Ce n’est pas un visage familier du paysage politique local et pourtant… Pascal Jarty a été longuement conseiller municipal à Bordeaux (1983-1995), sous Jacques Chaban-Delmas, et il était candidat aux élections municipales de 2020, remportées par Pierre Hurmic.
Avec 1,25% des suffrages, cet ancien directeur du centre régional information jeunesse était loin d’atteindre le second tour mais le sexagénaire n’est pas du genre à rougir. Au contraire, il estime même que son programme a inspiré d’autres candidats.
« Pierre Hurmic m’a piqué des idées », balance-t-il, avec un sourire en coin. Lesquelles ? Il cite les panneaux photovoltaïques sur le toit de la base sous-marine, le projet de parc dans le quartier des Bassins à flot, la rénovation des allées de Tourny, la végétalisation de la ville…
« Il faut aller plus loin dans la végétalisation »
D’ailleurs, sur ce dernier point, Pascal Jarty estime qu’il faut « aller plus loin ». « Alain Juppé avait tout bétonné, on était revenu à la Roumanie de Ceausescu. Il faut redonner de la vie et des couleurs à la ville. »
Ce gaulliste salue tout de même l’action de Pierre Hurmic sur la végétalisation de la ville, notamment de la place Pey-Berland, et sur les mobilités douces. En revanche, il lui adresse de mauvais points sur la sécurité, la propreté ou encore le commerce.
« Il avait quelques réserves idéologiques sur certains sujets mais il a été rattrapé par le principe de réalité », commente Pascal Jarty.
« Bordeaux est dégueulasse (sic) et pas grand chose n’a été fait », pointe ce disciple de Jacques Chaban-Delmas. À la décharge du maire écologiste, la collecte et le traitement des déchets sont gérés par la Métropole.
Il avait soutenu Nicolas Florian au second tour
Comme l’avait suggéré le groupe Renouveau Bordeaux dirigé par Thomas Cazenave, Pascal Jarty préconise que la mairie reprenne la main sur la compétence propreté au sein du périmètre communal.
Sur la sécurité, l’ancien conseiller municipal milite pour créer des bureaux de police municipale dans chaque quartier pour avoir des agents en permanence sur le terrain. Par ailleurs, il regrette que Pierre Hurmic n’ait pas été plus rapide sur le développement de la vidéosurveillance et sur l’armement de la police municipale « certainement par idéologie ».
Au second tour des dernières municipales, il avait décidé de soutenir la liste dirigée par Nicolas Florian, récemment décédé suite à un AVC. « On avait quelques accointances gaullistes », pointe Pascal Jarty.
Un ancien camarade de Pierre Hurmic
Aussi, l’ancien maire éphémère de Bordeaux s’était engagé à reprendre une partie de son programme, notamment de rebaptiser une place de la ville en place des Grandes Femmes pour avoir le pendant de la place des Grands Hommes. « C’est dans l’air du temps », appuie-t-il.
« Pierre Hurmic voulait aussi reprendre cette idée mais plutôt que de venir me voir pour me demander, il avait préféré m’envoyer un ami commun dans l’entre-deux-tours », dit Pascal Jarty. Les deux hommes, qui ont un an d’écart, se sont pourtant connus sur les bancs de Sciences Po.
« Hurmic est très sympathique », remarque Jarty mais ce dernier est un ancien responsable local des jeunes du RPR, le mouvement fondé par Jacques Chirac, et ils ne partagent pas les mêmes idéaux politiques.
Il a grandi aux côtés de Chaban-Delmas
« Jacques Chaban-Delmas est ma référence, personne ne pourra l’égaler. Il était toujours de bonne humeur, à l’écoute. C’était un battant, il montait les marches de l’Hôtel de Ville quatre par quatre. Puis, c’était un visionnaire. Il était gaulliste mais son projet de société dépassait les clivages politiques », lui rend-il hommage.
« Il m’a connu en culottes courtes quand il a emménagé rue Émile Fourcand, à côté de chez nous, poursuit-il. C’était notre voisin. Plus tard, il m’a dit : « Jarty, c’est un signe du destin ! » Il savait que j’étais désireux de rentrer dans la chose politique. » Chaban a joint les paroles aux actes en lui offrant à 26 ans un poste de conseiller municipal dans sa majorité.
En bon disciple de Chaban-Delmas, Pascal Jarty envisage sérieusement de se présenter aux élections municipales de 2026 pour représenter le gaullisme de progrès, comme il l’appelle, même s’il a très peu de chances d’exister au-delà du premier tour. « C’est intéressant de planter des jalons, de faire progresser le débat d’idées », observe-t-il. « Peut-être que certaines de mes idées seront encore reprises ? », se marre le Bordelais.
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