Home Sports « Mon objectif c’est d’être à fond tous les samedis »

« Mon objectif c’est d’être à fond tous les samedis »

54
0



Vincent Créhin est de retour à l’US Granville depuis le 4 décembre, après une première moitié de saison blanche à l’US Saint-Malo, marquée par des blessures aux mollets et au dos. En quatre matchs, il a marqué trois buts, dont deux dans le derby face à l’US Avranches le 18 janvier (match remporté 4-1 par Granville). Maintenant qu’il a résolu ses problèmes physiques, l’attaquant de 36 ans se lance dans l’opération sauvetage de l’équipe entraînée par Matthias Jouan.

Gazette de la Manche : Qu’avez-vous pensé de ce derby entre l’US Avranches et l’US Granville ?

Vincent Créhin : C’est toujours bien de jouer ce genre de match. Je sais qu’au match aller à Granville, il y avait beaucoup de monde, mais l’équipe avait perdu. Donc on avait à cœur de vouloir prendre notre revanche sur le terrain. Après, personnellement en tant que joueurs, on est vraiment là pour gagner ce match. Le derby, comme je le dis souvent, c’est pour les supporters.

Pour nous, chaque match est une finale. Donc, l’investissement qu’on a mis contre Bordeaux, il fallait mettre le même contre Avranches, et puis il faudra mettre la même chose contre les autres équipes. On a quand même eu des errances contre Avranches, et on prend encore un but sur coup de pied arrêté, comme contre Bordeaux la semaine précédente. Il faut vraiment qu’on arrive à gommer ça. Mais on a fait un bon match.

Des blessures à répétition

Durant ce derby, vous marquez un doublé, après une première partie de saison sans jouer à Saint-Malo. Comment vous sentez-vous aujourd’hui ?

V.C. : C’est surtout psychologiquement que ça fait du bien. Pendant quatre mois, ça a été très compliqué de ne pas pouvoir jouer, enchaîner les blessures. Les médecins commençaient à me dire que je devais réduire les séances d’entraînement. Mais c’est mon métier, il faut que je retourne sur le terrain ! Si je veux gagner ma place, si je veux être performant, je ne peux pas lever le pied. Donc, ce n’est pas facile d’entendre tout ça. Et puis aujourd’hui, de pouvoir rejouer, de remarquer, c’est trop bien !

Dans cette période de blessures, je ne me disais pas que je serai le 18 janvier sur le terrain à Fenouillère. Je me suis amusé. Maintenant, à 36 ans, c’est que du bonus tout ce qui peut m’arriver. J’ai eu deux blessures aux mollets et deux hernies discales en début de saison, alors que je sortais d’une année pleine à Granville.

Vidéos :

J’ai encore envie de jouer. J’ai la dalle. Le jour où je n’ai plus ça, c’est que c’est fini

Vincent Créhin, attaquant de l’US Granville

Les médecins ont fini par me dire que c’était à cause du terrain synthétique de Saint-Malo. La surface était trop dure. On s’est donc séparés d’un commun accord. Aujourd’hui je ne joue que sur l’herbe et je me sens très bien.

Quel est votre secret pour toujours revenir de blessure et garder ce niveau et cette longévité que vous avez ?

V.C : J’aime mon métier. Je le fais depuis tout petit. C’est comme une drogue. À chaque fois que je suis blessé, c’est comme si j’étais en manque de quelque chose. C’est le besoin de se dépenser, de jouer, de marquer des buts. Cette sensation d’être dans un vestiaire. Tout ça fait qu’on a envie de revenir. Mais ça, c’est parce que j’ai encore envie de jouer. J’ai la dalle. Le jour où je n’ai plus ça, c’est que c’est fini et que j’arrive au bout. Je le sentirai. Comme beaucoup, souvent en fin de carrière.

On n’a plus envie de s’entraîner. Ça nous fait chier de se lever pour aller jouer au foot. Quand on marque ou qu’on joue le samedi, on n’a plus ce petit stress. Si on a plus ça, je pense qu’il faut arrêter. Mais moi je suis un vrai gamin avant de jouer. J’ai hâte d’être au match le samedi.

Mission sauvetage à Granville

Quels sont les objectifs du club sur la deuxième partie de saison ? Et aussi vous, personnellement, que visez-vous ?

V.C. : Les objectifs du club sont simples : c’est d’en laisser trois derrière, de se maintenir. Ce sera super vu la situation dans laquelle on est aujourd’hui. C’est la première fois où je suis autant dans le rouge dans une saison. Mais je pense que c’est très raisonnable. C’est déjà un très beau challenge. Et puis pour moi, mon objectif, c’est de faire une saison pleine, d’être à 100 % tous les samedis.

Je n’ai jamais eu d’objectif de but. Évidemment, j’aime marquer des buts. Mais je ne me suis jamais dit qu’il fallait que j’atteigne un chiffre précis. Si j’en mets 5 et qu’on se maintient, moi, ça me va. Si j’en mets 15 et qu’on ne se maintient pas, je ne suis pas gagnant.

Un rôle de grand frère

Vous êtes le joueur le plus expérimenté de l’équipe. Quel est votre rôle auprès des plus jeunes ?

V.C. : Je prends un petit rôle comme grand frère. Ils savent que la porte est ouverte. Moi je ne suis pas dans le jugement, je suis là pour les aider s’ils ont besoin. Mais je ne suis pas là à leur donner des ordres, à leur dire comment faire, comment jouer… Je suis quand même quelqu’un d’assez discret dans un vestiaire. Je ne suis jamais en train de « faire l’ancien » qui a tout vu, qui sait tout parce que j’étais un peu dans le monde pro. Non, je ne suis pas du tout comme ça.

Quand il y en a qui jouent un peu moins ou qui ne sont pas dans le groupe, je vais vers eux, j’essaie de leur remonter le moral. Ils ont le droit d’être déçus, mais ça fait partie du sport. Comme je leur dis, « tu peux faire la gueule aux coachs, mais pas à tes coéquipiers ». Eux, ils n’y sont pour rien. Mais je suis dans un groupe plutôt sain. Ce sont des bons garçons. Granville doit être un tremplin pour qu’ils aillent voir le monde au-dessus. Et eux-mêmes me tirent vers le haut, ils me permettent de rester à la page.

Vous n’hésitez pas à jouer avec des tout petits clubs, pour retrouver la forme. Est-ce que c’est important, de passer par là, de faire vivre ces clubs ?

V.C. : Oui, c’est important de savoir d’où l’on vient, puisqu’on commence tous par ces clubs-là et que, malheureusement, tout le monde n’ira pas dans les clubs pros. Il y a des clubs où c’est très compliqué de subvenir, puisque c’est que du bénévolat. Pour eux c’est une passion. Moi, ça me permet aussi de faire découvrir le ballon à certains enfants qui débutent. Mon fils joue à Saint-Martin Saint-Jean-de-la-Haize. C’est de la Départementale.

Je continue de coacher les U12, U13 de ce club, la semaine. Je suis toujours content de faire du foot tous les matins, parce que j’entends les petits qui disent, « j’aimerais bien faire du foot comme toi ». Ça me rappelle l’époque où j’étais comme eux et qu’aujourd’hui je suis heureux de faire ce métier-là.




Source link

LEAVE A REPLY

Please enter your comment!
Please enter your name here