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Lyon. Un jeune meurt après une soirée mousse qui déborde, la justice tranche enfin

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Le tribunal correctionnel de Lyon s’est penché ce mardi 25 mars 2025 sur le cas de l’ancien dirigeant de la discothèque « Le Bloc », à Lyon (Rhône), qui était poursuivi pour « homicide involontaire » après la mort d’un jeune en 2016 lors d’une « soirée mousse ». 

Un jeune homme de 26 ans inconscient dans la piscine

Dans la nuit du 13 au 14 août 2016, une piscine éphémère avait en effet été installée dans l’établissement de la rue des Rancy mais l’évènement avait rapidement tourné au drame : Romain XXX, venu avec des amis, avait été sorti inconscient de la piscine par des clients. En « arrêt cardio-respiratoire », le jeune homme de 26 ans avait été pris en charge par les secours avant de décéder deux jours plus tard à l’hôpital.

Au cours de l’enquête, plusieurs « manquements » avaient été relevés : cette « piscine hors sol » n’avait pas reçu « l’autorisation préfectorale » nécessaire, les projecteurs de mousse étaient « en hauteur » et non pas au sol, mais surtout « aucun maître-nageur » n’était présent. Plusieurs employés avaient également déclaré avoir été payés « au noir », sans être déclarés.

La noyade exclue par l’autopsie

Sanctionnée par la préfecture du Rhône, la discothèque avait dû fermer pendant six mois, avant d’être finalement placée en liquidation judiciaire et définitivement fermée.

Poursuivi pour « homicide involontaire », son dirigeant Olivier Jacquet – qui n’était pas présent au moment des faits – avait donc été jugé le jeudi 27 février 2025 par le tribunal correctionnel de Lyon pour répondre de ces « manquements ».

L’enjeu du procès était de déterminer les causes du décès du jeune noctambule : Romain XXX n’était pas mort « noyé », avait révélé l’autopsie, puisqu’il n’avait pas d’eau dans les poumons.

Il souffrait en fait, sans le savoir, d’une « myocardiopathie dilatée » et d’une « pneumonie » dont la « décompensation » a conduit au drame. Mais les médecins n’avaient pas pu exclure formellement « le lien entre le déclenchement de la maladie cardiaque et le contexte » de la soirée.

Des manquements de la discothèque ?

Toute la question était donc de déterminer si les « manquements » de l’établissement de nuit ont pu « contribuer » au décès de la victime. Romain XXX a-t-il pu suffoquer à cause de la mousse, trop haute ? « Tous les témoins présents dans la piscine avaient dit qu’ils avaient de la mousse au-dessus de la tête », rappelle l’avocat des proches de la victime.

La loi prévoit pourtant que la hauteur de la mousse dans ce genre de soirées ne doit pas dépasser « la taille ». En tout état de cause, ce jeune homme décrit comme « plein de vie » par sa mère n’aurait pas dû accéder à la piscine : il était déjà très alcoolisé et « un surveillant aurait dû le voir et l’empêcher » d’y aller.

Olivier Jacquet avait répliqué à l’audience en disant qu’il ignorait qu’il fallait « renouveler » l’autorisation qu’il avait obtenue en 2014 pour ce type de piscines « hors sol » et qu’il n’avait trouvé « personne » pour encadrer la soirée alors que « d’habitude » il y a « toujours » un maître-nageur. Et si le projecteur de mousse était situé en hauteur, c’est parce que « c’était plus dangereux de le mettre au sol à cause de l’eau de la piscine ». 

De toute façon, celui qui a « vingt ans d’expérience » dans le monde de la nuit a « toujours fait comme ça ».

Le gérant balaie les accusations

Quant aux accusations de travail dissimulé, il les avait balayées d’un revers de manche. « Il y en a un qui m’en voulait, parce que je l’avais viré », avait dit Olivier Jacquet à propos d’un employé. Et les autres salariés ont dû confondre « paiement en espèces » et « travail au noir » car « dès qu’ils mettaient un pied chez moi, on leur faisait signer un contrat ».

« Pour moi, j’avais plus ou moins fait ce qu’il faut », a donc résumé celui qui est à présent DJ à son compte : les « consignes avaient été rappelées au personnel », mais aussi aux clients par le « physionomiste » et par des « écriteaux ».

La justice le relaxe

S’il reconnait « s’en vouloir » de ne pas avoir eu de maître-nageur ce soir-là, il a « l’intime conviction que ça n’aurait pas changé la donne ».

« La certitude du lien de causalité est inexistante », avait appuyé l’un de ses deux avocats. « Il aurait pu être perfectible sur certaines règles, mais la maladie aurait pu se déclencher à n’importe quel moment », était convaincu le second.

Le tribunal correctionnel de Lyon leur a donné raison en le relaxant. Le parquet a dix jours pour faire appel.

MJ et GF (PressPepper)



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