Effet waouh garanti, dès le franchissement de la porte d’entrée. C’est d’autant plus un tour de force de la part des gérants de Big Luck que les attentes sont grandes à la vue du cadre exceptionnel que constituent les Grands moulins de Paris à Marquette-lez-Lille (Nord). C’est sous ces silos monumentaux du bord de Deûle, qui jusqu’en 1990 encore stockaient du blé, que trois associés ont installé leur tout nouveau restaurant, grand frère de la Luck à Lille. Ou plus exactement leur bar-resto ludique, qui s’inscrit dans la pure tradition de la brasserie française. La décoration y est à couper le souffle, avec de chaleureuses nuances de rose, de rouge, et l’omniprésence du bois, quand la carte oscille entre « menu de la grand-mère » et « apéros mangette » à partager, pour reprendre les mots du patron Laurentin Dathis. Sans oublier l’incommensurable offre jeux de société, à travers laquelle des « sommeliers » tout particuliers guident la clientèle. Visite.
Big Luck, le tout nouveau bar-resto installé sous d’anciens silos à grains à Marquette
Big Luck, c’est le projet fou qui a émergé dans les têtes des frères Dathis, Laurentin et Timothée, et de Nicolas Taccoen. Tous les trois ont eu un « coup de cœur » pour le site des Grands moulins de Paris, en 2021. Ils troquent alors leurs ambitions de développement à Nantes, Rennes et Strasbourg contre ce lieu unique, dans tous les sens du terme.
« Il a un passé industriel, avec ces silos qui contenaient le grain brut dès 1922. Après la guerre, les meuniers dont les moulins avaient été détruits l’ont investi », retrace Laurentin Dathis. De la cessation d’activité dans les années 90 jusqu’en 2015, l’endroit est à l’abandon, et régulièrement visité par des fans d’urbex.
« Il a même été question pendant un temps de raser le site », poursuit le gérant. L’intervention d’un promoteur il y a 10 ans lui réserve un sort bien plus heureux : pour un euro symbolique, il l’acquiert et le transforme de fond en comble. Des logements y sont créés, ainsi qu’une cellule commerciale. Classé au monuments historiques, l’ensemble architectural ne peut pas être altéré. Tout était donc à faire, pour les trois amis, avec la contrainte – si vraiment c’en fut une – de conserver la structure en l’état.
Une « vraie bonne brasserie française dans une usine » : un challenge réussi
Il a fallu d’abord s’attaquer à l’isolation phonique. « À notre arrivée, quand on tapait dans les mains, la résonance durait 8 secondes. » Il est alors décidé que les poteaux en ciment seraient partiellement recouverts de liège, que des blocs de chanvre seraient placés dans les murs et que c’est la moquette qui dominerait.
Pour l’élaboration de la décoration, « on savait qu’on voulait s’émanciper de ce qui avait été fait à la Luck », à savoir un univers joueur et ludique.

Ici, on a réfléchi à reprendre les codes à la berlinoise [avec un cadre délibérément austère, ndlr]. Mais les gens chez nous restent 2, 3, 4 heures… Alors on s’est plutôt tournés vers la brasserie parisienne. Ce fut un challenge de réussir à faire une vraie bonne brasserie française dans une usine.
Le résultat est si réussi que les trois trentenaires envisagent d’accueillir à Big Luck de grandes réceptions privées, mariages compris. Avec supplément grandes tablées réparties en diagonales, et table des mariés… rotative.


Côté carte, tout est fait maison. Le pain avant tout le reste, pour perpétuer l’histoire du lieu. Le midi, c’est trois entrées, trois plats et trois desserts au choix, et pas de jeux. Le soir, la carte est étendue à une dizaine de propositions – magret de canard, cordon bleu… – et le divertissement prend toute sa place, avec des « game masters ».
Le concept, venu du Canada où Laurentin Dathis a vécu, se monnaie 5 €. « Ces sommeliers des jeux sondent les envies des clients et leur expliquent les règles. « Voir des adultes qui font des mimes, retombent en enfance, nous, ça nous fait marrer ! » Pour compléter l’expérience, rien de tel que de savourer une bière brassée sur place : IPA, triple, pils, « bière rouge très peu sucrée », stout… Il n’y a que l’embarras du choix. La station de brassage est d’ailleurs à la vue de tous, à l’entrée. « 500 litres de bières y sont produits à la fois, deux à trois par semaine. »

Bientôt, une imposante terrasse végétalisée verra le jour, ajoutant une centaine de places aux 250 à l’intérieur. Avec un peu de « chance », juste à temps pour les beaux jours.
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