La start-up OSO-AI, implantée au port de commerce à Brest et dirigée par Philippe Roguedas, l’un de ses cofondateurs, a innové en créant L’Oreille augmentée des soignants.
Un système d’alerte qui analyse les sons dans une chambre, d’un établissement d’hébergement pour personnes âgées (Ehpad) par exemple, pour avertir les soignants. Et ce grâce à l’intelligence artificielle.
Qualifier les sons
Béatrice Sorrieul, cadre supérieure de santé au CHU de Brest, a participé au développement de la solution avec d’autres personnels et les équipes d’OSO-AI, en 2020. « Ils avaient l’idée d’un dispositif pour alerter les soignants d’une chute d’un résident la nuit. Ils avaient besoin de données (captures de sons) pour muscler l’intelligence artificielle et vérifier si leur solution était bonne. Eux ont apporté la technique, nous l’expertise clinique du prendre soin. »
L’IA a appris à qualifier les sons normaux, comme la chute d’un crayon, la télévision en marche, et les sons alarmants, comme une chute.
La solution a été déployée, dans un premier temps, sur 30 lits de l’unité des soins de longue durée au centre Fortin à Bohars et à dans l’unité de vie protégée à Ker Anna à Guilers.
Un confort de travail
Chaque chambre est équipée d’un petit boîtier blanc, discret, branché sur une prise de courant et connecté au Wifi. « Tous les sons d’une chambre arrivent dans les serveurs, sont traités par l’IA qui détermine s’ils sont alarmants. S’ils ne le sont pas, rien ne se passe. S’ils le sont, l’alerte est donnée par message sur le smartphone des soignants. » Qui reçoivent le numéro de la chambre et une indication, à savoir s’il s’agit d’un appel de confort («j’ai soif », « j’ai faim »), d’un vomissement, d’un bip machine, de cris, de tambourinage, d’une détresse respiratoire, d’un choc inquiétant (souvent une chute) et se rendent alors dans la chambre.
« Cela évite les anciennes rondes, où l’on dérangeait les résidents pour rien en entrant dans leur alors qu’ils dormaient, par exemple. » Et la cadre supérieure l’affirme : « C’est un confort de travail pour les soignants, une charge mentale moindre parce qu’ils savent quand et où il faut intervenir. Ils disent que ce dispositif a changé leur vie professionnelle. »
Une collaboration précieuse
Depuis plus d’un an, L’Oreille augmentée des soignants a été généralisée, jour et nuit, au centre Fortin et à Ker Anna. Résultats : en janvier 2025, pour un étage (60 résidents), 712 alertes ont été comptabilisées, dont 237 appels de conforts. « Toutes les chambres des unités citées sont équipées, cela représente 198 résidents. La solution est évolutive, toujours en quête d’améliorations, nous pouvons demander à ajouter des fonctionnalités, OSO-AI cherche à les mettre en place. Nous travaillons ensemble, c’est une collaboration précieuse. »
Et Béatrice Sorrieul de conclure : « Nous avons apporté une crédibilité scientifique à la solution d’OSO-AI. Le secteur des personnes âgées n’est pas forcément un secteur pour lequel on pense à l’innovation, or il est pertinent parce que le personnel est engagé, motivé et passionné. Nous exerçons dans des lieux de vie et d’innovation. »
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