Fin de cavale pour Mohamed Amra et ses complices. Le narcotrafiquant le plus recherché de France depuis son évasion sanglante en mai 2024 a accepté sa remise par la Roumanie aux autorités françaises, dimanche 23 février 2025, dix personnes de son entourage étant parallèlement arrêtées dans divers lieux.
Interpellé la veille en Roumanie après neuf mois de traque, Mohamed Amra, 30 ans, était apparu menotté, cheveux oranges et en veste de sport noire. Mais que faisait-il dans ce pays européen ?
Des opérations pour fuir en Amérique du Sud
Le ministre de l’Intérieur roumain, Catalin Predoiu, a affirmé dimanche soir à la chaîne de télévision France 2 qu’il « voulait faire des opérations (de chirurgie) esthétiques » en Roumanie, et comptait « quitter le pays pour la Colombie ».
Mohamed Amra a été présenté à une juge à Bucarest. Il « ne reconnaît pas les faits commis mais souhaite respecter la décision des autorités françaises qui veulent le juger », a déclaré son avocate Maria Marcu à la sortie de l’audience.
Dans le cadre de mandats européens, la procédure pénale de chaque pays s’applique. Le suspect est présenté à un juge local et a la possibilité de faire un recours.
Dans ce cas, Mohamed Amra a accepté sa remise. S’ouvre donc un temps d’échange entre les États sur les conditions du transfert, pour qu’il soit réalisé en toute sécurité.
Les empreintes digitales comparées
Les policiers roumains, mis en alerte par les enquêteurs français du départ à l’étranger de Mohamed Amra, l’ont « repéré » et arrêté « vers 15 h près d’un centre commercial » samedi à Bucarest.
Ils l’ont ensuite remis à la police roumaine chargée de la criminalité organisée. « En dépit du changement de coloration de ses cheveux, l’identification de l’intéressé est confirmée par une reconnaissance faciale et la comparaison d’empreintes digitales », a confirmé la procureure.
Son arrestation, saluée par le gouvernement français, a été permise grâce à « la transversalité des services, et la convergence des spécialités des enquêteurs, comme des magistrats » qui « ont été les leviers de la conduite des opérations », a souligné Laure Beccuau.
Dix autres personnes arrêtées
Dans la foulée de son interpellation, dix personnes de son entourage ont été arrêtées « samedi puis dans la nuit », a indiqué la procureure de Paris, Laure Beccuau.
Elles « sont suspectées d’avoir participé à la préparation, à l’exécution de l’évasion mais également d’avoir favorisé la dissimulation du fugitif ». La magistrate n’a pas précisé le lieu des arrestations.
Selon une source policière, il y a notamment eu « des interpellations samedi et dimanche à Rouen et Évreux », dans le nord-ouest de la France. « Des armes ont été trouvées lors des perquisitions », a précisé cette source.
Évadé l’année dernière
Le 14 mai 2024, le détenu multirécidiviste surnommé « La Mouche » avait été extrait de sa cellule pour être amené à un juge d’instruction qui devait l’interroger.
Un commando en a profité pour attaquer, à la voiture-bélier et aux fusils d’assaut le fourgon pénitentiaire pour le libérer. Dans l’attaque, qui a eu lieu au péage d’Incarville (nord-ouest), deux agents pénitentiaires ont été tués et trois blessés.
La France a découvert alors l’existence de Mohamed Amra : adolescent voyou, condamné pour la première fois à 13 ans pour vols aggravés et qui a progressivement « dérivé vers la violence », pour rejoindre la grande criminalité organisée, d’après un rapport de l’Inspection générale de la justice rendu en juillet 2024.
Sa « dangerosité grandissante » n’a pas été évaluée à sa juste mesure alors qu’il est soupçonné d’avoir poursuivi « ses activités de trafic de produits stupéfiants en ayant recours à la plus grande violence » depuis la prison.
(avec AFP)
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