Potentiellement écarté de la feuille de match du XV de France contre l’Italie lors du prochain match du Tournoi des 6 Nations, à l’image de Damian Penaud, Matthieu Jalibert serait remplacé à l’ouverture par Thomas Ramos. Un choix qui respecterait une forme de logique sportive dans les yeux du staff, comme l’explique Vincent Clerc à Actu Rugby.
Jalibert devancé par Ramos dans la hiérarchie des n°10
Vous aviez aimé le débat Ntamack – Jalibert ? Vous allez adorer le débat Jalibert – Ramos ! En l’absence de Romain Ntamack suspendu, on pouvait penser que le virtuose de Bordeaux allait pouvoir enchainer quelques matchs avec le XV de France pendant le 6 Nations. Mais les fuites de ce début de semaine n’ont pas l’air d’aller dans ce sens.
Ainsi, alors que Thomas Ramos avait déjà porté avec succès le numéro 10 au mois de novembre, il pourrait bien le retrouver à Rome contre l’Italie (dimanche, 16h), renvoyant Matthieu Jalibert au mieux en tribunes, au pire en club.
Mais si l’éviction de Damian Penaud parait être une conséquence de sa performance à Twickenham, celle de son partenaire de club ressemble à un choix répondant à une logique plus permanente.
« Après ce qu’a montré Ramos en termes de performance et de sérénité au poste de 10, ça se défend. Il y a une concurrence entre Thomas et Matthieu sur le rôle de 2e n°10, aujourd’hui le choix est sur Thomas et je pense que s’il y avait eu un autre arrière disponible, ça aurait été déjà le choix en Angleterre », souffle Vincent Clerc à Actu Rugby.
Il ajoute : « Je ne suis pas surpris par ce choix parce que quand on a interviewé Fabien Galthié avant l’Angleterre, je lui avais posé la question de Thomas Ramos en 10. Sa réponse c’était « non parce que je n’ai pas d’autre arrière ». Ça voulait bien dire que son deuxième choix, à l’heure actuelle, c’est Thomas Ramos. Dès qu’il peut le faire glisser, il le fait glisser. »
Aujourd’hui dans l’ordre des priorités, c’est Thomas Ramos en 10 derrière Romain Ntamack. C’est la logique de performance et de hiérarchie qu’ils ont en tête, même si c’est décevant pour Matthieu. D’ailleurs je pense qu’il n’a pas à regretter son match et je ne crois pas qu’il pâtisse vraiment du match contre l’Angleterre.
Matthieu Jalibert doit accepter
En soi, la décision du staff du XV de France s’entend. Thomas Ramos a répondu présent quand il était aligné en tant que demi d’ouverture avec les Bleus. Mais la question se pose au sujet de Matthieu Jalibert : que peut-il bien faire de plus ?
Dans une forme ébouriffante avec son club, il n’a certes pas connu autant de réussite sur la scène internationale. Où il faut bien admettre qu’il n’a pas eu que des matchs cadeaux à se mettre sous la dent non plus… Autre question, ce nouveau camouflet donnera-t-il lieu à de nouvelles difficultés psychologiques pour le Bordelais ?
« Je ne pense pas qu’on se prépare à un problème. C’est malheureusement le sport de très haut niveau, il a eu sa chance en Angleterre et il est tombé collectivement sur un match où c’était difficile de se mettre en avant. Mais il va falloir qu’il bataille. C’est dur pour l’ego mais c’est à lui de batailler pour aller chercher une place », estime Vincent Clerc.
« Il n’est pas écarté totalement du groupe France, ils se sont dit ce qu’ils avaient à se dire. Il y a des questions d’ego, parfois c’est dur de ronger son frein, mais je crois qu’il n’y a pas de problème. De toute manière, il en faut des 10, il faut de la concurrence, il faut de l’émulation, il faut qu’il aille se gagner la confiance du staff et la chance de rejouer avec l’équipe de France », exhorte-t-il.
« Si les Bleus avaient mis 30 points aux Anglais, peut-être que Matthieu serait resté, c’est vrai qu’il n’est pas tombé sur le meilleur match pour lui. Après, il est dans le circuit, comme Maxime Lucu l’a été, avec un très bon état d’esprit. Je crois que l’équipe de France, ça doit faire rêver et ça doit mériter des fois de prendre sur soi, de faire preuve de patience et de s’accrocher pour un jour que ça bascule », explique Clerc.
Qui a en outre connu ce genre de déception, lui qui avait vu la Coupe du monde 2003 lui passer sous le nez : « Ce sont des choix de sélectionneurs et parfois, quand on est joueur, on ne les comprend pas forcément, on trouve que c’est injuste. On les comprend parfois quand on est plus vieux, parfois on ne les comprend jamais. Et je parle d’expérience personnelle ! »
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