Un long échange avec les forces politiques puis avec des internautes : Emmanuel Macron a « sonné le tocsin » et annoncé des « efforts » jeudi 20 février 2025 face à la « menace que représente la Russie pour l’Europe et pour la France ».
Trois ans presque après le début de la guerre en Ukraine, « on entre dans une ère nouvelle », a souligné le président de la République, qui tente de rassembler contre un conflit qui fait « 1000 morts et blessés par jour, de part et d’autres [de la Russie et de l’Ukraine] ».
Ça va nous imposer des choix très forts pour nous mêmes, pour notre défense et notre sécurité.
« Au fond, nous voulons la paix »
Lors de cet échange sur ses différents réseaux sociaux, débuté à 18h30 ce jeudi, Emmanuel Macron a résumé la situation en Ukraine puis répondu aux questions des français, pendant un peu plus d’une heure.
Dans cette « conversation » qu’il a promis de rééditer, le chef de l’Etat, désireux de se placer au centre du jeu européen à l’heure où Russes et Américains ont commencé seuls des pourparlers de paix, a dévoilé ses angles d’attaque.
Au fond, nous voulons la paix. Mais on ne veut pas un cessez-le-feu qui signifie une capitulation de l’Ukraine.
Donald Trump a « intérêt à travailler avec les Européens »
Une prise de parole attendue, avant sa visite à Donald Trump à Washington lundi 24 février 2025 – date anniversaire de la troisième année du conflit en Ukraine.
« C’est son intérêt de travailler avec les Européens en ce moment », a lancé Emmanuel Macron à l’adresse de son homologue américain.
Je vais lui dire : « au fond, tu ne peux pas être faible face au président Poutine. Ce n’est pas toi, pas ta marque de fabrique, ce n’est pas ton intérêt ». Comment ensuite être crédible face à la Chine si tu es faible face à Poutine.
Aller plus loin dans les « choix budgétaires » de la France ?
Défendant au passage Volodymyr Zelensky, à qui il devait parler ce jeudi soir, Emmanuel Macron a voulu « sonner un peu le tocsin » face aux « efforts » qui se profilent, alors que la France va devoir « revisiter » ses « choix budgétaires ».
Sans se montrer plus spécifique, il a enjoint les Européens à « augmenter » leurs « efforts de guerre » face à « l’escalade des capacités de nos principaux adversaires ». La France, qui consacre environ 2% de son PIB à sa défense, doit-elle aller plus loin et tendre, à l’image de la Pologne, vers les 5% réclamés par Donald Trump ?
« Je ne sais pas si 5% c’est le bon chiffre pour la France, mais en tout cas, il va falloir monter », a répondu Emmanuel Macron, qui « n’exclut pas » de « lancer des produits d’épargne » pour soutenir le financement de programmes de défense.
Pas de soldats français en Ukraine (pour le moment)
Dans l’immédiat, le président français a aussi martelé qu’il n’avait pas l’intention d’envoyer des soldats en Ukraine. « Ce qu’on envisage plutôt, c’est d’envoyer des forces pour garantir la paix une fois qu’elle sera négociée », a-t-il précisé.
Ce point est l’une des pommes de discorde avec les chefs de parti, qu’Emmanuel Macron a reçus près de quatre heures durant à l’Elysée. Le communiste Fabien Roussel s’est ainsi inquiété qu’il faille « se préparer éventuellement à continuer de soutenir l’Ukraine et d’être auprès de l’Ukraine militairement si l’Ukraine voulait poursuivre la guerre ».
Et à l’extrême droite de l’échiquier, Eric Ciotti (UDR) a déploré que la France se soit engagée dans « une vision très belliqueuse » et qu’elle soit prise désormais « à revers » par Donald Trump.
Avec AFP.
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