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lors de son procès, Gérard Depardieu se dit « fini » et nie toute agression

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« Attendez ! Eh oh ! Je suis pas une machine », crie Gérard Depardieu à l’avocate d’une partie civile qui le presse de questions. Depuis le début de matinée ce mardi 25 mars 2025, l’acteur est interrogé dans une ambiance tendue par le tribunal de Paris sur les premiers faits pour lesquels il est jugé depuis hier. Deux femmes l’accusent d’agressions sexuelles commises sur le tournage du film Les Volets Verts en 2021. Face à sa première victime, le « monstre sacré » nie en bloc, mais change aussi de version.

Pendant ces longues heures d’interrogatoire, la tension est montée d’un cran dans la salle. Les toges s’invectivent et le président tente de calmer le jeu lors de ces joutes fiévreuses. C’est notamment Me Claude Vincent qui s’énerve d’être appelée « mademoiselle » par le prévenu. C’est aussi Me Jérémie Assous, avocat de l’acteur, qui insulte ses consœurs « d’imbéciles » et qualifie les rires des femmes du public « d’hystériques ». La foule s’énerve, s’indigne et parfois s’esclaffe. Les policiers tentent de ramener l’ordre. Le président menace d’ordonner le huis clos. La justice devient spectacle.

Un premier monologue

Il est 10h30. La silhouette massive se déplace enfin à la barre, après une première journée d’audience éprouvante. Gérard Depardieu doit être interrogé sur des faits dénoncés par Amélie. La plaignante, costumière, affirme avoir été agressée par le comédien sur le plateau du film de Jean Becker, situé dans un appartement du 16ᵉ arrondissement de Paris. « Tu vois mon gros parasol. Je vais te le mettre dans ta ch… », aurait proféré l’acteur, tout en touchant les fesses et la poitrine de la jeune femme.

Gérard Depardieu veut pourtant commencer par le début. Il se lance dans un long récit sur sa vie. Il évoque une interview du Time en 1974 où les journalistes ont cru qu’il avait participé enfant à des viols. « J’ai eu tort de penser que je pouvais parler anglais. Ça a été un choc. Ma réputation de voyou a commencé là ».

Puis l’acteur se met à évoquer ses nombreux films, l’opéra et aussi la Russie. Pendant de longues minutes, il évoque la Genèse du film Les Volets Verts. Il cite Maurice Pialat, Michel Serrault et Bertrand Blier. Si le cube sur lequel est assis le prévenu était un canapé rouge et si le président avait des airs de Michel Drucker, on se croirait un dimanche soir à la télévision.

Un « savon » et un « fauve »

Dans cette croisière sur un océan de souvenirs qu’est le récit de Gérard Depardieu, le président essaie tant bien que mal de le faire arriver à bon port, c’est-à-dire le 10 septembre 2021, date de l’agression présumée d’Amélie. L’acteur le reconnaît, ce soir-là, il était de mauvaise humeur. « J’étais sur mon cube. Il faisait chaud et je ne pouvais pas descendre. Je suis un infirme vous comprenez ? », relate le prévenu. Il ne cache par ailleurs pas sa vulgarité : « Oui dès fois je dis bite, cul ou chatte, mais c’est pour détendre. Comme un enfant parle de pipi caca ». L’acteur ne peut s’empêcher de crier ces mots de sa voix gouailleuse. Des rires fusent dans la salle.

Toujours selon lui, le décor de la scène à tourner n’aurait pas été bien mis en place. Or, la personne chargée de cette tâche était Amélie. Gérard Depardieu lui aurait alors « passé un savon » : « J’étais virulent, mais j’ai pas crié », précise-t-il. Il réfute avoir piégé la victime entre ses cuisses : « Jamais je pourrais faire ça avec le ventre que j’ai ! On pourra faire des scènes si vous voulez ». Le président veut plus de précisions, mais le comédien s’énerve : « Je vais pas m’amuser à 76 ans, à 150 kilos, à lui mettre la main aux fesses. Je ne suis pas Émile Louis ! ».

Une version qui change

Un point étonnant est toutefois relaté par le prévenu. Il indique au président avoir attrapé la victime par les hanches lors de l’altercation. « Je me suis tenu à elle, comme je me tiens à cette barre, afin de ne pas tomber », justifie le comédien atteint de plusieurs pathologies.

« Pourtant, en garde à vue, vous aviez indiqué ne pas l’avoir touchée du tout », relève le président.

« Oui, mais en garde à vue, je n’avais pas le dossier. Le mot d’ordre de mon avocat de l’époque, Me Christian Saint-Palais, c’était d’en dire le moins possible », rétorque l’acteur.

« On dirait que vous vous adaptez au témoignage de la doublure lumière qui a indiqué vous avoir vu toucher les hanches de la victime », lui lance l’avocate de la plaignante, Me Carine Durrieu-Diebolt.

« Je ne cherche pas à mentir. Je n’ai pas envie de mentir », s’agace Gérard Depardieu

La victime décrit un « fauve »

La plaignante est aussi interrogée par le tribunal. Elle livre un témoignage aux antipodes de celui de son contradicteur. Elle évoque d’abord un Gérard Depardieu odieux et grossier : « Il a une présence particulière. Il gesticule. Il grogne. Il interpelle. Un peu avant les faits, il demande un ventilateur et dit qu’il ne peut même plus bander ».

Quasiment quatre ans après, elle a encore des « flashs » de l’agression : « J’allais partir. Il m’appelle comme s’il avait quelque chose d’important à me dire. Et clac. Il me serre avec ses deux cuisses. Il a un visage rouge et un regard de fou ». La plaignante se dit marquée par la « sauvagerie » du prévenu : « C’était un fauve ». Dans un état de sidération au moment des faits. « J’étais dans une forme de déni ». Les révélations dans la presse d’autres victimes présumées de l’icône du 7ᵉ art poussent Amélie à porter plainte : « J’ai eu l’impression que me taire, c’était être complice ».

« Je suis un homme fini »

Après l’agression, la plaignante relate avoir été longtemps sans travail, car étiquetée par ses dénonciations. Gérard Depardieu n’a pas vraiment de compassion, et fulmine sur sa propre situation : “C’est horrible ce qu’on me fait en me traitant de gros porc. En me refusant n’importe quel contrat. Ça fait trois ans qu’on ne m’emploie pas. À chaque fois que je chantais (lors de ses concerts où il chantait Barbara ndlr), j’avais une vingtaine de folles avec des masques qui agressaient mes spectateurs. Je défends la féminité, mais je n’ai pas l’habitude de ces femmes hystériques”. À ses détractrices, l’acteur lance cette citation de Madame de Staël : « La gloire est le deuil éclatant du bonheur ».

Néanmoins, le prévenu le reconnaît à la barre, son temps est passé. « Les époques changent et c’est tant mieux. Je n’arrive pas à m’adapter dans cette société nouvelle. Je vieillis et j’essaie d’être de plus en plus tranquille. Je pense que mon temps est fini ». L’audience est prévue pour durer encore ce mercredi.



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