs de la zone manche mer du Nord, soit 8 346 kg d’équivalent TNT.
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