Le Rassemblement national (RN) veut s’inviter davantage dans les mairies de Haute-Garonne, et entend bien présenter des listes à l’occasion des élections municipales 2026, à Toulouse bien évidemment, mais pas seulement.
À un an du scrutin, la formation de Marine Le Pen et Jordan Bardella mise sur cette « élection de proximité » pour cultiver son ancrage local, comme le défend le patron départemental du parti, l’eurodéputé Julien Leonardelli, qui a dévoilé ce vendredi 14 mars 2025 la stratégie du RN pour cette échéance.
« Un appel au rassemblement des électeurs patriotes ou de droite »
Le délégué départemental du RN a lancé ce vendredi une campagne sur Internet, dans laquelle il invite ses sympathisants à « s’engager partout dans le département ». Son parti a même mis en ligne un formulaire, « pour que les gens qui souhaitent être têtes de liste dans une commune, figurer sur une liste, ou aider localement à sa constitution », se manifestent.
Je lance un appel solennel au grand rassemblement en Haute-Garonne des électeurs patriotes et de droite, qui se retrouvent pour beaucoup orphelins de partis ou de dynamiques.
« Pour sauver nos communes, on a besoin de toutes les volontés », appuie Julien Leonardelli.
Une union des droites derrière le RN en Haute-Garonne ?
Localement, le RN entend faire cause commune avec ses « alliés de l’UDR », la formation d’Éric Ciotti, qui l’a rejoint lors Législatives anticipées de 2024. Mais Julien Leonardelli veut « élargir le rassemblement » à d’autres acteurs. Il évoque des « discussions avec Reconquête, avec Debout la France, avec l’association Lignes Droites (présidée par l’ex-cadre de LR devenu président départemental de l’UDR, Nicolas Bonleux, NDLR), mais aussi « avec des LR » et « des élus sortants divers droite. Nous parlons sans barrière, sans tabou », soutient-il, même si « naturellement, il va de soi que le RN est le leader de cette alliance ».
Nous parlons avec tout le monde, tous ceux qui souhaitent s’associer sont les bienvenus. L’objectif est de se rassembler pour apporter une alternative à cette politique socialiste qui gangrène nos communes et notre département. Et le RN sera le pavillon amiral de ce grand rassemblement.
D’après lui, le RN prépare à l’échelle nationale « une charte qui établira des points programmatiques essentiels à tenir sur les communes » où le parti et ses alliés brigueront le suffrage des électeurs.
Les villes prioritaires pour le RN
Le chef de file local du RN a aussi et surtout dévoilé ce vendredi une liste de communes dans lesquelles son parti entend « prioritairement mener des projets, bâtir des programmes et constituer des listes ».
Les villes en question ? « Toulouse, Colomiers, Tournefeuille, Blagnac, Muret, Plaisance-du-Touch, Cugnaux, Saint-Orens, Fonsorbes, L’Union, Saint-Gaudens, Saint-Jean, Villeneuve-Tolosane, Auterive, Aucamville, Revel, Saint-Lys, Villemur-sur-Tarn, Cazères, Launaguet, Saint-Jory, Aussonne et Fenouillet ».
Dans chacune de ces villes, le RN entend présenter « une proposition cohérente, efficace et ordonnée ». Et ce dans l’idée de monter partout des listes, « seul ou avec nos alliés ».
« Le but, ce n’est pas de se lancer dans une course à l’échalote, mais d’avoir un cap ». En se présentant dans un maximum de villes autour de Toulouse, le RN espère aussi avoir des élus à la Métropole : « Notre objectif est de mettre un pied dans cette grosse institution ».
Le RN estime pouvoir conquérir quatre communes
Dans certaines de ces communes, à commencer par Toulouse, l’ambition sera déjà de franchir le seuil fatidique des 10 % pour se hisser au second tour et « d’avoir des élus au Capitole ». Mais dans d’autres, l’objectif affiché est réellement de prendre les commandes de l’hôtel de ville.
Au regard des résultats électoraux sur les dix dernières années, on peut clairement envisager de conquérir des communes en Haute-Garonne.
L’eurodéputé estime ainsi que le RN a de sérieuses chances de succès dans quatre d’entre elles : « Auterive, Saint-Lys, Saint-Gaudens et Saint-Jory ».
Soutenir des listes dans les petites communes
L’intention du RN étant de viser « une trentaine de communes », il entend en outre présenter des listes dans d’autres villes à la démographie moindre, « comme Merville, Castelnau-d’Estrétefonds et Fronton ».
Dans cette dernière commune, où Julien Leonardelli s’était lui-même présenté en 2020 (13,19 %), l’eurodéputé, qui est aussi conseiller régional, est en train de passer la main dans l’opposition municipale… pour mieux se présenter à Toulouse ? « Je ne me refuse rien », évacue-t-il. « Mais que ce soit à Fronton ou à Toulouse, je compte peser dans ces Municipales ».
Pour ce qui est des « plus petites communes », considérant que « que « bien souvent, les Municipales ne sont pas des élections politiques », le RN entend « soutenir des listes » au coup par coup, en fonction « du contexte local, du maire en place ». Car si ce scrutin est « plébiscité par les citoyens », c’est aussi, estime-t-il, parce que les élus sont « à portée de gifle ».
« Plusieurs milliers d’adhérents » en Haute-Garonne
Alors que le RN annonce avoir franchi le cap des « 110 000 adhérents nationalement », combien sont-ils dans le département ? Si Julien Leonardelli n’avance pas de chiffre, il observe « une dynamique certaine avec plusieurs milliers d’adhérents en Haute-Garonne ». Il juge que la perception du parti a changé : « Par le passé, le RN était une force politique d’opposition, aujourd’hui, l’augmentation de nos scores et la prise de fonction dans certaines communes nous confèrent à être un parti de gouvernement ».
Dans les communes RN, « les habitants ont vu leur quotidien changer »
Pour Julien Leonardelli, les futurs candidats du RN auront vocation à « porter une voix différente de ces élus qui se succèdent depuis 40 ans à tous les niveaux de l’État ». Car il soutient que dans les villes RN, les administrés en redemandent…
À Moissac, à Beaucaire, à Perpignan, dans toutes ces communes, les habitants ont vu leur quotidien changer. À Perpignan, certains ont joué sur les peurs, mais le résultat, c’est que les Perpignanais sont satisfaits de l’action de Louis Aliot. La ville est dynamique, propre et sécuritaire.
Reste à savoir qui mènera les listes… et si elles iront toutes au bout. Pour toutes ces communes dans lesquelles le RN fait part de ses velléités, le parti n’a pour l’heure avancé aucun nom, pas même dans la Ville rose, où l’eurodéputé souffle simplement s’être « naturellement positionné ».
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