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« On ne demande pas plus que le maintien de nos conditions »

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Non, ils ne soutenaient pas le Stade Toulousain. Habillé de rouge et de noir, le secteur culturel s’est mobilisé à Toulouse  jeudi 27 mars 2025. Une opposition atypique et pacifique aux annonces « de coupes budgétaires » de la marie. Une opposition mise en scène par un spectacle en plusieurs parties. 

Une manifestation originale contre les coupes budgétaires

En préambule du conseil municipal, des centaines de manifestants ont transformé la Place du Capitole en scène d’un happening aussi saisissant que silencieux.

Drapés de rouge et noir sous leurs manteaux, ils se sont « effondrés » sur le sol, simulant un évanouissement collectif en signe de protestation contre les baisse de subventions affectant la culture et l’éducation.

La place du Capitole s’est figée

Le signal a été donné aux alentours de 9h par une fumée rouge et un coup de sifflet. En quelles secondes, la place s’est figée, les corps allongés évoquant la conséquence de ces décisions : « des projets annulés, des spectacles déprogrammés, des livres qui ne seront pas lus » déplore Laure, danseuse. Une image forte, destinée à interpeller Jean-Luc Moudenc, maire de Toulouse, alors qu’il s’apprêtait à entrer en conseil municipal. 

« Nous voulons montrer l’impact concret de ces décisions sur nos vies. Ce n’est pas juste des chiffres, c’est notre quotidien qui s’efface. Ce sont des formations, des stages, des cours qui vont disparaître », explique Mélanie, manifestante et comédienne dans une troupe locale.

Pas autorisé, les manifestants ont rejoint les syndicats vers 10h au Square Charles-de-Gaulle, à l’arrière du Capitole. (©Romain Piccolo / Actu Toulouse)
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Ils reprochent à Jean-Luc Moudenc d’organiser « l’austérité locale »

Pas autorisé, les manifestants de la Place du Capitole se sont retranchés à 10h vers le Square Charles-De-Gaulle où la manifestation était déclarée et autorisée par la préfecture. 

Ces manifestants reprochent à Jean-Luc Moudenc, Maire de Toulouse et président de la métropole, d’organiser « l’austérité locale ». 

« Une coupe budgétaire de 64% pour les centres culturels, soit 0,06% du budget de la Ville rose », annonce Culture en lutte 31. Pour Alex, en formation au métier du spectacle à l’université Jean Jaurès, l’angoisse monte : « J’ai peur de ne pas pouvoir vivre du métier qui m’anime, car la culture aura été sacrifiée », confie-t-il à Actu Toulouse

« A la fin de la fin, c’est toute une génération qui va être sacrifiée. Elle n’aura pas accès au bon chemin de la culture, celui qui vous instruit et vous fait réfléchir. Avant, c’étaient seulement les milieux défavorisés qui étaient touchés par cet appauvrissement, maintenant, c’est partout. On va perdre un socle primordial de notre société ».

Stéphanie
membre du syndicat sud solidaire
56 organisations se sont passé le micro pour exposer leurs problématiques dans des passages rapides.
56 organisations se sont passé le micro pour exposer leurs problématiques dans des passages rapides. (©Romain Piccolo / Actu Toulouse)

Un mouvement fédérateur

Une fois réunis au Square Charles-De-Gaulle, 56 organisations composées de syndicats, d’associations, de parties politiques et de personnes des secteurs concernés ont évoqué leurs revendications. 

Léo, membre de la CGT, rappelle que la mobilisation dure depuis quatre mois, avec « une baisse de budget qui dure depuis 10 ans pour le secteur de la culture ».

Il rajoute : « L’austérité se manifeste par la disparition de certains postes, notre avenir est attaqué et on se doit de réagir. On ne demande pas plus que le maintien de nos conditions, mais avec cette baisse, c’est tout simplement la mort d’une certaine culture ». Le gel de la part collective du Pass Culturel, fragilise aussi le secteur. 

Un mouvement de contestation qui pourrait au moins « durer jusqu’en juin » annonce les manifestants, avec le soutien du milieu de la musique. 

Pour Jean-Luc Moudenc, « il n’y a pas de pas de recul de l’ambition culturelle »

« Le monde de la culture doit participer à l’effort général », a indiqué le maire Jean-Luc Moudenc, lors du conseil municipal.

« Nonobstant les efforts que nous demandons au monde de la culture, la mairie de Toulouse demeure le premier financeur. On pourrait croire que tout s’effondre, à vous entendre, et nous nous dérobons. Pas du tout. La culture, c’est le deuxième poste budgétaire. 150 millions en moyenne par an sont dépensés pour la culture. Il n’y a pas de recul de l’ambition culturelle, il y a seulement une adaptation. Quand on considère les lieux culturels qui ont ouvert, les nouveaux lieux, depuis 2014, il n’y a pas beaucoup de grandes villes où il y en a eu autant », a-t-il argumenté.

Et à Jean-Luc Moudenc d’ajouter : « Vous pouvez considérer que le monde de la culture ne doit pas participer à l’effort financier. Vous citez tel ou tel choix de telle ou telle municipalité, nous considérons que le monde de la culture doit participer à l’effort général, et il ne doit pas en être exonéré, ce serait mal perçu ».



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