C’est un rebondissement auquel beaucoup ne s’attendaient pas. L’influenceur algérien Doualemn, au cœur d’une polémique et de tensions diplomatiques quant à son expulsion du territoire français, faisait l’objet d’une Obligation de quitter le territoire français (OQTF). Ce jeudi 6 février 2025, le tribunal administratif de Melun (Seine-et-Marne) a annulé cette demande.
Une première expulsion ratée
Depuis plusieurs semaines, l’influenceur algérien Doualemn est au cœur d’une polémique après une vidéo dans laquelle il appelait à la violence. Résidant à Montpellier (Hérault), il était recherché pour « apologie de crimes, de tortures et de barbarie » et interpellé le 5 janvier dernier. Dans cette vidéo, il s’exprimait au sujet d’un opposant au régime algérien de manière virulente.
« Les premières traductions réalisées par les autorités françaises faisaient état d’un appel au meurtre. Mais au fil du temps, plusieurs interprétations sont apparues, rendant l’accusation moins tranchée. La justice a finalement retenu une version plus nuancée, évoquant une incitation à attraper un homme et à lui infliger une correction sévère », indiquaient nos confrères du Métropolitain.
Sa demande d’expulsion avait par la suite été appliquée le 9 janvier 2025 au matin, le renvoyant en Algérie. Cependant, il avait été à nouveau renvoyé en France, car interdit de territoire dans son pays d’origine. Il était alors placé au Centre de rétention administrative du Mesnil-Amelot (Seine-et-Marne).
Jean-Baptiste Mousset, son avocat, déplorait auprès de l’AFP que le gouvernement français ait « précipité son expulsion » pour éviter qu’elle « puisse être examinée par un juge ».
Comme l’indiquent nos confrères de La Marne, l’influenceur a pu bénéficier d’un premier revirement judiciaire. « Le 29 janvier, le tribunal administratif de Paris a suspendu en référé son expulsion vers l’Algérie. Les juges ont estimé que la procédure d’urgence utilisée par le ministre de l’Intérieur, Bruno Retailleau, n’était pas justifiée. »
Néanmoins, la justice avait refusé de lever son placement en rétention, « estimant qu’il représentait une menace pour l’ordre public« .
Refus de l’OQTF et autorisation de séjour
La question qui était posée faisait suite à une réaction du préfet de l’Hérault. Après la suspension de l’expulsion par le tribunal administratif de Paris, le préfet « a pris des arrêtés obligeant [Doualemn, ndlr] à quitter le territoire français sans délai et lui interdisant de revenir en France pendant trois ans », est-il indiqué dans le communiqué.
Comme l’indique le tribunal administratif de Melun dans un communiqué que nous avons pu consulter, l’influenceur algérien Doualemn avait « contesté en urgence […] l’obligation de quitter le territoire français sans délai et l’interdiction de retour sur le territoire français pour une durée de trois ans dont il a fait l’objet ».
« Le juge a tenu audience ce jour, jeudi 6 février 2025, et a décidé d’annuler les décisions prises par le préfet de l’Hérault. Conformément à l’article L. 614-16 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile », précise le tribunal administratif de Melun.
Le juge a annulé ces décisions et enjoint le réexamen de l’affaire.
Ils ont alors demandé « à l’autorité préfectorale de réexaminer la situation de l’intéressé dans un délai de trois mois et de lui délivrer une autorisation provisoire de séjour durant le temps de ce réexamen ».
Il faudra désormais attendre le jugement qui énoncera les motifs détaillés de la décision du juge pour connaître le sort définitif de Doualemn. Selon Europe 1, le ministère de l’Intérieur voudrait faire appel de cette décision.
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